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Le quotidien l'Union du 05 Novembre 2007

 

SUITE AU REJET DE LA BIOMÉTRIE À L'ASSEMBLÉE NATIONALE

L'opposition menace d'organiser des manifestations de protestation

Le dépouillement du contenu ayant trait à la biométrie dans l'ordonnance portant modification de la loi 7/96, a soulevé l'ire des leaders des partis de l'opposition qui en appellent au président de la République pour l'application stricte des décisions arrêtées d'accord-parties sous son arbitrage.

L'INSTAURATION de la biométrie dans le système électoral gabonais, du moins son expérimentation au cours des prochaines élections locales, n'en finit plus de susciter de vifs débats au sein de l'opinion et surtout de diviser la classe politique.

Alors que les discussions d'Arambo entre la majorité et l'opposition avaient donné lieu, suite l'arbitrage du président de la République, à l'introduction de la biométrie et son expérimentation, d'abord dans la commune de Libreville pour les élections législatives de 2006, avant que cela ne soit renvoyé pour les élections locales à venir suite à la réserve, pour ne pas dire à l'avis rendu par la, Cour constitutionnelle, il ne faisait donc aucun doute que les élections locales à venir devaient être marquées par l'introduction de la biométrie. Qu'elle n'a pas été la surprise des leaders de l'opposition de constater crue l'ordonnance prise en août dernier portant modification de la loi 7/96 a été complètement dépouillée, lors de son examen à l'Assemblée nationale, de son contenu ayant trait à la biométrie. Les députés de la majorité s'étant opposés à sa mise en oeuvre, justifiant cette position par l'absence de loi devant l'accompagner en vue de garantir les libertés individuelles.

Une rebuffade qui a en tout cas soulevé l'ire des responsables des partis politiques de l'opposition au cours de la conférence de presse qu'ils ont animée samedi dernier à la Chambre de commerce de Libreville. Pour eux, les députés de la majorité viseraient un tout autre but à travers ce refus celui de ne pas voir s'instaurer au Gabon la transparence électorale. Car de leur point de vue, s'arc-bouter sur des arguments fallacieux pour empêcher l'introduction des données biométriques (la photo et les empreintes digitales) est une fuite en avant, d'autant que les mêmes données sont utilisées en ce qui concerne l'établissement de la carte nationale d'identité. En principe, cela ne devait pas poser problème au point e soulever un débat inconstructif, de nature à mettre à mal la paix sociale instaurée depuis les pourparlers d'Arambo.

SURPLACE. Ce rejet de la biométrie par les députés de la majorité a fait dire aux leaders de l'opposition, du moins à certains d'entre eux, que "c'est un paradoxe de constater que les décisions du président de la République sont mises en cause par les membres de son propre camp politique" qui a " récusé les conclusions de la concertation politique à laquelle ses principaux leaders ont pris part autour du président de la République qui est aussi le chef de la majorité". Tout en condamnant "avec la dernière énergie la volte-face de la majorité qui avait pourtant approuvé les conclusions de la concertation politique", les leaders de l'opposition en appellent au président de la République pour l'application stricte des décisions arrêtées d'accord-parties sous son arbitrage. Le contraire ferait courir le risque de voir l'opposition "organiser des manifestations de protestation contre les dérives susceptibles de remettre en cause processus électoral initié depuis les élections législatives de décembre 2006".

Notons que la rencontre entre l'opposition et la majorité avait abouti, suite à l'arbitrage du président de la République, a la conclusion de plusieurs accords. Sept en occurrence, à savoir: introduction de la biométrie (photo et empreintes digitales), le bulletin unique, le retour du collège électoral unique, la remise des procès-verbaux des résultats électoraux aux représentants des candidats, le lire accès de l'opposition aux médias publics, le financement des campagnes électorales, le plafonnement des dépenses électorales et la réaménagement de la CNE qui a abouti à la création de la CENAP.

Depuis 1993, les élections au Gabon sont sujettes à contestations donnant lieu chaque fois, à l'issue de celles-ci, à~es rencontres de la classe politique sans que cela n'aboutisse véritablement aux objectifs recherchés par les uns et les autres: la transparence électorale. Comment dans ce cas ne pas conclure qu'on fait du surplace après tant d'années de discussions autour d'une seule et même question.

Source : Journal L'Union Plus du 05/11/2007

 

 



   

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