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Le quotidien l'Union du 26 au 28 mai 2007

 

BIODIVERSITÉ ET CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Sensibiliser oui, mais aussi sanctionner

Au-delà des mots et du degré ascendant de pollution nationale, la solution se trouve peut-être ailleurs que dans les discours traditionnels invitant à la sensibilisation et à la conscientisation. L'échec de ces différents appels suggère d'autres options dont la plus évidente demeure l'application systématique de sanctions aux contrevenants.

LE goût du lucre peut détruire une nation. L'incivisme et la négligence ruiner un pays. Le Gabon est menacé. Par ses propres habitants, par son hospitalité économique, et par sa frilosité à sanctionner. Le

danger est pourtant là. La catastrophe imminente. Le Gabon n' y échappera pas si des mesures urgentes et draconiennes ne sont pas prises. Il pourrait même être tenu pour responsable à l'échelle planétaire. Lui, (tout comme le Brésil d'ailleurs) que la nature a placé au coeur d'une zone névralgique pour la survie de l'humanité: la deuxième réserve forestière mondiale. Le second poumon de l'humanité. Le massif forestier du Bassin du Congo et sa biodiversité unique. Le Gabon l'a sans doute compris en érigeant en parcs naturels 11% de son territoire (environ 30.000 km2). Soit l'équivalent en superficie de la Guinée équatoriale (28.000 km2) mis entièrement à la disposition des générations futures, du patrimoine écologique mondial.

Aucun pays jusque-là ne l'avait fait auparavant. Alors, de telles mesures, il faut les encadrer en expliquant sans cesse leurs enjeux. Car aujourd'hui, les différents écosystèmes et leurs fonctions éléments nous procurent tous les éléments essentiels de la vie, sont menacés par les variations climatiques résultante de l'activité destructrice de l'Homme et le laxisme de nos gouvernants.

"Les conséquences des changements climatiques sur nos écosystèmes, particulièrement vulnérables, modifient le fonctionnement et la recherche effrénée de l'amélioration des conditions de vie de ces dernières décennies (..). Si nous ne réagissons pas, plusieurs espèces, dont l'espèce humaine, ne pourraient pas s'adapter rapidement aux nouvelles conditions" a déclaré le vice-Premier ministre en charge de l'Environnement, lors de la journée internationale de la biodiversité.

Un message en forme de mise en garde avant qu'il ne soit trop tard ...Georgette Koko dévoile une vision quasi-apocalyptique qui n'est pas loin de la réalité. Alors, elle prévient avec douceur et réalisme. "Avec les menaces que nos comportements individuels et collectifs font peser sur la biodiversité et le climat, ce sont des pans entiers de notre économie qui pourraient connaître un avenir sombre".

L'environnement et l'économie, ces éléments, au demeurant rivaux, ont bien torts de ne pas s'unir dans un mariage de raison. Même si l'alliance confectionnée sous le terme, à la mode de développement durable, bute encore inexorablement contre l'intérêt mercantile.

Agriculture, chasse, pêche, tourisme... autant de domaines menacés, autant d'actions à mener. L'urgence suggère donc l'union forcée. La survie de nos populations est en jeu, martèle le vice-premier ministre. En un mot, il faut mettre tout le monde au pas, nationaux et étrangers. Soumettre à ces derniers, les impératifs environnementaux du Gabon en les obligeant à se conformer aux lois relatives à l'environnement et à la protection de la nature.

«Les partenaires économiques que notre pays a librement choisi pour l'accompagner dans son développement doivent résolument s'inscrire dans une optique de développement durable qui concilie l'exploitation des ressources naturelles avec les impératifs de préservation de notre environnement» clame t-elle.

SANCTIONNER. Contre l'insalubrité entretenue, le péril des ordures, la pollution des eaux avoisinantes, les premières alertes de maladie n'ont pas convaincu de la nécessité de réagir promptement. L'épidémie actuelle nous rappelle cette légèreté. Il coûte cher à l'Etat et au contribuable. Et nous ne sommes pas à l'abri d'une autre plus virulente voir mortelle. La santé publique court de grands risques.

L'appui des ONG est certes un atout indispensable dans cette croisade urbaine antipollution mais demeure peu efficace en termes de résultats. Ces campagnes de civisme écologique sont loin de récolter tous les fruits attendus, et ressemblent plutôt à des coups d'épée dans l'eau. Libreville croule sous le poids et la pestilence des ordures et autres détritus, les auteurs de pollutions maritimes ne sont f as inquiétés, l'exploitation forestière, sans surveillance, détruit des écosystèmes entiers...

Il faudrait, peut-être, appliquer le principe du pollueur-payeur. L'intervention providentielle du gouvernement est, à ce titre, inéluctable. L'Etat devrait user de son monopole de la contrainte, en infligeant de lourdes sanctions aux particuliers, aux sociétés et aux multinationales, comme au Rwanda d'ailleurs. Dans ce pays, il est par exemple interdit d'uriner dans les lieux publics, de marcher pieds nus ou encore d'utiliser des sacs en plastiques sous peine d'amendes salées de a part de l'autorité rwandaise pour l'environnement. Et ça marche. Les rues sont absolument propres, les opérateurs économiques et les particuliers se sont depuis pliés aux injonctions de propreté du gouvernement.

A l'occasion donc dé la semaine nationale de l'environnement qui débute dans quelques jours, on souhaiterait entendre de la tutelle qui, il faut le reconnaître, s'efforce corps et âme de donner une dimension nationale à sa lutte pour la préservation de notre environnement, l'application systématique de mesures répressives à l'encontre de tout contrevenant à la salubrité publique. Coller des amendes tout simplement. Et pourquoi pas enfin, mettre sur terrain cette fameuse brigade de l'environnement. Ce sera dur, mais on n'a peut-être plus d'autres choix. Mieux vaut prévenir que guérir et qui aime bien châtie bien.

Source : Journal L'Union Plus du 26 au 28/05/2007

 



   

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