SUITE AU REJET DE LA BIOMÉTRIE
À L'ASSEMBLÉE NATIONALE
L'opposition menace d'organiser des
manifestations de protestation
Le dépouillement du contenu
ayant trait à la biométrie dans l'ordonnance
portant modification de la loi 7/96, a soulevé
l'ire des leaders des partis de l'opposition qui
en appellent au président de la République pour
l'application stricte des décisions arrêtées d'accord-parties
sous son arbitrage.
L'INSTAURATION de la
biométrie dans le système électoral gabonais, du
moins son expérimentation au cours des
prochaines élections locales, n'en finit plus de
susciter de vifs débats au sein de l'opinion et
surtout de diviser la classe politique.
Alors que les discussions d'Arambo
entre la majorité et l'opposition avaient donné
lieu, suite l'arbitrage du président de la
République, à l'introduction de la biométrie et
son expérimentation, d'abord dans la commune de
Libreville pour les élections législatives de
2006, avant que cela ne soit renvoyé pour les
élections locales à venir suite à la réserve,
pour ne pas dire à l'avis rendu par la, Cour
constitutionnelle, il ne faisait donc aucun
doute que les élections locales à venir devaient
être marquées par l'introduction de la
biométrie. Qu'elle n'a pas été la surprise des
leaders de l'opposition de constater crue
l'ordonnance prise en août dernier portant
modification de la loi 7/96 a été complètement
dépouillée, lors de son examen à l'Assemblée
nationale, de son contenu ayant trait à la
biométrie. Les députés de la majorité s'étant
opposés à sa mise en oeuvre, justifiant cette
position par l'absence de loi devant
l'accompagner en vue de garantir les libertés
individuelles.
Une rebuffade qui a en tout
cas soulevé l'ire des responsables des partis
politiques de l'opposition au cours de la
conférence de presse qu'ils ont animée samedi
dernier à la Chambre de commerce de Libreville.
Pour eux, les députés de la majorité viseraient
un tout autre but à travers ce refus celui de ne
pas voir s'instaurer au Gabon la transparence
électorale. Car de leur point de vue,
s'arc-bouter sur des arguments fallacieux pour
empêcher l'introduction des données biométriques
(la photo et les empreintes digitales) est une
fuite en avant, d'autant que les mêmes données
sont utilisées en ce qui concerne
l'établissement de la carte nationale
d'identité. En principe, cela ne devait pas
poser problème au point e soulever un débat
inconstructif, de nature à mettre à mal la paix
sociale instaurée depuis les pourparlers d'Arambo.
SURPLACE. Ce rejet de la
biométrie par les députés de la majorité a fait
dire aux leaders de l'opposition, du moins à
certains d'entre eux, que "c'est un paradoxe de
constater que les décisions du président de la
République sont mises en cause par les membres
de son propre camp politique" qui a " récusé les
conclusions de la concertation politique à
laquelle ses principaux leaders ont pris part
autour du président de la République qui est
aussi le chef de la majorité". Tout en
condamnant "avec la dernière énergie la
volte-face de la majorité qui avait pourtant
approuvé les conclusions de la concertation
politique", les leaders de l'opposition en
appellent au président de la République pour
l'application stricte des décisions arrêtées d'accord-parties
sous son arbitrage. Le contraire ferait courir
le risque de voir l'opposition "organiser des
manifestations de protestation contre les
dérives susceptibles de remettre en cause
processus électoral initié depuis les
élections législatives de décembre 2006".
Notons que la rencontre entre
l'opposition et la majorité avait abouti, suite
à l'arbitrage du président de la République, a
la conclusion de plusieurs accords. Sept en
occurrence, à savoir: introduction de la
biométrie (photo et empreintes digitales), le
bulletin unique, le retour du collège électoral
unique, la remise des procès-verbaux des
résultats électoraux aux représentants des
candidats, le lire accès de l'opposition aux
médias publics, le financement des campagnes
électorales, le plafonnement des dépenses
électorales et la réaménagement de la CNE qui a
abouti à la création de la CENAP.
Depuis 1993, les élections au
Gabon sont sujettes à contestations donnant lieu
chaque fois, à l'issue de celles-ci, à~es
rencontres de la classe politique sans que cela
n'aboutisse véritablement aux objectifs
recherchés par les uns et les autres: la
transparence électorale. Comment dans ce cas ne
pas conclure qu'on fait du surplace après tant
d'années de discussions autour d'une seule et
même question.