MOI, Makaya, je n
ai pas fait des études de droit comme le Nganga
Missoko de Yombi. Pour autant, je ne suis pas un
taré du ciboulot. A force d'aller suivre les
audiences là-bas au palais... d’injustice, j'ai
fini par emmagasiner un tas de connaissances
dans ce domaine, quoi.
Seulement-voilà :
il est des situations que je n arrive toujours
pas à comprendre avec mon niveau de certificat
d’études indigènes-là. Il faut souvent qu'on me
les explique. De quoi s’agit-il encore, mes
chers frères Makaya abasourdis ? Eh bien, je
veux revenir sur ce problème des gardes à vue
vers lesquels est dirigé un faisceau accablant
de preuves, mais qui finissent toujours par
recouvrer la liberté une fois arrivés au
tribunal.
L'autre jour, un
quadragénaire a failli attraper une crise
d'hypertension artérielle au palais où trônent
nos hommes et femmes de droit. Le criminel
supposé qu’il poursuivait a été tout simplement
remis en liberté alors que de fortes
présomptions pesaient contre lui. IL aurait, en
effet, envoyé dans l'autre monde son ancien
tuteur pour rester paisiblement avec les biens
de ce dernier. Pire, le quidam disposerait de
plusieurs pièces d’identité répondant à des noms
différents. Selon le neveu du cousin germain du
père de la tante de ma bonamie, c’est-à-dire mon
propre « mougoye » ; qui a suivi l’affaire
là-bas au tribunal, le juge chargé de l'affaire
l'aurait libéré au motif qu’il poursuivait
l’instruction du dossier.
Reparti au
quartier, le présumé criminel s'est mis à
narguer son voisin, clamant que le « pays est
géré ».
S'il est vrai qu’on
est présumé innocent jusqu’à ce que le tribunal
établisse le contraire. S'il est vrai aussi
qu'on peut être laissé en liberté sous contrôle
judiciaire, il reste que parler comme la fait ce
suspect fait peser un gros... soupçon sur la
façon dont est "ministrée" la justice dans notre
Gabon d'abord-là.
D'ailleurs, des
instructions qui sont autant d'occasions pour
enterrer des affaires, on en connaît un tas.
Enfin, on sort d'un colloque, un de plus. Et on
nous dit que ça va changer. On demande à voir,
quoi...