BIODIVERSITÉ ET CHANGEMENTS
CLIMATIQUES
Sensibiliser oui, mais aussi sanctionner
Au-delà des mots et du degré
ascendant de pollution nationale, la solution se
trouve peut-être ailleurs que dans les discours
traditionnels invitant à la sensibilisation et à
la conscientisation. L'échec de ces différents
appels suggère d'autres options dont la plus
évidente demeure l'application systématique de
sanctions aux contrevenants.
LE goût du lucre peut
détruire une nation. L'incivisme et la
négligence ruiner un pays. Le Gabon est menacé.
Par ses propres habitants, par son hospitalité
économique, et par sa frilosité à sanctionner.
Le
danger est pourtant là. La
catastrophe imminente. Le Gabon n' y échappera
pas si des mesures urgentes et draconiennes ne
sont pas prises. Il pourrait même être tenu pour
responsable à l'échelle planétaire. Lui, (tout
comme le Brésil d'ailleurs) que la nature a
placé au coeur d'une zone névralgique pour la
survie de l'humanité: la deuxième réserve
forestière mondiale. Le second poumon de
l'humanité. Le massif forestier du Bassin du
Congo et sa biodiversité unique. Le Gabon l'a
sans doute compris en érigeant en parcs naturels
11% de son territoire (environ 30.000 km2). Soit
l'équivalent en superficie de la Guinée
équatoriale (28.000 km2) mis entièrement à la
disposition des générations futures, du
patrimoine écologique mondial.
Aucun pays jusque-là ne
l'avait fait auparavant. Alors, de telles
mesures, il faut les encadrer en expliquant sans
cesse leurs enjeux. Car aujourd'hui, les
différents écosystèmes et leurs fonctions
éléments nous procurent tous les éléments
essentiels de la vie, sont menacés par les
variations climatiques résultante de l'activité
destructrice de l'Homme et le laxisme de nos
gouvernants.
"Les conséquences des
changements climatiques sur nos écosystèmes,
particulièrement vulnérables, modifient le
fonctionnement et la recherche effrénée de
l'amélioration des conditions de vie de ces
dernières décennies (..). Si nous ne réagissons
pas, plusieurs espèces, dont l'espèce humaine,
ne pourraient pas s'adapter rapidement aux
nouvelles conditions" a déclaré le
vice-Premier ministre en charge de
l'Environnement, lors de la journée
internationale de la biodiversité.
Un message en forme de mise
en garde avant qu'il ne soit trop tard
...Georgette Koko dévoile une vision
quasi-apocalyptique qui n'est pas loin de la
réalité. Alors, elle prévient avec douceur et
réalisme. "Avec les menaces que nos
comportements individuels et collectifs font
peser sur la biodiversité et le climat, ce sont
des pans entiers de notre économie qui
pourraient connaître un avenir sombre".
L'environnement et
l'économie, ces éléments, au demeurant rivaux,
ont bien torts de ne pas s'unir dans un mariage
de raison. Même si l'alliance confectionnée sous
le terme, à la mode de développement durable,
bute encore inexorablement contre l'intérêt
mercantile.
Agriculture, chasse, pêche,
tourisme... autant de domaines menacés, autant
d'actions à mener. L'urgence suggère donc
l'union forcée. La survie de nos populations est
en jeu, martèle le vice-premier ministre. En un
mot, il faut mettre tout le monde au pas,
nationaux et étrangers. Soumettre à ces
derniers, les impératifs environnementaux du
Gabon en les obligeant à se conformer aux lois
relatives à l'environnement et à la protection
de la nature.
«Les partenaires économiques
que notre pays a librement choisi pour
l'accompagner dans son développement doivent
résolument s'inscrire dans une optique de
développement durable qui concilie
l'exploitation des ressources naturelles avec
les impératifs de préservation de notre
environnement» clame t-elle.
SANCTIONNER. Contre
l'insalubrité entretenue, le péril des ordures,
la pollution des eaux avoisinantes, les
premières alertes de maladie n'ont pas convaincu
de la nécessité de réagir promptement.
L'épidémie actuelle nous rappelle cette
légèreté. Il coûte cher à l'Etat et au
contribuable. Et nous ne sommes pas à l'abri
d'une autre plus virulente voir mortelle. La
santé publique court de grands risques.
L'appui des ONG est certes un
atout indispensable dans cette croisade urbaine
antipollution mais demeure peu efficace en
termes de résultats. Ces campagnes de civisme
écologique sont loin de récolter tous les fruits
attendus, et ressemblent plutôt à des coups
d'épée dans l'eau. Libreville croule sous le
poids et la pestilence des ordures et autres
détritus, les auteurs de pollutions maritimes ne
sont f as inquiétés, l'exploitation forestière,
sans surveillance, détruit des écosystèmes
entiers...
Il faudrait, peut-être,
appliquer le principe du pollueur-payeur.
L'intervention providentielle du gouvernement
est, à ce titre, inéluctable. L'Etat devrait
user de son monopole de la contrainte, en
infligeant de lourdes sanctions aux
particuliers, aux sociétés et aux
multinationales, comme au Rwanda d'ailleurs.
Dans ce pays, il est par exemple interdit
d'uriner dans les lieux publics, de marcher
pieds nus ou encore d'utiliser des sacs en
plastiques sous peine d'amendes salées de a part
de l'autorité rwandaise pour l'environnement. Et
ça marche. Les rues sont absolument propres, les
opérateurs économiques et les particuliers se
sont depuis pliés aux injonctions de propreté du
gouvernement.
A l'occasion donc dé la
semaine nationale de l'environnement qui débute
dans quelques jours, on souhaiterait entendre de
la tutelle qui, il faut le reconnaître,
s'efforce corps et âme de donner une dimension
nationale à sa lutte pour la préservation de
notre environnement, l'application
systématique de mesures répressives à l'encontre
de tout contrevenant à la salubrité publique.
Coller des amendes tout simplement. Et pourquoi
pas enfin, mettre sur terrain cette fameuse
brigade de l'environnement. Ce sera dur, mais on
n'a peut-être plus d'autres choix. Mieux vaut
prévenir que guérir et qui aime bien châtie
bien.