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Le quotidien l'Union du 12 Novembre 2007

 

ÉGLISES ÉVEILLÉES

Complicité ou impuissance ?

Annoncée depuis l'année 2002, la réglementation de l'activité des églises éveillées n'a toujours pas abouti. Conséquence, elles profilèrent sérieusement d'autant que chiffré 224 il a cinq ans, le nombre a sérieusement accru de façon exponentielles passant aujourd'hui à prés de 3000, avec un peu plus de 11000 Évangélistes sur l'ensemble du territoire.

LA communauté nationale garde encore en mémoire la décision qui interdisait "Béthanie"et la "Communauté des hommes d'affaires du plein Evangile" en 1989, marquant, à l'époque, la ferme détermination du président de la République, Omar Bongo Ondimba, de mettre fin aux activités de ces deux églises dont les dérapages avaient suscité un sérieux émoi au sein de la population Librevillloise.

Cette affaire, la première d'une série, avait eu pour corollaire de placer ces nouveaux ? apôtres du Christ ?, sous les feux des projecteurs sans malheureusement que ce nouveau phénomène ne prenne fin. Bien au contraire. Les Eglises éveillées n'ont cessé de proliférer dans le pays. Leur nombre s'accroît de manière exponentielle malgré les fortes inquiétudes exprimes à la suite des fréquents dérapages Evangélistes et autres "Bishop", "Bergers" qui envahissent la société.

Estimées en 2004 à 224, les Eglises éveillées atteignent aujourd'hui 3000 sur l'ensemble du territoire, avec un peu plus de 11000 évangélistes. Un accroissement troublant qui amène à s'interroger sur ce phénomène qui se développe sous le regard impuissant, voire complaisant des pouvoirs publics . Lesquels sont accusés, a tort ou raison, (c'est selon), de cautionner l'émergence de ce nouvel ordre qui s'est imposé aux côtés des trois principales confessions religieuses que sont les catholiques, les protestants et les musulmans davantage plus anciennes et mieux structurées.

Ces accusations se fondent chaque pur davantage sur l'impossibilité actuelle des différents gouvernements à mettre en place un cadre juridique réglementant l'activité cette communauté, dont l'activité repose sur la loi 35/ 62 régissant les Associations. Les églises en font partie. Ces critiques sont également sous-tendues par l'existence de connexions et autres relations d'intérêt que nombre de responsables de ces églises occupant même des fonctions au Sommet de la hiérarchie entretiennent avec les Politiques. A cela s'ajoute le fait que la création des églises éveillées se fait sans aucune règle, dans l'anarchie, en dépit du semblant d'organisation opérée par la création d'une instance fédérative qui serait, d'ailleurs, très contestée au sein même de cette communauté en raison de l'illégitimité des ses principaux animateurs.

ABSENCE DE CRITERES• Si les trois ordres religieux ou confessions relieuses mieux implantés dans pays disposent d'un statut juridique proprement élaborés et qui leur confère une reconnaissance légale, les Eglises éveillées exercent leurs activités dans l'illégalité. Sujet tabou, il y a quelques années encore, il ne cesse d'alimenter les discussions, au regard de la nécessité de réglementer l'activité de ces associations religieuses répandues sur l'ensemble du territoire.

Il y a cinq ans, en réponse à une forte inquiétude exprimée dans l'opinion nationale, celle-ci semblait avoir été partagée au sommet de l'État à la faveur d'une réunion présidée le 3 juin 2003 par le président Omar Bongo Ondimba, à laquelle ceux que l'on considère comme étant les responsables de ces églises avalent été convié. Cette réunion avait débouché sur l'adoption du principe d'élaboration d'un cadre juridique à soumettre au Parlement, notamment un projet de loi qui fixe, entre autres, les critères de création d'associations religieuses.

Quatre ans après rien n'a été fait. La réflexion se poursuit au sein du gouvernement, où l'on indique avoir dû surseoir une première mouture comprenant, également, au nombre des critères, le plan des édifices des cultes, et de l'administration, le titre foncier, les diplômes, des instituts de formation en matière de théologie des membres fondateurs et dirigeants. Le 27 juin 2003, relayant les inquiétudes du peuple face aux dangers de ces églises pour la société, le Sénat avait interrogé le Premier ministre de l'époque Jean-François Ntoutoume Emane, sur les mesures destinées à réglementer leur activité dans le pays. Lors de cette séance de questions au gouvernement, M Ntoutoume Emane avait réaffirmé la détermination de ce pan de l'exécutif à la régir, sans y parvenir en tout cas au final. Car, hormis quelques actions initiées aux postes frontières pour refouler certains "prédicateurs" étrangers tentant d'entrer illégalement dans le pays ainsi que l'étude et la concertation permanente et sans grand effet initiée avec l'ensemble des confessions, on en est encore à la simple volonté exprimée par les pouvoirs publics qui montrent des signes de frilosité, pour le moins, douteuse, voire coupable, sur cette question. Pis, politiques Bishop et autres responsables affichent publiquement leur connivence, puisqu'ils en viennent à servir la cause en s'impliquant même dans le jeu politique. Occupant des fonctions politiques et tirant profit de leur position, certains d'entre eux, principalement les responsables, n'ont pas hésité, sur fond d'opportunisme, à entraîner leurs co-religionnaires dans des manoeuvres politiciennes en organisant des cultes pour la paix dans le pays. Il n'est pas, non plus, nouveau qu'on fasse état de l'engagement, voire, de l'appartenance d'un homme politique, ce qui est naturel, dans la vie d'une communauté du Réveil. Ce qui l'est moins, c'est le fait que certains ont même été amenés à user de leurs fonctions pour entretenir ce phénomène qui prend véritablement de l'ampleur tant qu'aucune législation ne viendra y mettre de l'ordre.

Source : Journal L'Union Plus du 12/11/2007

 

 



   

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