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Le quotidien l'Union du 08 Novembre 2007

 

ÉLECTIONS LOCALES (SUITE)

• Petit angle

Le lit de l'abstention

DEPUIS plusieurs scrutins organisés dans notre pays, le taux d'abstention va croissant. Au point qu'aujourd'hui il a atteint des proportions gênantes dans une démocratie qui se veut respectable. Aux dernières législatives de 2006 encore, si la loi avait fixé un seuil en-dessous duquel, une élection devrait être annulée, l'épreuve aurait pu être reprise dans soixante circonscriptions au moins. Notamment au niveau des principales villes, Libreville en premier.

C'est donc une lapalissade que d'affirmer que la politique dégoûte de plus en plus les citoyens gabonais. D'où leur désintérêt manifeste pour les élections. Cela malgré les énormes sommes d'argent que certains distribuent tout au long des campagnes électorales, et la pléthore des gadgets que les candidats nantis distribuent en longueur de journées jusqu'au jour J.

Alors que dans d'autres pays, les acteurs politiques toutes tendances confondues devraient plutôt s'atteler à chercher les voies et moyens pouvant sinon amener les gabonais à s'intéresser à nouveau à la chose politique, tout au moins à freiner 'l'hémorragie", les nôtres focalisent encore le débat sur des questions exclusivement électorales. Cela, pendant que de nombreux citoyens estiment que celles-ci ne contribuent pas réellement à trouver des solutions durables à leurs difficultés quotidiennes.

Combien sont-ils aujourd'hui, les Gabonais moyens qui peuvent se sentir directement concernés par le débat autour de l'introduction de la biométrie ? Ce débat ne peut que renforcer les soupçons du plus grand nombre disant que finalement les politiques gabonais ne roulent que pour eux-mêmes. A partir de; les uns et les autres, estimant leurs préoccupations reléguées au second plan, se désintéressent davantage de la politique. Au point de bouder les élections, seules occasions pour les acteurs politiques de s'intéresser à eux.

VACHES MAIGRES. La véritable question qui devrait être aujourd'hui à l'ordre du jour pour les citoyens en cette période de «vaches maigres», est celle de savoir ce que fait la majorité pour améliorer leurs conditions de vie «De même,ils sont également tentés d'apprendre ce que l'opposition leur propose concrètement dans ce sens».

Les Gabonais ne sont-ils pas en droit de se demander pourquoi la classe politique ne se réunit que pour débattre des questions électorales «Ne peuvent-ils pas le faire pour l'amélioration des conditions de vie» Est-il écrit quelque part que le consensus à la gabonaise ne s'inscrit que dans le seul champ du code électoral ? Pourquoi lorsqu'il s'agit des questions relatives à la recherche des voies et moyens de sortir le pays des nombreux manquements inquiétants qui le caractérisent actuellement, l'opposition, comme pour vite dissimuler une certaine incapacité à proposer quelque chose de différent ou de meilleur, brandit le principe selon lequel « la Majorité gouverne, l'opposition s'oppose ». Ce, alors que lorsqu'il s'agit des questions électorales, Ies acteurs politiques des deux camps supposés opposés expriment leur disponibilité à s'asseoir autour d'une table...

Les principales préoccupations des Gabonais à ce jour tournent essentiellement autour de la route, la santé, l'éducation, la cherté de la vie, etc. Ils seraient attirés par un, discours de la majorité visant à dire clairement et de façon concrète les mesures prises, ou en voie de l'être, pour leur permettre de circuler dans de bonnes conditions aussi bien à Libreville qu'à l'intérieur du pays. De même, ils seraient ravis de connaître ce que propose réellement l'opposition pour doter notre pays d'un réseau routier meilleur.

Ce raisonnement est valable pour notre système éducatif, notre système sanitaire, la lutte contre l'impunité qui gangrène dangereusement notre société, la réinstauration de l'autorité de l'État, etc.

En somme, tant que les acteurs politiques, notamment ceux de l'opposition qui sont censés susciter l'espoir, focaliseront leur attention sur les seules questions électorales, ils ne feront que construire le lit de l'abstention. Une situation qui, qu'on le veuille ou non, n'est pas de nature à favoriser l'alternance que les Pierre Mamboundou (UPG), Zacharie Myboto (UGDD), Jules-Aristide Ogouliguende (CDJ), Léon Mbou Yembi (FAR) et les leurs souhaitent tant dans leurs discours.

Source : Journal L'Union Plus du 08/11/2007

 

 



   

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