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Le quotidien l'Union du 14 Mars 2008

 

 

MATIERES PREMIERES AGRICOLES

L'alimentation de plus en plus chère
Les cours du blé, du café, du sucre, du lait, des céréales... atteignent, depuis deux ans, des sommets sur les marchés internationaux avec des conséquences sur le pouvoir d'achat des ménages et des industries agro-alimentaires. Quels seront les effets à court terme de ces bouleversements dans les pays
en voie de développement ?

 

LE phénomène est depuis observable dans les supermarchés. De Paris à Djibouti, de Pékin à Douala, de Ouagadougou à Libreville... les produits alimentaires sont de plus en plus chers.

Depuis deux ans, les matières premières agricoles connaissent, en effet, une envolée exceptionnelle dans quasiment toutes les régions du monde.

Sur les marchés mondiaux des matières premières, le blé a flambé de 287% depuis le 1er janvier 2006.

Dans son sillage, le maïs et le soja ont pris respectivement 149% et 129, tandis que les prix du riz ont grimpé de 60%, ceux du café de 139% et ceux du jus de fruit de 23%.

L'indice de l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) mesurant l'évolution des prix alimentaires dans le monde a même bondi de près de 40% l'an dernier. Mais quelles sont les raisons de cette hausse ?

Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer cette flambée des prix. Elle tiendrait principalement aux aléas climatiques et à des effets structurels dans le secteur agro-alimentaire.

Selon plusieurs experts, le stock mondial de blé n'a jamais été aussi bas depuis 1981. Aux Etats-Unis, troisième producteur mondial de blé, la production a été mise à mal par les fortes pluies qui se sont abattues sur les grandes plaines du sud des Etats-Unis.

En Ukraine et en Australie, la sécheresse des terres cultivables a contraint ces pays à suspendre leurs exportations.

Enfin, la vague de pluie et froid qui a secoué l'Europe en 2006 a provoqué des moissons médiocres.

Résultat : les prévisions à la baisse de la récolte mondiale 2007-2008 ont pesé sur les cours des matières premières agricoles.

L'autre facteur clé est d'ordre structurel. La demande mondiale de céréales est de plus en plus croissante chaque année, du fait de la pression démographique mondiale et de l'évolution des modes de vie dans les pays émergents comme la Chine et l'Inde.

Cette dernière a pour effet une modification des pratiques alimentaires notamment par l'adoption d'une alimentation à base de viande, nécessitant plus de bétail donc plus de maïs, blé ou soja pour les nourrir ...et donc de la composition des produits agricoles.

De plus, l'essor des biocarburants "appelés aussi agro carburants" à travers le monde commence à concurrencer la production alimentaire, et à bouleverser le jeu.

Avec l'envolée du prix du baril de pétrole, ces carburants alternatifs sont très prisés.

« Les usines de diesel  à base de colza se multiplient le blé et le maïs sont aussi utilisés, pour produire de l’éthanol la moitié de la production américaine de maïs est désormais dédiée à cet usage » explique l'un des spécialistes des matières premières sur le marché Nyse-Euronext. Ce sont les effets conjugués de ces facteurs qui créent donc la pénurie.

CONSEQUENCES Une inflation qui se ressent âprement sur la chaîne de production alimentaire mondiale contraignant industriels et distributeurs à augmenter les prix des aliments, au grand dam des consommateurs.

Selon un expert du Fonds mondial pour l'alimentation (FAO), les pays pauvres seront les plus touchés et particulièrement les populations urbaines, qui ne produisent pas de denrées.

« Quand 90% des dépenses vont à la nourriture, une augmentation de 20% du prix des céréales est tout simplement dramatique », explique Françoise Gérard, économiste au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad).

La FAO prévoit que pour tout les pays à faible revenu et en déficit alimentaire, les importations de céréales en 2007/2008 devraient diminuer d'environ 2% en volume, mais en raison de la hausse des prix des céréales et des taux de fret internationaux, leur facture d'importation de céréales devrait augmenter de 35% pour la 2e année consécutive.

Importateur net de produits alimentaires en provenance de l'Occident, l'Afrique se trouve de plus en plus fragilisée. Le renchérissement des prix des denrées alimentaires va accroître les effets négatifs sur le panier de la ménagère (diminution du pouvoir d'achat) et attiser la contestation sociale dans plusieurs capitales africaines, à l'image de Douala (Cameroun) ou Bobo-Dioulasso (Burkina Faso).

Les industries agro-alimentaires africaines vont subir également de plein fouet ces fluctuations à la hausse des cours mondiaux.

Ce phénomène peut s'illustrer dans le secteur brassicole pour lequel les céréales représentent la moitié des coûts de production. On ne peut s'attendre qu'à des augmentations inéluctables comme c'est déjà le cas dans tous les pays de la sous-région et partout ailleurs dans le monde.

De fait, la plupart de ces industries agro-alimentaires issues du secteur privé et très peu subventionnées par les Etats supportent au fil des mois des coûts de productions supplémentaires. Mais jusqu'à quand ?

En France, par exemple, la flambée du blé fait peser une menace de hausse des prix sur les produits alimentaires, notamment la baguette de pain, le poulet, le porc, les pâtes, etc...

La poudre de lait a augmenté de 75 % depuis un an, le beurre de 50 % en 10 mois, le maïs de plus de 35 % et le cacao de 25 % depuis janvier.

Gageons que cette inflation puisse rapidement être contrôlée par les pouvoirs publics en apportant leur appui en vue de soulager le panier de la ménagère.

 

Source : Journal L'Union Plus du 14/03/2008

 

 



    OUVERTURE, A DAKAR HIER DE LA 11E SESSION DE L’ORGANISATION DE
LA CONFERENCE ISLAMIQUE(OCI
)
Me Abdoulaye Wade nouveau président en exercice

 

 

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