UN train minéralier
de la Compagnie minière de l'Ogooué (Comilog) a
déraillé lundi 17 mars 2008, entre la gare d'Ayem
et celle d'Otoumbi, à 300 kilomètres environ
d'Owendo, le terminus du Transgabonais.
L'accident -
imputable à la fois au mauvais état de la voie
ferrée (des traverses complètement pourries), au
fort tonnage transporté et à l'inexpérience des
conducteurs des trains minéraliers, qui sont
aussitôt mis à contribution après leur
formation, au contraire de leurs homologues de
la Société d'exploitation du Transgabonais
(Setrag), si l'on s'en tient au explications
d'un certain nombre d’agents de la Setrag que
nous avons interrogés - a endommagé la voie
ferrée du tronçon susmentionné, sur une distance
d'environ deux kilomètres. Provoquant, du coup,
des dégâts matériels importants (on parle de 20
wagons minéraliers sortis des rails cent une
dizaines pourraient être irrécupérables) et une
grosse perte de manganèse par comilog. Certes,
les responsables interrogés au téléphone
minimisent la perte du minerai, qu'ils chiffrent
néanmoins à quelque 5000 tonnes, selon les
premières estimations, en attendant d'en savoir
davantage après l'enquête qui a été diligentée.
Cet accident, qui
n'est du reste pas le premier du genre
enregistré par la Comilog, a eu pour effets de
rendre pénible la vie des centaines de passagers
du train spécial en provenance de Lastoursville
pour Owendo-Libreville, au lendemain des
festivités du 40e anniversaire du Parti
démocratique gabonais à Koula-Moutou.
Arrivés à la gare
de Boué lundi 17 mars à 15 h 20, les infortunés
voyageurs du train numéro 113, informés de
l'accident, ont été contraints de passer la nuit
à la gare, dans des conditions pour le moins
précaires, du moins pour la plupart d'entre eux.
Certains ont pu tout de même trouver des
couchettes dans les cases de passage de ce
-petit hameau de l'Ogooué-Ivindo dont la
capacité d’accueil s'est avérée insignifiante au
regard de la demande.
Après cette pénible
nuit, il a été annoncé que le départ du train à
l'endroit prévu pour le transbordement des
passagers est prévu pour 8 heures.
Malheureusement, ce n'est qu'à 11 heures 30 que
le train partira de la gare de Boué pour cet
endroit perdu au milieu de la forêt équatoriale,
entre Ayeme et Otoumbi, où il est arrivé aux
environs de 15 h.
Le calvaire de ces
pauvres gens va se poursuivre. Car, il leur a
fallu parcourir plus de deux kilomètres à pied
dont une partie dans la forêt, bravant tous les
dangers et difficultés inimaginables, tout cela
sous un soleil de plomb, au point que beaucoup
complètement déshydratés ont failli mourir (au
propre) de soif.
Alors que les
désespérés croyaient trouver le train déjà en
stationnement, quelle n'a pas été leur surprise
de voir qu'il n'en était rien, alimentant du
coup les supputations les plus folles. Ils ont
dû donc passer plus d'une heure à attendre
l'arrivée du train de sauvetage, au grand
plaisir des moucherons, des abeilles et des
insectes de toutes sortes, qui les ont dévorés à
satiété.
Quand le train de
l'espoir arriva enfin, il fallut encore attendre
plusieurs heures pour permettre aux bagagistes
de transporter et d'embarquer le fret. C'est,
finalement à 19 heures 31 que le train
s'ébranla. Le voyage s'est effectué avec la
hantise d'un déraillement. Si bien qu'à chaque
mouvement brutal du train, les passagers se
mettaient à crier. Stress et psychose, ceci
jusqu'à l'arrivée à Owendo mercredi 19 mars 2008
aux environs de 2 h du matin.