ÉGLISES ÉVEILLÉES
Complicité ou impuissance ?
Annoncée depuis l'année 2002,
la réglementation de l'activité des
églises éveillées n'a toujours pas abouti.
Conséquence, elles profilèrent sérieusement
d'autant que chiffré 224 il a cinq ans, le
nombre a sérieusement accru de façon
exponentielles passant aujourd'hui à prés
de 3000, avec un peu plus de 11000 Évangélistes
sur l'ensemble du territoire.
LA communauté nationale garde
encore en mémoire la décision qui interdisait
"Béthanie"et la "Communauté des hommes
d'affaires du plein Evangile" en 1989, marquant,
à l'époque, la ferme détermination du président
de la République, Omar Bongo Ondimba, de mettre
fin aux activités de ces deux églises dont les
dérapages avaient suscité un sérieux émoi au
sein de la population Librevillloise.
Cette affaire, la première
d'une série, avait eu pour corollaire de placer
ces nouveaux ? apôtres du Christ ?, sous les
feux des projecteurs sans malheureusement que ce
nouveau phénomène ne prenne fin. Bien au
contraire. Les Eglises éveillées n'ont cessé de
proliférer dans le pays. Leur nombre s'accroît
de manière exponentielle malgré les fortes
inquiétudes exprimes à la suite des fréquents
dérapages Evangélistes et autres "Bishop",
"Bergers" qui envahissent la société.
Estimées en 2004 à 224, les
Eglises éveillées atteignent aujourd'hui 3000
sur l'ensemble du territoire, avec un peu plus
de 11000 évangélistes. Un accroissement
troublant qui amène à s'interroger sur ce
phénomène qui se développe sous le regard
impuissant, voire complaisant des pouvoirs
publics . Lesquels sont accusés, a tort ou
raison, (c'est selon), de cautionner l'émergence
de ce nouvel ordre qui s'est imposé aux côtés
des trois principales confessions religieuses
que sont les catholiques, les protestants et les
musulmans davantage plus anciennes et mieux
structurées.
Ces accusations se fondent
chaque pur davantage sur l'impossibilité
actuelle des différents gouvernements à mettre
en place un cadre juridique réglementant
l'activité cette communauté, dont l'activité
repose sur la loi 35/ 62 régissant les
Associations. Les églises en font partie. Ces
critiques sont également sous-tendues par
l'existence de connexions et autres relations
d'intérêt que nombre de responsables de ces
églises occupant même des fonctions au Sommet de
la hiérarchie entretiennent avec les Politiques.
A cela s'ajoute le fait que la création des
églises éveillées se fait sans aucune règle,
dans l'anarchie, en dépit du semblant
d'organisation opérée par la création d'une
instance fédérative qui serait, d'ailleurs, très
contestée au sein même de cette communauté en
raison de l'illégitimité des ses principaux
animateurs.
ABSENCE DE CRITERES• Si
les trois ordres religieux ou confessions
relieuses mieux implantés dans pays
disposent d'un statut juridique proprement
élaborés et qui leur confère une
reconnaissance légale, les Eglises
éveillées exercent leurs activités dans
l'illégalité. Sujet tabou, il y a
quelques années encore, il ne cesse d'alimenter
les discussions, au regard de la nécessité de
réglementer l'activité de ces associations
religieuses répandues sur l'ensemble du
territoire.
Il y a cinq ans, en réponse à
une forte inquiétude exprimée dans l'opinion
nationale, celle-ci semblait avoir été partagée
au sommet de l'État à la faveur d'une réunion
présidée le 3 juin 2003 par le président Omar
Bongo Ondimba, à laquelle ceux que l'on
considère comme étant les responsables de ces
églises avalent été convié. Cette réunion avait
débouché sur l'adoption du principe
d'élaboration d'un cadre juridique à soumettre
au Parlement, notamment un projet de loi qui
fixe, entre autres, les critères de création
d'associations religieuses.
Quatre ans après rien n'a été
fait. La réflexion se poursuit au sein du
gouvernement, où l'on indique avoir dû surseoir
une première mouture comprenant, également, au
nombre des critères, le plan des édifices des
cultes, et de l'administration, le titre
foncier, les diplômes, des instituts de
formation en matière de théologie des membres
fondateurs et dirigeants. Le 27 juin 2003,
relayant les inquiétudes du peuple face aux
dangers de ces églises pour la société, le Sénat
avait interrogé le Premier ministre de l'époque
Jean-François Ntoutoume Emane, sur les mesures
destinées à réglementer leur activité dans le
pays. Lors de cette séance de questions au
gouvernement, M Ntoutoume Emane avait
réaffirmé la détermination de ce pan de
l'exécutif à la régir, sans y parvenir en tout
cas au final. Car, hormis quelques actions
initiées aux postes frontières pour refouler
certains "prédicateurs" étrangers tentant
d'entrer illégalement dans le pays ainsi que
l'étude et la concertation permanente et sans
grand effet initiée avec l'ensemble des
confessions, on en est encore à la simple
volonté exprimée par les pouvoirs publics qui
montrent des signes de frilosité, pour le moins,
douteuse, voire coupable, sur cette question.
Pis, politiques Bishop et autres responsables
affichent publiquement leur connivence,
puisqu'ils en viennent à servir la cause en
s'impliquant même dans le jeu politique.
Occupant des fonctions politiques et tirant
profit de leur position, certains d'entre eux,
principalement les responsables, n'ont pas
hésité, sur fond d'opportunisme, à entraîner
leurs co-religionnaires dans des manoeuvres
politiciennes en organisant des cultes pour la
paix dans le pays. Il n'est pas, non plus,
nouveau qu'on fasse état de l'engagement, voire,
de l'appartenance d'un homme politique, ce qui
est naturel, dans la vie d'une communauté du
Réveil. Ce qui l'est moins, c'est le fait que
certains ont même été amenés à user de leurs
fonctions pour entretenir ce phénomène qui prend
véritablement de l'ampleur tant qu'aucune
législation ne viendra y mettre de l'ordre.