ÉGLISES DU RÉVEIL, CAS DE
DÉRIVE
Le
pasteur voulait d'une deuxième épouse...
DEPUIS l'avènement des
églises du réveil dans notre pays, le moins
qu'on puisse dire c'est qu'on note de nombreuses
dérives. Des fidèles en proie à la misère, à la
maladie, donc vulnérables et naïfs se confient
souvent à des pasteurs qui, il faut le
reconnaître, les accueillent très bien et se
montrent préoccupés. Chaque fidèle est reçu
individuellement et mis en confiance. La
promesse de réaliser des miracles, de trouver
des solutions à chaque problème posé, fait que
de plus en plus de compatriotes se tournent vers
ces églises dites du réveil pour trouver des
solutions immédiates à leurs problèmes. Pour ces
pasteurs d'un genre nouveau, le paradis est
plutôt sur terre et non après la mort. Ici, le
bonheur n'est donc pas dans les cieux et il
serait ridicule de vivre d'espérance. D'ailleurs
eux-mêmes, par le train de vie princier qu'ils
mènent, avec de grosses voitures, cigares au bec
et montre Rolex au poignet, en donnent
l'illustration !
Malheureusement four de
nombreux fidèles l'espoir fait souvent place au
désenchantement. Et nombreux sont ceux Gui se
trouvent pris dans un piège où il leur est
parfois très difficile de sortir. C'est ce qui
est arrivé à B. E. E. une jeune compatriote au
chômage et surtout malade. Devant une vie
insupportable, un horizon qu'elle trouvait
bouché, elle fut entraînée par une de ses sueurs
dans une église sise à derrière l'École normale.
Elle fut naturellement bien accueillie et son
intégration dans le groupe fut immédiate.
Subjugué par la beauté et l'élégance de la jeune
dame, le pasteur, qui était pourtant déjà marié,
va jurer de la conquérir pour en faire son
épouse.
C'est ainsi qu'avec la
complicité «d'une ancienne de l'Église»,
une enquête de moralité est vite effectuée, avec
avis favorable. La jeune femme qui ne se doute
de rien est progressivement prise dans une nasse
et coupée du reste de sa famille. « Désormais ta
seule famille est ici à l'église. Tu ne dois
plus fréquenter tes parents» lui dit son
pasteur. La jeune dame obéit. Très vite elle
passe de simple fidèle à bonne soeur. De
nombreuses responsabilités lui sont alors
confiées. Jusque-là rien d'anormal. Mais un
jour, toujours en complicité avec les caciques
de l'église, un plan est monté. C'est ainsi
qu'au cours d'un culte, une bonne soeur, va, au
milieux d'un tohu bohu, simuler une transe.
Feignant d'être habitée par le saint esprit,
elle lâcha la bombinette: « Le Seigneur me
dit que la femme du pasteur c'est...B.E.E. »!
Vacarme et cris de joie dans la salle.
Malheureusement pour les
comploteurs, B.E.E. déclina l'offre en
s'adressant à Dieu en pleine église pour lui
dire qu'elle n'était pas venue chercher un mari,
mais la guérison et le travail, et qu'il n'était
pas question d'épouser ce pasteur. Stupeur dans
la salle.
A partir de ce moment, c'est
une sombre cabale contre la jeune dame qui sera
menacée d'obtempérer sous peine de subir la
colère de Dieu. Coups de fils anonymes, visites
nocturnes inopinées, menaces de toutes sortes
vont se succéder, en vain. Mais il a fallu
l'intervention des parents de la jeune dame pour
qu'elle soit enfin en paix.