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Le quotidien l'Union du 20 Mars 2008

 

Pour moi quoi...

 

MOI, Makaya, je n ai pas fait des études de droit comme le Nganga Missoko de Yombi. Pour autant, je ne suis pas un taré du ciboulot. A force d'aller suivre les audiences là-bas au palais... d’injustice, j'ai fini par emmagasiner un tas de connaissances dans ce domaine, quoi.

Seulement-voilà : il est des situations que je n arrive toujours pas à comprendre avec mon niveau de certificat d’études indigènes-là. Il faut souvent qu'on me les explique. De quoi s’agit-il encore, mes chers frères Makaya abasourdis ? Eh bien, je veux revenir sur ce problème des gardes à vue vers lesquels est dirigé un faisceau accablant de preuves, mais qui finissent toujours par recouvrer la liberté une fois arrivés au tribunal.

L'autre jour, un quadragénaire a failli attraper une crise d'hypertension artérielle au palais où trônent nos hommes et femmes de droit. Le criminel supposé qu’il poursuivait a été tout simplement remis en liberté alors que de fortes présomptions pesaient contre lui. IL aurait, en effet, envoyé dans l'autre monde son ancien tuteur pour rester paisiblement avec les biens de ce dernier. Pire, le quidam disposerait de plusieurs pièces d’identité répondant à des noms différents. Selon le neveu du cousin germain du père de la tante de ma bonamie, c’est-à-dire mon propre « mougoye » ; qui a suivi l’affaire là-bas au tribunal, le juge chargé de l'affaire l'aurait libéré au motif qu’il poursuivait l’instruction du dossier.

Reparti au quartier, le présumé criminel s'est mis à narguer son voisin, clamant que le « pays est géré ».

S'il est vrai qu’on est présumé innocent jusqu’à ce que le tribunal établisse le contraire. S'il est vrai aussi qu'on peut être laissé en liberté sous contrôle judiciaire, il reste que parler comme la fait ce suspect fait peser un gros... soupçon sur la façon dont est "ministrée" la justice dans notre Gabon d'abord-là.

D'ailleurs, des instructions qui sont autant d'occasions pour enterrer des affaires, on en connaît un tas. Enfin, on sort d'un colloque, un de plus. Et on nous dit que ça va changer. On demande à voir, quoi...

 

Makaya

 

Source : Journal L'Union Plus du 20/03/2008

 

 



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Pour moi quoi… Makaya
A force d'aller suivre les audiences là-bas au palais