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Le quotidien l'Union du 08 Novembre 2007

 

ELECTIONS LOCALES

Majorité et opposition : comme une entente tacite à faire du surplace

A l'issue de la présidentielle de 1993, la toute première après que le Gabon eut renoué avec le pluralisme démocratique, l'opposition avait contesté les résultats rendus publics par le ministère de l'Intérieur et confirmés par la Cour constitutionnelle, lesquels donnaient vainqueur l'actuel chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba. Paul Mba Abessole, alors dans l'opposition, était convaincu de ce qu'il avait remportée en lieu et place de celui qui a été officiellement déclaré vainqueur, poussant le ridicule jusqu'à mettre en place un gouvernement parallèle. Une situation confuse s'était installée dans le pays, débouchant sur les émeutes du 21, 22 et 23 février 1994 qui ont failli faire basculer le pays dans le chaos.

Pour sortir de cette impasse politique, Me Pierre Louis Agondjo Okawé propose "La paix des braves", une sorte de cessez-le-feu, qui a conduit aux pourparlers de la classe politique à Maris, inaugurant par la même occasion les rencontres entre la majorité et l'opposition. A l'origine de cette rencontre dans la capitale française, qui a débouché sur les "Accords de Paris", la recherche de la transparence électorale. Au sujet de laquelle justement la classe politique s'est entendue pour créer une entité indépendante du pouvoir législatif , la CIVE , qui s'est muée plus tard en Cénap, en remplacement du ministère de l'Intérieur, pour l'organisation des élections dans notre pays.

Seulement, sitôt les acteurs politiques revenus à Libreville, les accords qu'avait engendrés la rencontre de Paris avaient été soumis à un examen à l'Assemblée nationale, où le PDG disposait d'une majorité suffisante pour imposer sa volonté, après la prorogation du mandat des députes par référendum. L'application des Accords de Paris par le gouvernement de la Démocratie, dont la formation avait du reste soulevé le débat sur la parité qualitative et quantitative, n'était pas en phase avec ce qui avait été décidé à Paris. Malgré tout la classe politique va s'entendre sur l'essentiel. L'apposition étant représentée au gouvernement, la bouche qui mange ne louvait donc parler. Une période d'accalmie va donc s'observer jusqu'à l'organisation des législatives de 1996 dont les résultats avaient été contestés et la présidentielle de 1998 qui l'était autant.

PRESOMPTIONS• Cette logique de la contestation dans laquelle opposition s'est résolument inscrite va se poursuivre lors des législatives de 2001, les locales de 2002, la présidentielle de 2005 et tout récemment à l'issue des législatives de 2006. Chaque fois elle crie à la fraude, quelquefois à raison, si l'on s'en tient aux invalidations et autres retours aux urnes prononcé par la Cour constitutionnelle lors de l'examen du lourd contentieux qui avait suivi les législatives de décembre 2006. Et chaque fois encore, une rencontre de la classe politique est programmée toujours dans l'objectif d'organiser des élections justes et transparentes. Sans y parvenir, du moins jusqu'à présent.

Comme quoi, l'organisation des élections au Gabon se résume en une seule formule: on organise les élections dans le cafouillage, la majorité les remporte et l'opposition les conteste avant que ne vienne la rencontre de la casse politique fui s'achève le plus souvent à la présidence de la République... Comment ne pas conclure dans ses conditions qu'il y a comme une entente entre l'opposition (qui s'est professionnalisée) et la majorité (qui campe sur sa position de se maintenir coûte que coûte au pouvoir) à vouloir faire du surplace. Sinon comment comprendre que la classe politique ne parvient toujours pas à trouver une ou des solutions pérennes acceptables par tout le monde et applicables a souhait, après tant d'années de discussions autour d'une seule et même question ?

Manifestement, un faisceau de présomptions pèse sur la classe politique sur ce qu'il pourrait y avoir une intente tacite entre ces deux composantes de la vie politique de notre pays. Cette collusion, si toutefois elle est avérée, aura pour effet immédiat de cautionner une politique contraire aux intérêts du plus grand nombre et d'une certaine façon incompatible avec le développement du pays. D'autant plus que la compétition politique qui devait sous-tendre la prise en compte des politiques de développement s'en trouve complètement viciée, disons clairement inexistante.

Les hommes politiques sont, semble-t-il, campés dans une position qui leur fait croire que le peuple ne les observe pas. Sauf à être hypermétrope, les taux d'abstention (lire par ailleurs) qui marquent chaque élection auraient pu constituer une indication de ce que le peuple est parfaitement au courant du jeu de la classe politique.

Il importe, à l'évidence, de changer la donne le glus rapidement possible. Car, l'histoire peut nous jouer un de ses tours pendables en nous plaçant devant d'autres scenarii, plutôt catastrophes, que ceux que l'opposition et la majorité élaborent dans leurs états-majors respectifs pour s'extraire des aspirations profondes des Gabonais.

Source : Journal L'Union Plus du 08/11/2007

 

 



   

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