MOI, Makaya, j'ai
assisté hier à une scène, là-bas 1bas du côté de
l’aviation, qui m’a conforté dans cette idée en
fait une évidence que je partage d'entre vous,
mes cher frères sans illusions. À savoir que les
mauvaises habitudes ont la vie dure dans notre
Gabon d’abord-là. Et que ce n'est certainement
pas au moyen d’appels répétés et, finalement,
incantatoires qu'on arrivera à les corriger,
quoi.
Alors, la scène
c'est quoi ? Trois agents affirmant appartenir à
la maison maire se présentent devant une
épicerie pour je ne sais quel contrôle. Manque
de pot pour eux, il y a parmi les clients un
officier supérieur (il n â pas précisé de quel
corps). Lequel ne manque pas de les interpeller
vivement sur la nature franchement bizarre de
leur mission un dimanche des Rameaux.
Il faut dire que le
bout de papier qu’ils exhibent semble ressembler
à tout, sauf à un ordre démission clair. Gênés,
nos agents tentent de mêler à leur démarche une
grande entreprise. Mais ni l'officier supérieur,
ni l'épicier, heureux d'un tel renfort, ne s'en
laissent conter. Le tout, sous l’œil goguenard
des autres clients.
Et voilà nos agents
obligés de battre en retraite. Ils iront
racketter ailleurs. Parce que là-dessus, la
doctrine de l'officier est faite : ce n'est ni
plus ni moins que du racket. Mais enfin, ça veut
dire quoi qu’il a pesté. Que moi, le gradé, je
peut me mettre là au milieu de la chaussée et
commencer à arrêter tout le monde et n’importe
qui au seul motif que je suis officier ? Hélas,
mon officier, les choses se passent
malheureusement trop souvent ainsi !
À la maison-maire
(où dans le même temps, on laisse des chiens
écrasés par des automobilistes se décomposer au
bord des rues, qu’il a regretté), comme parmi
nos corps, d’ailleurs. Et tant qu'on ne prendra
pas la décision de réprimer sévèrement de tels
comportements, au vu et au su de tous, on peut
être sûr qu'on les subira pendant longtemps
encore, quoi...