Le Premier ministre ivoirien qui est arrivé à
Libreville hier pour une brève visite d'amitié
et de travail, a échangé avec le chef de l'Etat
dans la journée. L'entretien a tourné autour de
l'évolution de la situation politique en Côte
d'Ivoire. Sur le plan national, le président a
également reçu M. Pierre Mamboundou.
LE Premier ministre
ivoirien, Guillaume Soro, est arrivé à
Libreville hier en matinée, dans le cadre d'une
visite d'amitié et de travail de 24 heures. Dans
la journée, il a été reçu en audience par le
chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba. L'entretien
entre les deux hommes a eu lieu au palais de la
présidence de la République.
Outre les questions
liées aux relations bilatérales, le président
gabonais et le Premier ministre ivoirien ont
évoqué l'évolution de la situation politique en
Côte d'Ivoire. M. Soro est venu informer le
doyen des chefs d'Etat d'Afrique de l’évolution
de la mise en application de l'accord de
Ouagadougou dont le premier anniversaire a été
célébré le 04 mars dernier par tous les
politiques ivoiriens. Le principal objectif
étant d'organiser des élections transparentes et
sincères d'ici la fin de l'année.
Guillaume Soro a
reconnu que dans ce sens un gros travail a été
fait, en dépit de quelques difficultés que l'on
pourrait surmonter avec un
peu plus de volonté
de la classe politique ivoirienne. Dans le cadre
de ce qui a déjà été réalisé, l'hôte du
président de la République a cité les audiences
foraines qui ont permis à plus de 300 000
personnes d'obtenir des jugements supplétifs ;
la poursuite des inscriptions sur Tes listes
électorales ; le recensement du collège
électoral, la confection et la production des
cartes d'électeurs, etc.
Pour sa part, Omar
Bongo Ondimba a noté avec satisfaction les
progrès accomplis depuis la signature de
l'accord de Ouagadougou. Le doyen des chefs
d'Etat africains a également réitéré les
conseils qu'il avait déjà donnés aux autres
acteurs politiques ivoiriens depuis le début de
l'année, notamment le président Laurent Gbagbo
qui était à Libreville le 29 janvier 2008, et
Alassane Dramane Ouattara qu'il a rencontré,
toujours à Libreville, le 13 février dernier.
Dans l'ensemble, le
chef de l'Etat encourage toute la classe
politique à poursuivre leurs efforts afin de
traverser sans heurts cette période que l'on
peut considérer comme étant celle de transition,
devant aboutir à la naissance d'une nouvelle
République après les élections
présidentielles...
Sur le plan
national, le N°1 gabonais a reçu le président de
l'Union du peuple gabonais (UPG), parti de
l'opposition. Les deux hommes ont
essentiellement évoqué le processus électoral
dans la perspective des prochaines élections
locales du 27 avril 2008. Pierre Mamboundou est
parti dire au chef de l'Etat son souhait de voir
ce scrutin se dérouler de manière correcte,
c'est-à-dire dans le respect des dispositions
des textes en vigueur.
Entre autres
aspects évoqués par le leader de l'opposition,
celui lié au phénomène du transfert abusif des
électeurs. Attitude tant décriée par la classe
politique gabonaise, mais toujours adoptée,
selon toute vraisemblance, par les principaux
acteurs politiques. Toutefois, sur cette
question
M. Mamboundou a
interpellé le gouvernement et la Cénap, pour
qu'ils prennent leurs responsabilités afin
d'endiguer ce manquement compromettant quant à
la sincérité du futur scrutin.
En outre, Pierre
Mamboundou a exprimé son indignation par rapport
à la cabale montée contre le président Omar
Bongo Ondimba par les médias et certains
politiques français. Cependant, il a souligné
que le caractère particulier des relations entre
le Gabon et la France exige que l'on prenne
toutes les dispositions, de part et d'autre,
pour éviter de jeter davantage de l'huile sur le
feu.