LÉGISLATIVES PARTIELLES
Une
soixantaine de candidats en compagne des
aujourd'hui
Ils disposent de quinze jours
pour convaincre les électeurs des vingt sièges
mis en jeu le 10 juin prochain.
LA
campagne des Législatives partielles du 10 juin
prochain s'ouvre ce samedi 26 mai 2007 à zéro
heure, tant au deuxième siège de Mulundu où le
vote a été annulé que dans les dix-neuf (19)
autres circonscriptions électorales où le
scrutin est à recommencer, à la suite des
invalidations des résultats de décembre 2006 par
la Cour constitutionnelle au terme d'un
volumineux contentieux électoral.
La soixantaine de candidats
issus d'une vingtaine de formations politiques
de la majorité et de l'opposition ainsi que des
indépendants vont tenter de convaincre les
électeurs des vingt sièges encore à pouvoir à
l'Assemblée nationale pendant les quinze jours
de propagande électorale lancée hier par le
président de la Commission électorale nationale
autonome et permanente, René Aboghé Ella.
Dans l'Estuaire, plus d'une
vingtaine de postulants sont en lice dans les
cinq circonscriptions en jeu. Le ter
arrondissement de Libreville, théâtre d'une
triangulaire entre le candidat du Parti
démocratique gabonais, Jean Ngoua Mba, celui du
Rassemblement pour le Gabon, le député sortant
Christian Oddou Mba et Henri Sène Ingueza, du
Congrès pour la démocratie et la justice, va
certainement connaître une ambiance électrique
pendant cette période. Tant les formations
politiques en lice s'emploieront à drainer le
plus d'électeurs possible pour s'imposer au
final. 'D'ailleurs, le CDJ de Sène Ingueza qui
convoite ce siège depuis plusieurs années
n'entend pas rater cette fois l'occasion de le
ravir à son adversaire du Rassemblement pour le
Gabon.
Au cinquième arrondissement,
l'ambiance ne s'annonce pas moins chaude, on
n'est guère certain de voir des scènes
d'embrassades entre militants des formations
politiques rivales. L'affrontement entre
pédégistes et upégistes au ter siège notamment
ou Claudio Ndembi Nzinga de l'UPG et
Louis-Daniel Akerey Rassaguiza du PDG croisent
le fer sera sans merci. Le parti de Pierre
Mamboundou étant résolu, après sa nette percée
dans le troisième arrondissement, à étendre son
emprise dans une zone qui compte une forte
population flottante, selon l'expression
consacrée et, qui plus est, frondeuse.
BELLES EMPOIGNADES. Au
deuxième siège de cette circonscription
électorale, un siège désormais "ouvert"
depuis que son titulaire, l'ancien
Premier ministre Jean-François Ntoutoume Emane a
décidé de ne pas se porter candidat à sa
propre succession après l'invalidation de
son élection en décembre (lâchant,
aux dires de certains, la proie pour
l'ombre), le duel entre pédégistes et
erpegistes soutenant Gisèle Akoghé
(PDG) et Placide Raymond
Ndong Meyo (RPG), promet de belles empoignades à
Lalala. Les partisans du député sortant se
mobilisant pour barrer la route au protégé de
Paul Mba Abessole.
Dans les sièges des deux
départements, notamment le deuxième du Komo
Kango que détenait Pierre Nzengué mouelé,
disqualifié du scrutin, en raison de son
inéligibilité pour violences caractérisées, l'on
s'attend à une forte agitation durant cette
phase de persuasion des électeurs.
L'ambiance pourrait être
identique à celle que l'on prévoit dans
plusieurs circonscriptions de la Ngounié. C'est
le cas, au premier siège de la Douya-Onoye que
tentera de conserver Charlotte Nkero Mougnoko,
député sortant du Parti démocratique gabonais,
qui est repartie dernièrement à la reconquête du
terrain en organisant des rencontres avec les
populations. A Mbigou, notamment au premier
siège convoité par Landry Bongo Ondimba du parti
au pouvoir et Daniel Nkombé Lékambo, qui a vu
son élection annulée suite à la démission de son
suppléant, ces quinze jours de campagne de
préparation second round seront sans pitié, tant
les partisans des deux protagonistes promettent
d'en découdre sérieusement sur le champ
électoral, si l'on en juge par les déclarations
faites dernièrement par les deux camps
politiques lors des réunions politiques
organisées localement dans la perspective de
cette partielle.
Dans la Nyanga,
principalement au troisième siège du département
de Mougoutsi (Tchibanga)qui avait échu au
candidat du Rassemblement pour le Gabon, Beni
Ngoua Mbina ace à Simplice Rey Mbma du PDG,
retiré de la course par les instances de son
parti convaincues de son impopularité après la "itle"
de décembre dernier, les erpégistes sont
déterminés à conserver ce siège. Dans le
troisième canton, le candidat du PDG s'attend au
soutien du RNB, en contrepartie du soutien qu'il
lui apporte dans la Doutsila. (lire ci-contre).
ATMOSPHERE• Dans l'Ogooué-Ivindo
qui compte deux sièges à pourvoir: la Zadié (
Mékambo, 2e siège) et la Lopé (Booué, 2e siège
), la confrontation électorale se fera sur fond
de dislocation de la majorité présidentielle
après les tentatives vaines de l'opposition dans
ces circonscriptions. L'un de ses candidats,
Tonangoye de l'Union du peuple gabonais, étant
sous le coup d'une inéligibilité pour multiples
violences perpétrées lors du scrutin du 17
décembre dernier. L'atmosphère déjà tendue
pourrait bien s'électrifier au regarde l'enjeu
et des ambitions clairement affichées de part et
d'autre.
Une situation d'affrontement
au sein de la galaxie présidentielle quasiment
identique à celle qu'on prévoit dans l'Ogooue-Lolo,
notamment, sur les deux sièges à conquérir (Lolo-Bouenguidi
(Koula-Mouton) et Mulundu (Lastoursville) par
les sept candidats retenus officiellement. L'un
d'eux étant issu de l'Union gabonaise pour la
démocratie et le développement (UGDD). Pour le
2e siège de Koula-Moutou, singulièrement, les
partisans du jeune Gaston Midoungani du Centre
des libéraux réformateurs qui a créé la surprise
en s'ad]udjant le siège face à Laurent Boukomye
du PDG, la campagne officielle s'annonce rude,
sinon épique. D'autant que leur poulain, qui
jouit d'une popularité dans la contrée, est voué
aux gémonies par le gotha politique pédégiste
logovéen, qui est résolu à maintenir la fidélité
sans partage de leur province au Parti partage
gabonais en oeuvrant pour son échec électoral.
En revanche, dans la province
de l'Ogooué-Maritime, principalement a
Port-Gentil, la disqualification du Parti
gabonais du progrès (PGP) pour défendre le siège
que détenait Me AgondJ'o Okawé avant l'élection
de décembre dernier de Séraphin Ndaot Rembogo,
donne une autre envergure à cette campagne
électorale. bataille opposant dorénavant
l'indépendant Jean-Gabriel Tchango à l'upégiste
Ruffin Mbongo Rafemo. Il faut dire que face au
risque de voir ce siège échoir au parti de
Pierre Mamboundou qui ne cache pas son ambition
de contrôler la capitale économique du pays, on
s'attend à une campagne assez tendue et animée,
où les alliances et autres soutiens stratégiques
seront déterminants.
Des manoeuvres qui auront
aussi droit de cité dans le Woleu-Ntem,
notamment sur les quatre sièges en lice. Dans
cette province qui aura enregistré un nombre
important de recours et d'invalidations, les
pédégistes qui détenaient le gros des sièges,
devront batailler fort face à certains candidats
indépendants et même des erpégistes bien
positionnés. Les partisans des sortants tels que
Francis N'tolo Eya'a, Lévy Ntem Âllogo n'auront
pas la tâche facile pendant cette campagne
électorale.
Dans tous les cas, la
Commission électorale nationale autonome et
permanente, à travers ses démembrements locaux,
a pris des dispositions pour l'organisation
efficiente des partielles.