FIN DU COLLOQUE SUR LA
JUSTICE
Servir la loi
rien que la loi
C'est la consigne du ministre garde des Sceaux,
Martin Mabala au corps judiciaire, pour "une
justice fiable, compétitive et respectueuse des
valeurs" dans notre pays.
APRES trois jours
d'intenses mais bénéfiques échanges qui ont
permis au système judiciaire gabonais de mener
une réflexion approfondie sur son avenir, le
colloque organisé sur «l'amélioration du
service public de justice et les orientations du
gouvrement en matière de politique judiciaire»
s'est achevé mercredi 27 février 2008 au
ministère de l'Economie forestière.
Comme à l'ouverture, en
présence des sommités du corps judiciaire
national, dont Martin Akendengué, Gilbert
Ngoulakia, Antoine Nguéma Essono, Pierrette
Ndjouassa... c'est Martin Mabala le garde des
Sceaux qui a clos les travaux. Le membre du
gouvernement est satisfait. Non seulement de la
qualité des travaux, mais que chaque
participant, à son niveau, ait poussé à la roue
pour asseoir davantage le rayonnement de notre
justice. En effet, les trois jours de travaux
ont permis aux différents participants de
mesurer l'ampleur des dangers qui guettent la
corporation et contre lesquels les composantes
de la justice sont invitées à se coaliser.
Gageons que les modules
qui ont meublé les discussions et nourri les
échanges ont trouvé leur fondement dans
l'ampleur des défis à relever.
Les assises qui s'achèvent
avaient une finalité, celle de fournir une
réponse à la question : « Que faire en vue de
permettre la renaissance de la justice
gabonaise ?» Sinon, « Quel chemin
explorer, quelles armes fournir, quelles valeurs
cultiver » pour affermir l'aura du corps
judiciaire et ainsi, consolider le cordon
ombilical qui la lie à la Nation ? Autant de
questionnements qui ont motivé Martin Mabala à
réaffirmer son souci de redorer, autant que
faire se peut, ce conformément aux orientations
du gouvernement et en respect des consignes
édictées par le président de la République, Omar
Bongo Ondimba, le blason terni de notre justice
davantage gagnée par l'anarchie?
Le garde des Sceaux a
rappelé l'importance que le président de la
République et le Premier ministre attachent à
l'amélioration des performances de notre système
judiciaire. Ainsi, le ministre a invité les
hommes en toge à améliorer leurs comportements.
Car, en tant que « chevaliers intrépides de
l'éthique et militants authentiques de la
vérité » ceux-ci ne doivent en aucun cas
être les otages de quelque
Chapelle que ce soit,
encore moins les serviteurs « indignes
d'intérêts répugnants (...) Leur seule religion
est seulement la loi », a renchéri Martin
Mabala.
FACTEURS ET
RECOMMANDATIONS
S'agissant des
lenteurs de la justice, les participants ont
observé quelques facteurs endogènes : l'abus des
procédures dilatoires par les auxiliaires, le
mauvais classement des dossiers, l'usage abusif
des mandats de justice, la participation des
magistrats au processus électoral, etc. Et
exogènes avec la dépendance des magistrats
vis-à-vis des auxiliaires de justice et des
experts...
S'agissant des relations
entre le siège et le parquet : l'existence des
conflits entre le parquet et les juges
d'instruction, entre le parquet et le président
du Tribunal (opacité dans la gestion des crédits
alloués aux juridictions). Sur l'observance de
la probité morale : le non-respect du serment.
Il y a aussi, en ce qui concerne la gestion
administrative des juridictions entre autres
écueils: l'insécurité du palais de justice, la
méconnaissance de la déontologie,
l'insubordination de certains agents, etc.
Devant un constat aussi
désolant, le colloque recommande :
l'accroissement des inspections internes,
l'extension de la formation continue à tous les
personnels, l'accroissement significatif de la
fréquence des audiences criminelles,
l'augmentation des crédits de fonctionnement et
d'investissement, l'accroissement des effectifs,
la réglementation des conditions de départ en
détachement et partant, la saisine préalable du
garde des Sceaux avant toute désignation des
personnels dans les commissions électorales.
La réaffirmation et la
clarification des rapports d'autorité et de
collaboration entre les magistrats et les
auxiliaires. Enfin, la réaffirmation de
l'obligation d'informer au quotidien, en temps
réel, le ministre garde des Sceaux premier
détenteur de l'action juridique et maître des
poursuites.
Les participants se
félicitent du reste de la qualité des échanges
ayant dominé les travaux du colloque et ont
souhaité unanimement la pérennité des forums de
ce type.