AU sortir de son
Conseil d'administration qui s'est tenu hier, à
son siège social de Libreville, la Société
d'énergie et d'eau du Gabon a annoncé qu'elle
avait enregistré, pour l'exercice 2007, une
perte sèche de près de 6 milliards de francs.
Ce, malgré une consommation soutenue en
électricité et une progression de son chiffre
d'affaires, déclare la Dame des eaux. Qui
affirme que cette perte de 6 milliards de francs
a été limitée grâce à l'intervention de l'Etat.
Les événements
exceptionnels de l'année dernière peuvent
expliquer cette situation. La capitale et ses
environs avaient connu une crise de l'énergie
qui a provoqué, durant trois semaines, des
délestages tournants.
Pour y mettre un
terme, la SEEG a dû recourir à une production
énergétique à partir du gazole pour pallier le
déficit pluviométrique présenté à cette époque
comme la source de ses malheurs. Cette
production l'avait donc conduit à dépenser plus
de 50 milliards de francs (contre 23 milliards
de francs en 2006).
Malgré ces
difficultés d'exploitation, la Dame des eaux a
investi près de 20 milliards de francs notamment
pour préparer l'arrivée du gaz à Libreville et
renforcer la centrale d'Owendo avec deux groupes
d'une puissance de 15 mégawatts en mars et juin
dernier. A ces éléments, se joindront bientôt
deux turbines à combustion qui sont présentement
en cours de réhabilitation et une troisième
turbine à combustion qui a été commandée à la
fin de l'année dernière. Ces machines
fonctionnant au gaz devraient permettre à la
Société d'énergie et d'eau du Gabon de disposer
d'une puissance qui serait proche des capacités
de Kinguélé et Tchimbélé.
Cependant, malgré
le fait que ces données poussent à penser que
seuls la capitale et ses alentours en sont les
uniques bénéficiaires, l'intérieur du pays est
aussi concerné par ce renforcement des capacités
de production de la SEEG. Ainsi, après six mois
de coupures intempestives, la ville de Lambaréné
vient de recevoir de nouveaux groupes
électrogènes. Une situation qui donne
l'impression que peu de localités sont
aujourd'hui à l'abri des délestages.
Outre le fait
d'arrêter les comptes de l'exercice 2007, le
Conseil d'administration, qui s'est tenu durant
le séjour du président de Veolia Patrice
Fonlladosa, a préparé l'assemblée générale des
actionnaires de mai prochain.