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Le quotidien l'Union du 20 Mars 2008

 

TRANSPORT FERROVIAIRE

Un train minéralier déraille entre Ayeme et Otoumbi
Outre la grande perte de minerai, l'accident a provoqué la destruction de la voie ferrée sur une longueur d'environ deux kilomètres. Obligeant les passagers du train spécial affrété dans le cadre
des 40 ans du PDG à vivre deux jours de galère.

 

UN train minéralier de la Compagnie minière de l'Ogooué (Comilog) a déraillé lundi 17 mars 2008, entre la gare d'Ayem et celle d'Otoumbi, à 300 kilomètres environ d'Owendo, le terminus du Transgabonais.

L'accident - imputable à la fois au mauvais état de la voie ferrée (des traverses complètement pourries), au fort tonnage transporté et à l'inexpérience des conducteurs des trains minéraliers, qui sont aussitôt mis à contribution après leur formation, au contraire de leurs homologues de la Société d'exploitation du Transgabonais (Setrag), si l'on s'en tient au explications d'un certain nombre d’agents de la Setrag que nous avons interrogés - a endommagé la voie ferrée du tronçon susmentionné, sur une distance d'environ deux kilomètres. Provoquant, du coup, des dégâts matériels importants (on parle de 20 wagons minéraliers sortis des rails cent une dizaines pourraient être irrécupérables) et une grosse perte de manganèse par comilog. Certes, les responsables interrogés au téléphone minimisent la perte du minerai, qu'ils chiffrent néanmoins à quelque 5000 tonnes, selon les premières estimations, en attendant d'en savoir davantage après l'enquête qui a été diligentée.

Cet accident, qui n'est du reste pas le premier du genre enregistré par la Comilog, a eu pour effets de rendre pénible la vie des centaines de passagers du train spécial en provenance de Lastoursville pour Owendo-Libreville, au lendemain des festivités du 40e anniversaire du Parti démocratique gabonais à Koula-Moutou.

Arrivés à la gare de Boué lundi 17 mars à 15 h 20, les infortunés voyageurs du train numéro 113, informés de l'accident, ont été contraints de passer la nuit à la gare, dans des conditions pour le moins précaires, du moins pour la plupart d'entre eux. Certains ont pu tout de même trouver des couchettes dans les cases de passage de ce -petit hameau de l'Ogooué-Ivindo dont la capacité d’accueil s'est avérée insignifiante au regard de la demande.

Après cette pénible nuit, il a été annoncé que le départ du train à l'endroit prévu pour le transbordement des passagers est prévu pour 8 heures. Malheureusement, ce n'est qu'à 11 heures 30 que le train partira de la gare de Boué pour cet endroit perdu au milieu de la forêt équatoriale, entre Ayeme et Otoumbi, où il est arrivé aux environs de 15 h.

Le calvaire de ces pauvres gens va se poursuivre. Car, il leur a fallu parcourir plus de deux kilomètres à pied dont une partie dans la forêt, bravant tous les dangers et difficultés inimaginables, tout cela sous un soleil de plomb, au point que beaucoup complètement déshydratés ont failli mourir (au propre) de soif.

Alors que les désespérés croyaient trouver le train déjà en stationnement, quelle n'a pas été leur surprise de voir qu'il n'en était rien, alimentant du coup les supputations les plus folles. Ils ont dû donc passer plus d'une heure à attendre l'arrivée du train de sauvetage, au grand plaisir des moucherons, des abeilles et des insectes de toutes sortes, qui les ont dévorés à satiété.

Quand le train de l'espoir arriva enfin, il fallut encore attendre plusieurs heures pour permettre aux bagagistes de transporter et d'embarquer le fret. C'est, finalement à 19 heures 31 que le train s'ébranla. Le voyage s'est effectué avec la hantise d'un déraillement. Si bien qu'à chaque mouvement brutal du train, les passagers se mettaient à crier. Stress et psychose, ceci jusqu'à l'arrivée à Owendo mercredi 19 mars 2008 aux environs de 2 h du matin.

 

Source : Journal L'Union Plus du 20/03/2008

 

 



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