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Le quotidien l'Union du 07 Novembre 2007

 

ÉDITORIAL

Biométrie, l'arbre qui cache la forêt

LES leaders politiques de l'opposition font de l'adoption de la biométrie un préalable à leur participation aux prochaines élections locales sans s'inquiéter de la faisabilité de l'opération, de son coût, de ses délais de mise en oeuvre et du respect de la Constitution garante de la protection des libertés individuelles.

Les opposants les plus farouches à la mise à jour de la liste électorale et à la distribution de cartes d'électeur «traditionnelles» semblent convaincus qu'avec la biométrie l'identification des électeurs sera définitivement assurée. Et ils prennent en exemple la nouvelle carte d'identité biométrique dont disposent les citoyens.

Alors, si les électeurs-citoyens sont déjà dotés d'une carte d'identité biométrique comme ils l'avancent le seul fait que leur état civil complet figure conformément sur la liste électorale mise à jour doit leur permettre de voter... avec ou sans carte d'électeur « traditionnelle », ce qui s'est produit plus d'une fois par le passé !

Car, ce qui importe, c'est que chaque électeur muni d'une pièce d'identité sache qu'il est bien inscrit sur la liste électorale et qu'il ait connaissance du lieu où il doit se rendre pour voter: Le reste n'est que littérature.

Ce qu'il faut souligner c'est que les électeurs gabonais sont fatigués d'être obligés de se déplacer à chaque nouvelle élection afin de vérifier si leur nom figure bien sur la liste électorale affichée, puis de se rendre au lieu de distribution des cartes d'électeur afin de récupérer leur sésame qui leur donnera le droit d'attendre des heures durant que les bureaux de vote veuillent bien ouvrir leurs portes.

Le Gabon est probablement le seul pays où à chaque nouveau scrutin une carte d'électeur différente de la précédente est fabriquée, personnalisée et distribuée. Alors qu'il est mentionné sur le dernier volet que la dite et même carte doit servir pour six scrutins.

Les politiques dont c'est le métier devraient plutôt s'interroger sur les raisons de l'abstention massive de l'électorat. Certains résultats frisent le ridicule. A preuve, le député UPG élu à la suite de l'élection partielle du 21 octobre 2007 au siège du 5e arrondissement de Libreville n'a recueilli que 418 voix sur 20.716 inscrits, soit à peine2 % de l'électorat. L'abstention a atteint ce jour-là 94% !

Certes, une partielle n'a pas le même effet mobilisateur qu'un scrutin national. Mais, les résultats des dernières législatives ont fait apparaître des taux d'abstention presque aussi considérables dans certaines grandes villes et notamment dans la capitale.

La classe politique dans son ensemble devrait avoir le courage de regarder la vérité en face plutôt que de se chicaner sur tel ou tel article du Code électoral ou sur l'interprétation d'une disposition de la Constitution, nos leaders de la majorité comme de l'opposition - devraient s'inquiéter des conséquences du désintérêt de plus en plus flagrant des citoyens pour tout ce qui a trait à la vie publique.

Cette désaffection croissante est un véritable danger pour notre démocratie. Et le discrédit de nos élites politiques, que l'on mesure aujourd'hui au faible contenu des urnes, est patent.

Que chacun prenne sa part de responsabilité et balaie devant sa porte. La majorité - dont est issu le Gouvernement – doit s'interroger sur l'incapacité de nombreux ministère à respecter les objectifs fixés par le chef de l'Etat. L'accumulation des dysfonctionnements de l'Etat est ressentie concrètement par les administrés dans leur vie de tous les jours. Les élus, si présents avant les scrutins, se font rares dans leurs circonscriptions.

L'effort de bonne gouvernance du Premier ministre qui commençait à porter ses fruits est annihilé par le désastre des fêtes tournantes.

Quant à l'opposition, si bruyante quand il s'agit de dénoncer les turpides de ses adversaires est particulièrement avare de propositions concrètes : pas de projet de société,pas de plate-forme, commune pas d'actions symboliques à destination des citoyens.

Passant leur temps à se chamailler - voire à s'entre-déchirer - ses leaders ne se rassemblent qu'à l'approche d'un scrutin. Ce qui prouve qu'ils ne se mobilisent que pour défendre leurs propres intérêts, oublieux de leurs e au engagements au service de leurs concitoyens.

L'actuelle polémique relative à la biométrie paraît bien dérisoire au vu de l'enjeu du prochain scrutin. En effet, les prochaines élections locales qui concernent de très près les habitants de notre beau pays, doivent être l'occasion d'un véritable aggiornamento politique

Quels qu'en soient les résultats, car ce qui importe vraiment, ce n'est pas tant la victoire de tel ou tel candidat, mais la compétence et le dévouement au bien public de ceux qui seront élus. Ce n'est qu'à ce prix que les citoyens se réconcilieront avec la politique et donneront leur adhésion au renouveau démocratique voulu par le président de la République, arbitre suprême vers lequel se tourne désormais l'ensemble des citoyens.

Source : Journal L'Union Plus du 07/11/2007

 

 



   

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