RENCONTRE MINISTRE DU TRAVAIL/ORGANISATIONS
SYNDICALES
Le
problème de la distribution de la subvention de
l'État 2007 en point de mire
Pour avoir lancé, au début de
cette année, un mot d'ordre de grève au cours
duquel elles demandaient le départ du
gouvernement de Christiane Bitougat, trois
organisations syndicales n'ont toujours pas
perçu leur subvention annuelle. Celle-ci reste
bloquée par la ministre du Travail qui exige aux
responsables de ces structures de lui présenter
officiellement, au préalable, leurs excuses.
TROIS
organisations syndicales des travailleurs : la
Confédération démocratique syndicale et autonome
(CDSA), le Congrès syndical du Gabon (CSG) et
l'Union générale des salariés responsables
(UGSR) se sont retrouvées mardi, autour du
ministre du Travail et de l'Emploi, Christiane
Bitougat, pour évoquer un certain nombre de
préoccupations, liées notamment au versement de
la subvention de l'État, aux conditions de
travail dans les entreprises chinoises et au
Code du travail, conformément aux directives de
l'Ohada.
Sur le premier point, le
ministre du Travail a dénoncé, une fois de plus,
les manoeuvres opérées par certains responsables
syndicaux, tendant à saisir des hautes
personnalités du pays à des fins pécuniaires.
Document à l'appui,
Christiane Bitougat a rendu publique la lettre
de demande d'aide adressée au Trésorier payeur
général (TPG) par le responsable du Congrès
syndical du Gabon. Avant de lancer cette petite
phrase: "nous devons faire du syndicalisme
quelque chose de transparent, d'honnête
et de crédible".
Pour elle, l'argent du
contribuable doit servir, avant tout, à la
formation du personnel. Contrairement à la
tendance observée jusqu'ici et qui fait
apparaître que cette subvention est très souvent
utilisée à des fins personnelles.
Sur les 100 millions de
francs CFA accordés par l'Etat aux organisations
syndicales, cinq confédérations sur huit, qui
n'avaient pas suivi le mot d'ordre de grève
lancé au début de l'année, ont déjà touché leur
subvention. Il s'agit de la Confédération
syndicale gabonaise (25 millions de frs), la
Confédération générale des syndicats libres (20
millions), l'Union syndicale de l'administration
publique (13 millions), l'Union des travailleurs
du Gabon (10 millions), la Confédération des
syndicats du secteur infrastructures et
équipements (10 millions).
Il ne reste donc plus à
passer à la caisse que la CDSA, qui a droit à 10
millions, le CSG qui devrait recevoir 9 millions
et l'UGSR à qui revient 3 millions de francs. Ce
sont ces trois organisations qui avaient appelé
à la grève générale - non suivie - en début
d'année, et demandé la démission de la ministre
Bitougat du gouvernement.
Pour toucher la part de la
subvention qui leur revient, Christiane Bitougat
exige maintenant des trois syndicats concernés
de blanchir l'Etat. C'est-à-dire, revenir sur
leurs déclarations et présenter officiellement
des excuses au ministre du Travail qu'elle est.
Face à cette donne, le
représentant de la Cosyga, qui s'est fait le
médiateur circonstanciel, a demandé, après une
concertation, une suspension de séance afin
d'examiner ensemble les différents points de
désaccord.
Au terme de cette
concertation syndicale, il a été convenu d'une
autre rencontre avec la ministre, cette fois, à
l'initiative des trois syndicats, en présence de
la presse nationale, pour régler définitivement
le différend.