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Le quotidien l'Union du 22 mai 2007

 

INTEMPÉRIES

Le gouvernement au chevet de la Ngouniè sinistrée

Les pluies torrentiels qui s'abattent ces derniers temps dans le sud du pays ont provoqué de graves inondations dans la ville de Mouila, les départements de Ndolou (Mandji) et lsamba-Magotsi (Fougamou ). Dans la capitale provinciale de la Ngounié, ce sont quelque huit cents quatre-vingt cinq personnes qui ont été touchées tandis que Mandji est restée, une semaine durant, coupée du reste du pays, la route y menant ayant été envahie par des eaux qui ont détruit plusieurs ponts. Quant à Fougamou, c'est le quartier Ngouassa qui a été le plus touché ainsi que le regroupement de villages de Yombi. Une délégation ministérielle s'y est rendue en hélicoptère, avant hier, pour une première évaluation des dégâts.

LE gouvernement n'a pas tardé à réagir suite au sinistre qui touche, depuis la semaine dernière, une partie de la province de la Ngounié, à savoir, la ville de Mouila, les départements de Tsamba-Magotsi (Fougamou) et Ndolou (Mandji). Le vice-Premier ministre en charge des Affaires sociales, Me Louis-Gaston Mayila, le ministre chargé des calamités naturelles, jean Massima ainsi que les ministres délégués Jean-François Ndongou et Philippe Nzengué Mayila s'y sont rendus en hélicoptère, avant-hier, pour constater de visu les dégâts causés par les inondations consécutives aux pluies diluviennes qui sont tombées ces derniers temps dans la région.

Pour les populations traumatisées par immensité du sinistre, cette visite est une lueur d'espoir. Car la délégation ministérielle a pu en mesurer l'ampleur avant d'envisager des solutions idoines. Dans la commune de Mouila, première étape du périple des membres du gouvernement, ce sont quelque huit-cent quatre vingt cinq personnes qui ont été touchées par les inondations. En fait, la rivière Ngounié, qui traverse la ville de part en part, est sortie de son lit, inondant ainsi la plupart des quartiers riverains.

A la lumière des explications du maire de Mouila, Ferdinand Moukagni Nzamba, du gouverneur de la Ngounié, Jean-Marie Koumba Souvi et de certains fonctionnaires - qui ont accueilli la délégation ministérielle - il ressort que les eaux avaient surpris nuitamment les habitants, dont la plupart n'ont pu sauver leurs biens. « Je dormais. Soudain, j'ai senti que le matelas était trempé. Quand je suis descendu du lit, j'avais les pieds dans l'eau. J'ai juste sauvé ma peau » explique, encore tout ému, un habitant de la ville de Mouila qui, visiblement, a éprouvé cette nuit-là, la grande peur de sa vie. A ce qu'il semble, le pont qui relie les deux rives de la ville est au ras des eaux.

Outre les dégâts matériels enregistrés dans la capitale provinciale de la Ngounié, de nombreux paysans ont perdu leurs cultures, car les crues n'ont pas épargné les plantations jouxtant les cours d'eau. Une semaine après le désastre, c'est donc le spectre de la famine qui hante certaines familles sinistrées. En attendant une réponse de l'administration centrale, les autorités locales se sont attelées à trouver deux sites de relogement provisoire aux nombreux sans-abri. II s'agit de l'ancienne mairie et de l'ancienne de base de la Compagnie africaine de transport (CAT-Barbier).

INONDATIONS CYCLIQÜES• Tout en partageant la peine des sinistres, le vice-Premier ministre Louis-Gaston Mayila et le ministre en charge des calamités naturelles, Jean massima ont relevé la nécessité pour les Molvilois de ne plus construire dans des zones marécageuses, donc sujettes aux inondations. Mandat a d'ailleurs été donné aux autorités locales pour identifier des terrains viables où les acquéreurs seraient en sécurité. Mais nombreux sont les riverains qui se montrent réfractaires au déménagement. « Nous ne devrons rien imposer aux populations. Il faut plutôt les amener à la raison en leur faisant comprendre le danger qu'elles courent en habitant les zones marécageuses », a relevé Me Mayila, qui en a appelé au bon sens des uns et des autres.

A Mandji, la deuxième étape de la délégation ministérielle, l'atmosphère paraissait plus pesante en raison des conséquences de cette calamité naturelle. En effet, l'unique voie de communication qui permet aux populations de rallier le reste du pays a été envahie par les eaux, isolant de facto toute la contrée. Certains ponts ont même été détruits par les eaux déferlantes, rendant ainsi impossible tout trafic une semaine durant. «Aucun véhicule n'entre à Mandji ou ne quitte la ville. Nous sommes coupés du reste du pays», a expliqué le préfet département de Ndolou, Léonce-Anicet Iwangho. A ce sujet, les notables ont exprimé le souhait que soit rouvert l'axe Mandji-Idemba, long de quelque soixante quinze kilomètres.

En fait, cette route construite par la Compagnie forestière du Gabon (CFG) permettrait à la ville de sortir de son enclavement. Il suffirait pour cela de construire ou de restaurer certains ponts. En sus d'une partie de la commune de Mandji et de l'axe Mandji Yombi, long de soixante kilomètres, les cantons Dourembou et Doubanga ont été touchés par les inondations. Les villages Omengo, Matsouka et Yeno ont eu les pied dans l'eau. Louis-Gaston Mayila, qui a promis la main du gouvernement sur l'épaule de chaque sinistré, a demandé aux services compétents de faire une évaluation des dégâts.

Yombi, le regroupement de villages situé à vingt- cinq kilomètres de Fougamou et la cité elle-même sont sous les eaux. L'inondation n'a épargné ni maisons, ni plantations. Même la grande plantation de cacao de Me Mayila est du lot. Dans le chef-lieu du département de Tsamba Magotsi, c'est le quartier Ngouassa qui a été le plus touché par les eaux. Ces inondations seraient cycliques, dit-on. Tous les dix ans, la Ngounié et ses affluents sortiraient de leur lit. Mais les inondations de cette dernière décennie auront été d'une ampleur jamais connue dans la région.

Source : Journal L'Union Plus du 22/05/2007

 



   

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