LES transporteurs
d'hydrocarbures ont reçu, il a quelque temps,
l’ordre de renouveler ou de renforcer leurs
parcs automobiles. Cette recommandation était
intervenue après que les transporteurs ont
obtenu l'augmentation du prix du carburant, la
troisième du genre en quelques années. En effet,
le gouvernement, via la Caisse de stabilisation
et de péréquation, et les transporteurs
s'étaient mis d'accord sur la hausse du prix du
carburant à la pompe à hauteur de 30%. Et la
condition du gouvernement était justement de
voir les opérateurs économiques améliorer leurs
équipements en vue d'augmenter la capacité de
transport vers l'intérieur du pays, notamment, à
partir des dépôts de Lambaréné et Ndjolé.
En d'autres termes,
ceux qui n'investiront pas, ne bénéficieront pas
de renouvellement de leurs contrats. Le 12
février 2008 dernier, les responsables de la
Caisse de stabilisation et de péréquation et les
transporteurs se sont retrouvés pour faire le
point de l'année écoulée.
Le constat qui
s'était dégagé est que certains transporteurs
avaient pris à la légère les injonctions de la
commission permanente de renouvellement et
d'attribution des agréments, celles de
renouveler les équipements et d'arrêter de
mettre en circulation, les camions-citernes de
plus de 14 ans (pour Libreville) et de plus de 7
ans (pour l'intérieur du pays) à partir du 1er
juin 2008.
Il faut dire que
presque tous les opérateurs membres de l'Amicale
des transporteurs d'hydrocarbures ont commencé à
se conformer à cette recommandation. C'est le
cas, par exemple, de Mika Transport (MT) qui a
investi environ un milliard de francs à cet
effet.
Il y aurait,
malheureusement un opérateur basé dans la
province du Moyen-Ogooué qui s'entête encore à
faire circuler de vieux camions citernes. Ce qui
constitue un réel danger à la fois pour les
populations et pour l'environnement.
Au regard de tout
ce qui précède, la commission permanente a sommé
l'ensemble des transporteurs de renouveler leurs
équipements, sous peine de sanctions sans
complaisance. Les autres points évoqués au cours
de la rencontre du mois dernier concernent,
entre autres, les missions de contrôles auprès
des dépôts et des bases des transporteurs et le
coût des agréments.
L'on retiendra que,
dorénavant, le renouvellement et l'attribution
des agréments seront contrôlés par la commission
permanente d'attribution d'agréments. Les
missions de contrôles seront effectuées par les
membres de cette commission, lesquels devront
être accompagnés d'un représentant des
transporteurs, de la Caisse de stabilisation et
de péréquation, et de la Direction générale des
hydrocarbures.
Les transporteurs
ne disposant pas d'une base aux normes
pétrolières de sécurité ne se verront pas
renouveler leurs agréments en juin prochain.
Car, il serait inconcevable qu'après les efforts
consentis par les pouvoirs publics en leur
faveur, l'on ait encore des opérateurs qui ne se
contentent que de gagner de l'argent sans
investir.
Le renouvellement
de l'agrément est également conditionné par la
régularisation par les entreprises, de leur
situation au niveau de la Caisse nationale de
sécurité sociale (CNSS), du fisc, des impôts,
etc. En outre, le coût de renouvellement de
l'agrément de transport sera revu à la hausse
(il serait pour l'instant de 100 000 francs),
afin de permettre à la commission permanente de
faire des contrôles auprès des transporteurs
véreux.
S'agissant du
problème du jaugeage des camions-citernes, et
compte tenu des travaux qu'effectue actuellement
la Douane au niveau de ses installations
d'Oloumi, les participants à ladite table-ronde,
ont évoqué la nécessité de disposer de nouveaux
postes de jaugeage. L'on apprend par ailleurs,
que la Douane serait en train d'examiner avec un
prestataire la possibilité de lui confier cette
mission.
L'autre
recommandation est liée au fait qu'il doit
désormais être mentionné sur les
camions-citernes, le nom et le (ou les) numéro
de chaque transporteur pour faciliter son
identification. Enfin, les transporteurs
d'hydrocarbures doivent disposer des assurances
spécifiques à leurs métiers et aux produits
transportés.
En cas d'accident
ou de perte d'une quelconque quantité de
carburant, le transporteur sera le seul
responsable. En tout cas, le président de la
commission permanente d'attribution d agréments,
M. Assoumou Ossyma, tient au respect de toutes
les recommandations.