ELECTIONS LOCALES
Le
scrutin sans biométrie
L'évolution du débat
majorité-opposition confirme le rejet de
l'introduction de ce procédé d'identification
des électeurs qui alimente la controverse.
LE scrutin en vue du
renouvellement des Conseils municipaux et
départementaux se tiendra sans l'introduction de
la biométrie sur les cartes d'électeurs décidée
lors des négociations entre la majorité et
l'opposition placées sous l'égide du président
Omar Bongo Ondimba, comme initialement envisagé.
Cette perspective se dessine
clairement au vu de l'évolution du débat ouvert
depuis quelques semaines au sein de la classe
politique et même dans l'opinion, notamment à la
suite des dernières déclarations du ministre d'Etat,
en charge dé l'Intérieur, André Mba Obame, de
l'examen à l'Assemblée nationale de l'ordonnance
modifiant certaines dispositions de la loi sur
les élections politiques dans notre pays et des
conclusions du Conseil des ministres du mardi 6
novembre dernier au palais de la présidence de
la République.
Le ministre de l'Intérieur,
joint au téléphone, a déclaré que l'introduction
des éléments de biométrie (empreinte digitale,
photo) sur les cartes d'électeur, n'est guère
possible avant le 13 janvier date butoir au
terme de laquelle les élections municipes et
départementales sont programmées si l'on veut
respecter les délais légaux. Estimant que dans
ce laps de temps, il était matériellement
impossible d'introduire les données
biométriques.
EXIGENCE • A l'issue de
la concertation de la classe politique gabonaise
du mois de juin 200, le gouvernement Jean Eyéghé
Ndong, a adopté le 19 août 2007 une ordonnance
modifiant la loi électorale dans laquelle les
données de biométrie avaient été introduites
pour renforcer la transparence des élections
souvent émaillé de contestations depuis 1993
dans notre pays.
Le texte pris durant
l'intersession parlementaire a été examiné à
l'Assemblée nationale, qui l'a, d'ailleurs,
expurgé en son article 48 nouveaux des éléments
de biométrie. Cela en exigeant au préalable une
loi sur l'informatique et les libertés. Une
exigence qui pourrait bien être également celle
du Sénat, avait été préalablement formulée au
cours des négociations par les deux camps.
Effectivement, la majorité et
l'opposition avaient convenu d'introduire la
biométrie à condition d'adopter auparavant ce
texte destiné à réglementer l'utilisation de
l'Informatique et à protéger les libertés
individuelles. Les deux parties avaient décidé
de respecter les délais légaux prévus pour
l'organisation des élections, révèle André Mba
Obame. Ce que l'opposition n'avait jamais
reconnu publiquement lors des ses différentes
sorties, mais qu'un de ses membres, cadre de l'
Union gabonaise pour la démocratie et le
développement (UGDD), ayant requis l'anonymat, a
confirmé, il y a quelques jours joint au
téléphone. D'ailleurs, aussi bien Ie ministre de
l'Intérieur que le responsable ugédédiste, l'un
et l'autre ont déclaré au sujet de ce texte que
le président de l'Union du peuple gabonais (UPG)
et dé u te de Ndendé, Pierre Mamboundou, fervent
partisan, sinon, principal instigateur de la
biométrie, s'était encagé à déposer une
l'opposition de loi sur la table de l'Assemblée
nationale. Il était, semble t-il, conscient de
ce que l'initiative de la loi incombe
concurremment au Parlement et au gouvernement,
mais aussi de l'urgence de résoudre la question
pour éviter que la majorité ne traîne les pieds
et trouvent du grain à moudre pour faire échec à
la mise en place de ce dispositif. Lequel devait
renforcer les acquis obtenus en 2006 (enveloppes
accolées, remise de procès-verbaux aux différent
candidats, etc) en vue de parfaire l'outil
électoral.
RESPECT DES DELAIS•
Malheureusement, en dépit de l'élaboration de
l'ordonnance modifiant le Code électoral, aucun
projet ou aucune proposition de loi sur
l'Informatique et les libertés n'a été déposé
comme initialement conclu par la classe
politique gabonaise. Pis, Pierre Mamboundou que
l'on attendait sérieusement à la tête du camp
des partisans de la biométrie est curieusement
déclaré aux abonnés absents, réduisant ainsi les
parlementaires UPG à l'Assemblée nationale à
faire de la figuration, affirment
d'autres députés de son camp politique sur fond
d'ironie. Le leader de l'opposition gabonaise,
perdus dans son fief de la Dola où à défaut de
se mouvoir quand il s'agit de cette question
sensible concernant le renforcement de la
transparence électorale, se borne plutôt depuis
plusieurs mois à suivre l'évolution des travaux
d'aménagement de sa circonscription politique.
Au point de susciter de sérieux doutes sur
l'intérêt réel porté à cette question ainsi que
sur le rôle loué par les uns et les autres
acteurs politiques, particulièrement de
l'opposition, dans cette affaire.
Si l'absence de ce texte de
loi, le coût et les délais de mise en oeuvre de
la biométrie sont davantage invoqués pour
justifier l'impossibilité actuelle de
l'instauration dudit procédé, son ajournement
semble bien avoir été affirmé par le
gouvernement. Le dernier