VIE DES PARTIS POLITIQUES/UPG
Pierre Mamboundou remet en
cause le budget prévisionnel de l'exercice 2008
Alors que cette loi de
finances est en cours d'examen au niveau de
l',4ssemblée nationale, le président de l'Union
du peuple gabonais et son groupe parlementaire,
s'interrogent sur les prévisions de recettes et
les objectifs des dépenses proposées par le
gouvernement.
AU
cours d'une conférence de presse tenue samedi
dernier à Awendjé, le président de l'UPG, Pierre
Mamboundou a fait une analyse critique du budget
prévisionnel de l'exercice 2008 hors du cadre
conventionnel. En présence de certains de ses
collaborateurs et d'un nombreux public, le
conférencier a voulu interpeller le gouvernement
sur les prévisions de recettes et sur les
objectifs des dépenses.
Estimant de fait, que ce
débat, qui se déroule actuellement a l'Assemblée
nationale, tient malheureusement à l'écart le
citoyen, qui a le droit de savoir si ses
préoccupations impérieuses sont prises en compte
par l'instrument séculier de l'exécution du
programme du gouvernement. Ainsi, c'est à partir
des interrogations et des orientations
correctives jugées indispensables à appliquer à
la loi de finances, que l'UPG a présenté cette
analyse critique.
En effet, avec un budget en
équilibre, en recettes et en dépenses évalué à
mille sept cent trente milliards cinquante-cinq
millions neuf cent mille (1 730 055 900 000)
francs CFA, proposé par le Ministre des Finances
pour le compte de l'exercice -2008, le
conférencier a remis en cause le taux de
croissance global de 4,2% que devrait connaître
certaines matières premières. Notamment, dans
leur note de présentation, les responsables des
finances dans notre pays estiment que la
production pétrolière serait évaluée à 12,8b5
millions de tonnes de pétrole, dont le prix du
baril gabonais passera à 71 dollars américains.
REPLI • Aussi, du fait de
la forte demande de la sidérurgie mondiale, les
exportations de manganèse gabonais
s'établiraient-elles a 3,5 millions de tonnes,
avec un prix moyen de la tonne de manganèse
évalué à 131,5 dollars américains. Au niveau du
bois, même si les coûts des essences sont
envisagés à la hausse, les exportations de
grumes seraient en léger repli du fait de
l'Okoumé. Pour M. Pierre Mamboundou, ce niveau
de croissance estimé ne permettra pas à notre
pays d impulser une action au bénéfice du
développement. Estimant qu'une croissance
inférieure à deux fois la progression
démographique annuelle du pays ne crée aucune
richesse supplémentaire, vides emplois et n'a
aucune incidence sur la résorption du chômage,
encore moins sur l'amélioration des conditions
existentielles de certaines populations.
S'agissant de l'examen des
ressources propres de l'Etat, le conférencier a
fait observer qu'il n'existe aucune trace de la
politique fiscale du gouvernement et, que les
recettes sont affichées sans qu'on en sache
réellement la provenance viles bases de calculs
qui ont mené à de tels chiffres. A en juger avec
l'annonce de l'augmentation du budget de l'ordre
de 173,2 milliards de francs CFA. Les recettes
fiscales demeurent douteuses auprès de l'UPG.
Dans la mesure où le projet de loi de finances
2008 ne présente aucune esquisse de la politique
fiscale du gouvernement. Mais aussi, que depuis
des années, l'impôt sur les sociétés minières
n'a pas été perçu. Et que le système de
l'imposition sur le revenu des personnes
physiques intègre la notion de revenu.
Au niveau des recettes non
fiscales, l'attention du conférencier s'est
portée sur les revenus pétroliers qui émargent à
hauteur de 60% dans les recettes budgétaires. Il
a souhaité que ses collègues parlementaires
arrêtent d'auditionner les ministres. Car, il ne
comprend pas qu'à partir des hypothèses du
gouvernement, il puisse y avoir une différence
de 520 milliards, alors que nous sommes fondés
sur une production de 95 123 929 barils sur un
baril à 71 dollars et 1 dollar à 392 francs CFA.
En ce fui concerne la taxe sur les biens et
services, l'orateur constate que la TVA, qui est
un impôt sur la dépense, dépasse péniblement les
130 milliards au moment où une augmentation sur
les ménages est annoncée.
Par ailleurs, le responsable
de l'UPG s'est dit indigné sur le refus des
responsables des partis politiques de la
majorité présidentielle, de l'application de la
biométrie lors des prochaines consultations
électorales locales. Dans cette optique, il a
promis de déposer à l'Assemblée nationale une
proposition de loi visant à différer sur
l'organisation des élections, suivi d'une
demande de vote par la procédure d'urgence.