FAIT DIVERS
Des
voleurs de voitures au gnouf
Jean-Clotin Mabicka, Samuel
Menié, Steeve Nkomo Mvé, Michel Clara Zibé,
Marcel Engonga et Pamphile Eyelé volaient des
voitures à Libreville et allaient les revendre
en Guinée Equatoriale et au Cameroun.
LE
Cameroun et la Guinée Equatoriale sont, ces
dernières années, les destinataires par
excellence des véhicules volés dans notre pays.
La Police judiciaire ( PJ) vient de mettre la
main sur un réseau de trafiquants d'autos volés.
II s'agit de cinq compatriotes, Jean-Clotin
Mabic a, Samuel Menié, Steeve Mvé Nkomo, Marcel
Engonga, Pamphile Eyélé et d'un ressortissant
camerounais, Michel NClara Zibé.
Les six voleurs ont été
présentés dernièrement devant le parquet de la
République, qui les a ensuite placés sous mandat
de dépôt. Selon la PJ, leur transaction mafieuse
a duré cinq ans, jusqu'au jour où, ils ont été
appréhendes à la frontière entre le Gabon et la
Guinée Equatoriale. Leur mode opérationnel était
simple. Lorsqu'ils volaient les véhicules, ils
changeaient aussitôt les plaques
minéralogogiques avant de les acheminer sur la
Guinée Equatoriale ou le Cameroun.
Ils disposaient d'un matériel
appropriée pour graver des fausses plaques
d'immatriculation qui leur permettaient de
passer inaperçu aux postes de contrôle. Ils
avaient un goût prononcé pour les véhicules 4x4
qu'ils faisaient transiter par Bitam et Oyem. A
ce qu'il semble, les voleurs de véhicules
faisaient croire à leurs clients qu'ils les
importaient d'Allemagne et de la Belgique.
Pourtant, les voitures importées sont facilement
identifiables. Une évidence qui fait passer les
fameux clients pour des receleurs, exposés eux
aussi aux poursuites judiciaires.
Après l'incarcération des
voleurs de véhicules, les autorités judiciaires
ont engagé la procédure d'arrestation des
receleurs. Mais contre toute attente, la police
judiciaire buterait sur une difficulté majeure,
celle des autorités guinéennes qui se refusent à
coopérer dans le cadre de cette enquête.
Pourtant, rappelle un officier de la police, la
Guinée Equatoriale fait partie d'Interpol. "
Les autorités guinéennes ne veulent pas
coopérer. Nous avons tenté de joindre maintes
fois la police guinéenne pour qu'elle
nous aide à retrouver les receleurs de ces
véhicules mais elle oppose un refus
catégorique," nous a-t-il confié.
Une prise de position qui
apparaît au mieux comme une incurie des
policiers guinéens, et au pire, comme une
caution à l'impunité. Les autorités judiciaires
gabonaises pourraient donc saisir l'ambassadeur
de Guinée Equatoriale au Gabon pour qu'une
solution idoine soit trouvée à ce litige. Comme
l'a relevé un officier de police judiciaire, il
n'est pas question de laisser les receleurs en
liberté alors qu'ils ont, au même titre que les
voleurs de véhicules, causé du tort à de
nombreux citoyens gabonais. Ce sont plusieurs
centaines de véhicules volés qui auraient été
écoulés en terre guinéenne depuis cinq ans.