APRES avoir rendu publique jeudi
matin a liste des têtes de listes en vue des
prochaines élections locales, la Commission
nationale électorale permanente et indépendante
(Cénap) s'est, contre toute attente, déjugée
tard dans la nuit du meure jeudi 27 mars 2008,
en écartant certain nombre de candidatures
indépendante, notamment à Port-Gentil.
Ce sont les listes des candidats
de l'Alliance Ndaot
Rembogo qui semblent payer
le plus lourd tribut à cette
volte-face. Ces candidatures,
officiellement admises, après
un examen pourtant minutieux,
ont été rejetées au motif
que les
signes distinctifs des
différentes
listes conduites
par les
partisans de l'ancien
édile de
Port-Gentil sont
quasi
identiques.
Cette décision qui a été
prise tard dans la nuit de
jeudi à vendredi, n'a été notifiée
aux concernés qu'aux
alentours de 1 heure du
matin, nous explique Me
Séraphin Ndaot Rembogo,
lequel
s'étonne du reste de
ce qu'ils
n'ont même pas été
convoqués
pour être au
moins tenus
informés du sort coi les attendait. Ce
dernier
déplore par ailleurs le fait
qu'à la Cénap,
bien qu'il est
reconnu aux
candidats indépendants
le droit de prendre
part à toutes
les élections
politiques au
Gabon, ils ne
disposent
nullement de
représentant
au sein de cette
institution.
"On ne va pas se laisser
faire",
clame un électeur
favorable à Me Ndaot Rembogo.
Ce dernier est presque
sûr que cette décision est le
résultat d'une conspiration
ourdie contre eux. D'autant
que pour lui, le fait d'avoir
pris la décision à une heure
aussi tardive prouve, si
besoin en est, ce qu'il y aurait en
arrière-plan des intentions
inavouées au sein de la
Cénap qui perd chaque jour
qui passe le peu de crédit qui
lui reste.
COMPETENCE
Il
invoque
le fait
que la
Cénap, en
prenant la
décision en fin de semaine, fait
comme si elle voulait mettre
en difficulté ceux qui voudraient recourir à lui haute
juridiction. Il
ne comprend
pas non plus que la Cénap
qui, réunie
en Assemblée plénière
le mercredi 26 mars
2008 pour
procéder à l'examen
des dossiers de candidatures, n'ait pas
pu déceler
que les listes de l’Alliance
Ndaot
Rembogo disposaient
du même
logo.
Tout en admettant la possibilité
d'un oubli de la part
de la Cénap lors de l'examen
des dossiers, Me Séraphin
Ndaot Rembogo récuse néanmoins
la compétence de cette
institution à revenir sur une
décision après avoir rendu
publiques les têtes de listes. Il
met en avant,
pour étayer son propos, le code électoral qui
dispose , en son article 66 alinéa 2 que :
« Une fois rendue publiques, les candidatures ne
peuvent faire l’objet d’un candidat devant la
juridiction administrative
compétente saisie
dans
les
quarante-huit heures
de cette
publication.
Le
tribunal administratif
ou la Cour constitutionnelle,
selon le cas, statue
dans huit
jours de sa saisine."
Ce qui signifie, argue Me
Ndaot Rembogo, qu'après publication, la Cénap
est
automatiquement
dessaisie
de toute compétence en ce
qui
concerne les recours.
C'est-à-dire qu'elle ne peut
elle-même rectifier l'erreur
qu'elle a commise après la
publication des listes des candidatures.
De même que
dans un prétoire, poursuit-il,
un juge ne peut pas
revenir
sur sa décision s’il l'a déjà
rendue publique, quelle que
soit l'erreur commise. Seul
un appel de la décision peut
conduire à une décision
contraire à la précédente.
Pas un mot ne nous a été
(dit au sujet des listes de Mike
Steeve Dave Jocktane,
Gabriel
Tchango et d'autres
qui ont subi
le même sort.
Les
responsables de la Cénap que nous avons
tenté de
joindre, n'ont pas souhaité se prononcer
sur cette question
qui semble
visiblement les
gêner aux
entournures. Un comportement qui tend
davantage à
accréditer la
thèse de la
conspiration. Pour
quelles
raisons
? Là
est toute la question.