FABRICATION DU PERMIS DE
CONDUIRE INFALSIFIABLE
Pourquoi
tant de va-et-vient autour du permis de conduire
?
Après neuf mois de
suspension de production du permis-macaron, la
direction générale des transports terrestres
venait à peine de relancer le processus après
une réunion avec les autos-écoles que le
ministre d'Etat, de retour de voyage, a
de nouveau décidé de tout arrêter, après une
réunion Je cabinet. Et pourquoi ?
LE ministère d'État des
Transports projette d'organiser une rencontre
avec tous les intervenants au permis de conduire
Commission nationale de l'examen du permis de
conduire, Direction générale des transports
terrestres (DGTT), Sécurité routière, Direction
de la circulation routière, propriétaires
d'autos-écoles, opérateurs économiques, etc.
Il faut tout de suite dire
que durant ces trois dernières semaines, le
directeur général des transports terrestres a
tenu une série de réunions avec les auto-écoles
à l'issue desquelles, il a été décidé de la
relance des examens du permis de conduire. Une
première session a même eu lieu samedi 19 mai
dernier. Après neuf mois de suspension
inexplicable, les choses semblaient repartir sur
des bases saines.
Mais, à la surprise générale,
le ministre d'État aux transports, arrivé de
voyage dimanche, 20 mai, a tout de suite
convoqué une réunion de cabinet sur le sujet.
Autre surprise, plus générale encore, cette
réunion restreinte au seul cabinet, a abouti à
la décision d'arrêter, une fois de plus, les
examens du permis de conduire. La décision a été
communiquée aux autos-écoles, par la DGTT, lors
d'une réunion qui s'est tenue mardi 22 mai à
16h30. Outre cette communication déroutante, les
propriétaires d'auto-écoles ont été informés de
la tenue d'un séminaire qui aura pour thème
central le maintien ou non du permis-macaron.
La question qu'on est en
droit de se poser aujourd'hui, est de savoir
pourquoi les autorités de ce ministère veulent
absolument obtenir la caution des autos-écoles
pour valider la décision de suspendre la
production du permis-macaron. Quel conflit
existe-t-il entre le DGTT, le SGA et le
ministre?
Par ailleurs, les
observateurs sont tout de même étonnés des
reproches faits dans les coulisses au
permis-macaron - produit par MS Consulting - le
concessionnaire qui avait obtenu le marché de
production du document infalsifiable. Selon ces
reproches, ce permis-macaron se décollerait, se
casserait plus facilement et ne serait pas
reconnu à l'extérieur. Si ces anomalies de
fabrication sont justifiées, il suffirait de
formuler des remarques dans un cadre concerte et
un changement de matériel serait suffisant pour
régler les problèmes. Aurait-on le droit de
dénoncer un contrat dûment signé par le
gouvernement, simplement parce qu'on aura décelé
des imperfections. Un tel comportement amène à
douter du bien-fondé des remarques, d'autant que
le matériel actuellement utilisé par le
concessionnaire relève de la dernière
technologie. Il s'agit d'un matériel de pointe,
extrêmement sophistiqué, celui-là même qui est
actuellement utilisé, entre autres, en Afrique
du sud, aux États-Unis, sans oublier la plupart
des pays africains (Matériel Fargo représenté
par Impulse-France). Faut-il rappeler qu'avant
la carte d'identité-macaron, le Gabon produisait
des cartes d'identité en papier. C'est pareil
pour le permis de conduire.
Quant à la publicité à
l'internationale, il appartient au gouvernement
d'informer le reste du monde de la nouvelle
présentation du permis de conduire gabonais.
AVANTAGES. La presse à
abondamment fait état des avantages du
permis-macaron, dans la sécurisation et la
modernisation et l'harmonisation du document.
Les bailleurs de fonds ont fait des injonctions
sur le permis-macaron. La Directive Transport de
l'Union européenne est claire sur le sujet. La
Cémac exige l'harmonisation. Le Cameroun et le
Congo se sont déjà alignés. Pourquoi notre pays,
qui s'était engagé dans ce processus le premier,
traîne-t-il les pieds et prend du retard par
rapport aux autres pays de la sous-région.
Si le Gabon veut reculer pour
des griefs difficilement défendables par les
pouvoirs publics, ce n'est pas aux autoécoles de
servir de caution. Les réseaux de renseignement
sont parfaitement informés des raisons pour
lesquelles les autorités actuelles du ministère
des Transports ont décidé de l'arrêt du
permis-macaron qui est actuellement fabriqué par
MS Consulting. C'est parce que ces autorités
nourrissent le projet d'établir un nouveau
partenariat avec un nouvel opérateur qui se
trouverait du côté de l'Australie ou de la
France, ou encore un autre concessionnaire local
qui proposerait en plus du permis des cartes
grises.
Mais tout ceci pose des
questions. Premièrement quelle garantie
aurions-nous de la qualité de ce nouveau
partenaire (son expertise, sa plate-forme
financière, sa moralité...) ? Deuxièmement :
quel temps mettra-t-il pour finaliser une
nouvelle convention avec le gouvernement
nonobstant un éventuel imbroglio juridique qui
opposerait MS Consulhng à l'État gabonais - et
pour mettre en place ses installations et
démarrer ses activités ? Au mieux, un an. Au
pire, jamais. Rappelons que les demandeurs
viennent de passer 9 mois de purgatoire pour
avoir le permis de conduire. Troisième point:
quelle différence y aurait-il avec le permis
actuel produit par MS Consultng ?
De dénonciation de contrat en
dénonciation de contrat, c'est l'enfer. Tout un
pan de l'économie nationale est pris en otage à
cause des différents dysfonctionnements du
ministère des Transports et l'appât du gain de
ses agents. Certains compatriotes ont perdu leur
emploi parce qu'ils n'ont pas de permis de
conduire ou ne peuvent pas passer l'examen. Le
manque à gagner pour les autos-écoles et le
concessionnaire depuis bientôt dix mois, se
chiffre en centaines de millions.
Aujourd'hui, la population
mérite un éclairage et une déclaration sur
l'honneur de l'actuel gouvernement que le
prochain ministre des Transports ne dénoncera
pas la convention en gestation.
En tout cas, la position que
le gouvernement adoptera pour le règlement de
cette question du permis gabonais contribuera ~
sceller ou non le pacte de confiance du
gouvernement avec la population, d'une part, et
avec les investisseurs, d'autre part,
fussent-ils locaux ou internationaux.