LA police de l'air
et des frontières (PAF) de l'aéroport
international Léon Mba de Libreville a refoulé
mardi soir un Français sans visa qui venait
travailler dans le très lucratif secteur
pétrolier gabonais. Excédé par les reconduites
injustes de ses ressortissants aux frontières
françaises, de surcroît dans des
conditions humiliantes, le Gabon a promis lundi
d'appliquer la réciprocité, en expulsant les
Français en situation irrégulière sur son
territoire.
De sources
policières, ils sont environ un millier, soit le
dixième des effectifs. Ils évoluent
principalement dans les secteurs pétrolier,
forestier et hôtelier, mais aussi dans
l'organisation de loisirs, un domaine où l'on
relève une dépravation accélérée des mœurs.
Les agents de
police se montreront intransigeants lors de
contrôles. Tout comme la PAF, qui a noté que les
ressortissants français ont pris l'habitude
d'éviter soigneusement le consulat du Gabon en
France, pour se faire délivrer le visa à
l'aéroport.
Hier, quelques
français se sont souvenus de l'existence de la
direction générale de la Documentation et de
l'Immigration, où ils se sont rendus, pour
tenter de régulariser leur situation. Il était
certainement trop tard.
Interrogés mardi,
de nombreux Gabonais ont dit espérer que "la
fermeté du gouvernement ne sera pas une simple
humeur passage", qu'elle "s'inscrira dans
la durée, tant qu'on ne nous traitera pas comme
des partenaires égaux".
Il est loin le
temps où le Gabonais pouvait tolérer qu'on
prenne quelques libertés avec la courtoisie à
son égard.