MOUVEMENT DE GREVE DE L’ONEP A SHELL GABON
Le torchon continue de brûler en l'absence
d'un accord satisfaisant
L'organisation nationale des employés du
pétrole (ONEP) maintient le bras dé fer avec
Shell Gabon, soutenu en cela par les employés du
groupe américain Marathon Oil (20.000
barils/jour) qui ont eux aussi déposé vendredi
28 mars, à leur employeur, un préavis de grève
de cinq jours. C'est dire que le mouvement fait
boule de neige comme l'ont annoncé les membres
du bureau national de l'ONEP lors du point de
presse de vendredi dernier et par conséquent,
l'arrêt de production se poursuivra sur les
sites pétroliers tant que les préalables à la
grève ne seront pas tous pris en considération.
LE PDG de Shell Gabon, M. Hans Bakker a cherché
l'apaisement lors qu’il a reçu la presse
nationale et internationale jeudi dernier, en
annonçant qu'il ne voyait aucun inconvénient à
appliquer l'arrêté 208 qui régit les rotations
sur les sites pétroliers et qui est en
négociation quant à son application effective,
dans le secteur de l'industrie pétrolière. Bien
plus, il s'est engagé à prendre en considération
les six points des préalables de l'Organisation
nationale des employés du pétrole (ONEP) mais il
reste des petits détails à finaliser et des
discussions dans le cadre du comité de suivi. En
revanche, l'ONEP réclame un accord effectif des
six points des préalables qui ont été soumis a
l'administration en janvier dernier, avant tout
accord global sur les revendications.
Selon le secrétaire national des négociations et
porte-parole de l'ONEP; M. Arnauld Engandji, le
syndicat utilisera les seules armes dont il
dispose si les préalables ne sont pas pris en
compte par l'employeur. Et le secrétaire général
de l'ONEP, M. Guy Roger Aurat Réténo, d'enfoncer
le clou en annonçant fermement que
l'organisation lancera un préavis de grève pour
tout le secteur de l’industrie pétrolière afin
de le paralyser si du côté de la direction
générale de Shell
Gabon, rien n'est fait pour arriver à un accord
global. Le bureau national de l'ONEP se dit
excédé, non seulement des multiples infractions
commises par les compagnies pétrolières qui ne
respectent pas les lois et règlements du travail
dans l'industrie du pétrole, mais aussi de
l'apathie de l'administration qui, après l'audit
qui a récemment été fait, n'a pris aucune
sanction qui devait permettre à l'Etat de
s'imposer comme garant de l'application du cadre
juridique du travail en République gabonaise.
DIX ANS
A propos des six points des préalables,
rappelons que le syndicat demande qu'il ne
s'opère aucune chasse aux sorcières, aucun
harcèlement professionnel, aucune menace de
licenciement et d'intimidation du personnel en
grève; que le cas des employés malades (7
travailleurs) depuis 3 ans et qui sollicitent la
préretraite après 29 ans de bons et loyaux
services soit résolu; le respect des lois et
règlements notamment le code du travail en son
article 187 qui stipule que toute Convention
prévoyant l'octroi d'une indemnité compensatrice
en lieu et place des congés payés est nulle et
de nul effet si le travailleur n'en fait pas la
demande après deux ans.
Or depuis dix ans affirme le syndicat, les
employés des sites pétroliers régis par le
système de rotation, ne sont pas allés en congé
pour avoir bénéficié du régime de 14 jours de
travail pour 14 jours de repos et celui de 28
jours de travail pour 28 jours de repos. Ce que
le bureau national de l'ONEP réclame
aujourd'hui, c'est le paiement des deux
dernières années (2006 et 2007) de la
prescription légale.
Par ailleurs, il faut ajouter à ces points,
l'attribution des primes de Rabi et Gamba,
l'application de la loi relative au recrutement
des employés de l'entreprise contractante de
Shell Gabon, EHTM qui selon le syndicat, ne
bénéficient pas de leur ancienneté chez leur
ancien employeur etc, l'application de l'arrêté
208 et du statut du site de Gamba que l'ONEP
voudrait qu'il soit considéré comme un site
pétrolier. Nous reviendrons dans notre prochaine
livraison, sur l'impact de la production zéro
c'est-à-dire l'arrêt total de la production, sur
la reprise des activités quand un accord aura
été signé entre les partenaires en conflit.
Et si un accord définitif n’est pas trouvé très
prochainement, le mouvement prendra de l'ampleur
après l'appel à la grève nationale par
solidarité aux employés de Shell Gabon, lancé
pour avoir bénéficié du régime de 14 jours de
travail pour 14 jours de repos et celui de 28
jours de travail pour 28 jours de repos. Ce que
le bureau national de l'ONEP réclame
aujourd'hui, c'est le paiement des deux
dernières années (2006 et 2007) de la
prescription légale. Par ailleurs, il faut
ajouter à ces points, l'attribution des primes
de Rabi et Gamba, l'application de la loi
relative au recrutement des employés de
l'entreprise contractante de Shell Gabon, EHTM
qui selon le syndicat, ne bénéficient pas de
leur ancienneté chez leur ancien employeur etc,
l'application de l'arrêté 208 et du statut du
site de Gamba que l'ONEP voudrait qu'il soit
considéré comme un site pétrolier.
Nous reviendrons dans notre prochaine livraison,
sur l'impact de la production zéro c'est-àdire
l'arrêt total de la production, sur la reprise
des activités quand un accord aura été signé
entre les partenaires en conflit. Et si un
accord définitif n'est pas trouvé très
prochainement, le mouvement prendra de l'ampleur
après l'appel à la grève nationale par
solidarité aux employés de Shell Gabon, lancé
par l'ONEP.
Cet appel a d'ores et déjà été entendu par les
syndicats du groupe américain Marathon Oil qui a
déposé à son employeur, un préavis de grève de
cinq jours à compter du vendredi 28 mars. Entre
temps, le PDG de Shell Gabon, M. Hans Bakker
entend, face au risque que constitue un arrêt
total de production d'un champ pétrolier pris
dans toute sa complexité, demander au
gouvernement de mieux définir le système du
service minimum en cas de grève dans l'industrie
pétrolière parce que c'est aussi bien un secteur
sensible que stratégique.