APRÈS LE RAPPEL A L'ORDRE DU
CHEF DE L'ETAT
Le
gouvernement tente de reprendre la main
Critiquée pour son inertie, la
dispersion des actions ainsi que
l'individualisme aggravé dont font preuve les
ministres, l'équipe ministérielle Eyéghé Ndong,
semble prendre conscience de l'urgence de
répondre aux attentes des populations et surtout
celles du président de la République, élu sur
la base d'un projet qui tarde à être
appliqué.
LE gouvernement Eyéghé Ndong
Il critiqué pour son immobilisme et son inaction
intériorise l'obligation de résultats en tentant
de reprendre la main, un mois après rie rappel à
l'ordre du président Omar Bongo Ondimba,
constatant la non prise à bras-le-corps par
cette équipe des nombreux chantiers qu'il a
ouverts pour le progrès du Gabon et le bien-être
de ses populations.
Depuis ces dernières
semaines, à la faveur de la pandémie Chikungunya,
des inondations qui touchent le Sud du pays et
aussi l'inquiétude pressante exprimée par les
populations de la capitale et de l'arrière pays,
diverses actions sont menées ici et la par les
membres de ce pan de l'Exécutif. Lesquels
effectuent diverses visites, dont celle de la
capitale et d'Owendo par le Premier ministre,
lui-même, pour constater la situation
d'insalubrité à l'origine de la propagation du
virus, les ministres d'Etat, Paulette Missambo
(Santé publique), Ali Bongo Ondimba (Défense
nationale), dans les structures sanitaires pour
juger de l'application effective des mesures
prises pour accueillir les malades et lutter
contre la pandémie.
De même que la présence à
Mouila d'une délégation conduite par le
vice-Premier ministre Louis-Gaston Mayila
(Affaires sociales), destinée à évaluer le
niveau des dégâts causés par les fortes
intempéries ayant entraîné de. nombreux
sinistrés. A ces visites s'ajoutent les réunions
regroupant les ministères impliqués dans la
lutte contre cette pandémie et les sociétés de
collectes des ordures ménagères ainsi que les
conseils interministériels successifs organisés
récemment. Toutes ces initiatives donnent
l'impression d'une action concertée au sein de
ce pan de l'Exécutif qui affiche de plus en plus
sa farouche volonté de rompre avec l'inertie qui
lui a valu de vives critiques ces dernières
semaines. L'opinion gabonaise étant convaincue
de ce qu'ayant été quasiment la même que celle
formée au lendemain de la présidentielle 2005
avec pour objectif prioritaire de mettre en
oeuvre les Actes pour le Gabon, cette équipe
Eyeghé Ndong II ne pouvait bénéficier d'aucun
état dé grâce. Elle devait pouvoir entamer la
concrétisation de ce programme destiné à réduire
les inégalités, la fracture sociale, la
précarité galopante et assurer, in fine, le
bien-être des populations.
CRISE SOCIALE. Ainsi, en
affichant sa volonté de rupture avec
l'immobilisme, au lendemain de l'accord triennal
signé il y a quelques semaines avec le Fonds
monétaire international (FMI) dont la réussite
exige l'implication de tous les acteurs
étatiques, le gouvernement ayant pris conscience
de son retard accusé, semble résolu à changer de
cap, si tant est que les seules visites et
réunions permettent de relancer la machine
bloquée depuis plusieurs mois et si tant est
qu'elles peuvent convaincre les plus sceptiques.
Son bilan d'étape n'étant guère élogieux. Cela
dit, même si elle a bénéficié des faibles moyens
depuis sa formation le 25 janvier 2006 pour
l'investissement, en raison des contraintes
budgétaires imposées par la donne financière
difficile que traverse notre pays, il est
évident que les quelques mesures sociales prises
sont bien en deçà des attentes, elles ne peuvent
occulter la faiblesse des actions. La preuve:
Aujourd'hui, la situation sociale reste toujours
aussi préoccupante que lors des précédentes
années, si l'on en juge par les difficultés
auxquelles les populations sont confrontées pour
avoir accès aux soins, malgré les mesures de
gratuité de soins au Centre hospitalier de
Libreville (CHL) et autres dispositions prises
antérieurement. Pis, les mesures d'augmentation
du Smig et de la valeur du point d'indice n'ont
guère permis de soulager sérieusement les
ménages et de réduire la crise sociale. L'état
des routes, notamment celles de Libreville bien
qu'étant de la compétence des municipalités, est
toujours un sujet de préoccupation pour le gros
de la population gabonaise résidant à Libreville
très critique envers le gouvernement pour sa
gestion de ce dossier pourtant classé parmi les
priorités de son action. Le pays semble
tétanisé, les inégalités sont de plus en plus
criantes, les populations s'inquiètent, elles
attendent des gouvernants qu'ils changent
sérieusement leur vécu quotidien. C'est peu
dire.
Néanmoins, si on observe une
sorte de frémissement, une agitation à
différents niveaux du gouvernement, la question
que l'on se pose est de savoir si ce
gouvernement parviendra à mettre fin aux
pratiques qui brident sérieusement son action
depuis sa formation en janvier 2006 . Une
question qui taraude les esprits, cela d'autant
plus que cette équipe qui compte en son sein des
fortes têtes, des personnalités très anciennes,
disposant d'une puissance financière et même de
pouvoir (c'est selon), enregistre des partitions
discordantes nuisibles a son efficacité. Comment
comprendre que pour un gouvernement dont le
président de la République avait misé sur
l'ancienneté de ses membres et sur leur maîtrise
des dossiers ne puisse pas donner le rendement
escompté ? Sans pour autant être forcément
détenteur de la science infuse, on peut tenter
d'expliquer cet état de fait par le caractère
diffus du travail gouvernemental, les rivalités
sourdes, les manoeuvres et le refus de certains
de s'inscrire dans la même logique, soutenir les
autres et aussi, il faut le dire, le peu de
temps et de moyens mis à sa disposition.
Globalement, cela veut dire que chaque membre du
gouvernement travaille de son côté, non pas pour
le bien de la communauté, mais davantage pour
son propre intérêt, son rayonnement politique
personnel. Certains étant même engagés dans une,
logique de positionnement à long terme, pour ne
pas dire, de survie politique et son corollaire.
En tout cas, le constat
dressé par le président de la République est
sans équivoque. Il a constaté avec amertume que
: " l'action menée par le gouvernement ne
s'inscrit guère jusqu'à présent dans une
dynamique de l'action du concret, de
prise à bras-le-corps de nombreux chantiers
pour le développement du Gabon et le
bien-être des Gabonais.
De plus, il ajoute que : "
l'immobilisme pervers, l'éparpillement des
actions, un individualisme aggravé, un manque de
complémentarité et de solidarité gouvernementale
caractérisent bien au contraire le
comportement de l'actuelle équipe
gouvernementale ".
A la lecture de ces
récriminations, il s'agit aujourd'hui plus que
jamais pour ce gouvernement et singulièrement,
pour les ministres, de s'engager dans une
logique de travail cohérente indispensable à la
réussite de toute l'équipe. Cela induit que les
uns et les autres évitent de se cantonner, sinon
de sombrer dans la politique spectacle (visite
et autres manifestations festives) souvent sans
lendemain, s'impliquent dans l'action concertée
et d'évaluation régulière et mettent au
rébus leurs égoïsmes en se montrant loyaux et
fidèles au président Bongo Ondimba qui, en les
nommant au sein de ce gouvernement, attend d'eux
qu'ils oeuvrent à la concrétisation de son
projet de société.