LES expulsions
"abusives" de deux de nos
compatriotes de France et la campagne de
dénigrement dont le président de la
République, Omar Bongo Ondimba, fait l'objet
de la part des médias et ONGs français ont
constitué l'essentiel des préoccupations des
sénateurs et des députés au cours de la
séance exceptionnelle qui a réuni hier mardi
11 mars 2008 les deux chambres du Parlement
au palais Léon Mba, siège de l'Assemblée
nationale. Une première dans l'histoire
politique du Gabon.
Dans une
déclaration lue par le sénateur Emile Kassa
Mapsi, le Parlement gabonais a, en effet,
exprimé son "étonnement et son
indignation" face à l'expulsion récente,
dans des conditions quelque peu cavalières
et "inhumaines", de deux étudiants
gabonais poursuivants leurs études en France
et plus encore face à « l'interpellation
irrévérencieuse dont est l'objet le
président de la République, Omar Bongo
Ondimba par des associations étrangères de
droit privé ». Sans pour autant
connaître les motivations des uns et des
autres.
Pour les
sénateurs comme pour les députés, « le
Gabon est toujours resté fidèle à ses
engagements internationaux, tout comme il
s'est toujours employé à respecter
scrupuleusement les accords qu'il a
régulièrement signés et qui visent notamment
à protéger ses ressortissants, à
l'étranger ». C'est pourquoi ils
s'insurgent contre l'expulsion des deux
étudiants gabonais laquelle constitue à leur
entendement un dysfonctionnement qui doit
être corrigé. Reste maintenant à savoir si
leurs partenaires entendent bien se plier à
cette demande.
En attendant,
députés et sénateurs, quoique conscients de
ce que les ONGs et les médias jouent à
travers le monde un rôle important, ne
comprennent pas néanmoins leur propension à
se substituer aux Etats et aux pouvoirs
publics. « Une démarche qui peut
gravement nuire au fonctionnement d'un Etat
de droit, à la dignité, à la notoriété de
ses dirigeants ou du peuple tout entier »,
peut-on lire dans la déclaration. A moins de
croire qu'il s'agit-là d'associations
déguisées et qui, sous-couvert d'un intérêt
respectable, poursuivent en réalité des
intérêts moins nobles, telle que la
déstabilisation programmée d'un Etat ou
d'une structure.
D'autant que
les parlementaires ne comprennent pas qu’une
affaire déjà jugée et classée sans suite,
puisse devenir un motif d'interpellation et
de dénonciation d'un chef d'Etat. Ils
estiment donc qu'il n'est ni raisonnable ni
responsable que des personnes morales de
droit privé cherchent à déroger à la
souveraineté d'un Etat et tentent d'initier
des actions de mise en accusation d'un chef
d'Etat.
Jaloux de leur
prérogative d'être avec la justice les seuls
habilités à mettre en accusation les
autorités gabonaises, sénateurs et députés
ont voté une résolution qui tend
manifestement à rappeler aux uns et aux
autres la détermination du peuple gabonais à
défendre son chef.