LUTTE CONTRE L'ÉPIDÉMIE A
VIRUS CHIKUNGUNYA
La
campagne de pulvérisation est loin de satisfaire
les attentes des population.
SI
le ministre d'Etat à la Santé s'est réjoui, au
terme de sa visite dans les différents centres
de santé, de l'application, par les responsables
f ces unités, des mesures arrêtées par le
gouvernement pour soulager les malades, dans les
quartiers en revanche, les populations sont loin
d'être satisfaites par les méthodes employées
par le service d'hygiène publique et
d'assainissement pour venir a bout des
moustiques dans notre capitale. Les agents
n'étant intervenus que dans peu d'habitations de
nos quartiers et arrondissements.
Pourtant, lors du lancement
de la campagne de désinsectisation des communes
de Libreville et d'Owendo, afin de lutter contre
la multiplication des moustiques dont l'aedes
est le vecteur de transmission du Chikungunya à
l'homme, nombreux sont ceux de nos compatriotes
gui avaient favorablement accueilli
l'initiative.
Une semaine après, de
nombreux problèmes apparaissent. Notamment le
manque de moyens de locomotion, car les trois
équipes mises en place pour assurer ce travail
sont obligées de partager le même véhicule que
la direction du service d'hygiène et
d'assainissement. Au cours de la dernière
réunion interministérielle tenue sur le
chikungunya, à l'immeuble abritant les services
du Premier ministre, boulevard de l'Indépendance
- et que Jean Eyéghé Ndong avait lui-même
présidée - il avait été annoncé le décaissement
d'une somme de 100 millions de francs pour faire
face à l'épidémie.
A cela s'ajoute
l'insuffisance du matériel mis à la disposition
des agents pulvérisateurs. Lesquels sont obligés
de ne viser que des habitations situées près des
cours d'eau, car ne disposant, pour les communes
de Libreville et d'Owendo que de six
pulvérisateurs et trois nébulisateurs achetés
par l'Etat et répartis entre les trois équipes
composées de huit personnes chacune.
A l'heure même où nous
passions pour vérifier le travail exécuté sur le
terrain, on nous annonçait que l'un des trois
nébulisateurs et un pulvérisateur seraient déjà
tombés en panne. Ce fui réduit sensiblement
l'efficacité de cette opération.
D'où le mécontentement de
certains compatriotes qui ont constaté que la
totalité de leurs quartiers n'a jamais été
visitée par les agents pulvérisateurs. Et que
dans cette opération, les garages ne sont pas
pris en compte par ces agents qui n'arrivent
donc pas, avec leur maigre matériel, à se rendre
dans toutes les habitations.
Bien que quotidiennement
environ 150 à 180 maisons soient touchées par
cette opération, l'Etat est invité à rectifier
le tir (en ce qui concerne le renforcement du
maté riel, des moyens logistiques et du
personnel de terrain) four atteindre, dans les
délais indiqués, l'objectif fixé.
Toutefois, en dépit de ces
difficultés, les équipes présentes sur le
terrain déflorent le comportement peu coopératif
de certains compatriotes qui renâclent â
nettoyer leur environnement et fui refusent que
leurs domiciles soient désinsectisés !