INTEMPÉRIES
Le
gouvernement au chevet de la Ngouniè sinistrée
Les pluies torrentiels qui
s'abattent ces derniers temps dans le sud du
pays ont provoqué de graves inondations dans
la ville de Mouila, les départements de Ndolou (Mandji)
et lsamba-Magotsi (Fougamou ). Dans la capitale
provinciale de la Ngounié, ce sont quelque huit
cents quatre-vingt cinq personnes qui ont été
touchées tandis que Mandji est restée, une
semaine durant, coupée du reste du pays, la
route y menant ayant été envahie par des eaux
qui ont détruit plusieurs ponts. Quant à
Fougamou, c'est le quartier Ngouassa qui a été
le plus touché ainsi que le regroupement de
villages de Yombi. Une délégation ministérielle
s'y est rendue en hélicoptère, avant hier, pour
une première évaluation des dégâts.
LE gouvernement n'a pas tardé
à réagir suite au sinistre qui touche, depuis la
semaine dernière, une partie de la province de
la Ngounié, à savoir, la ville de Mouila, les
départements de Tsamba-Magotsi (Fougamou) et
Ndolou (Mandji). Le vice-Premier ministre en
charge des Affaires sociales, Me Louis-Gaston
Mayila, le ministre chargé des calamités
naturelles, jean Massima ainsi que les ministres
délégués Jean-François Ndongou et Philippe
Nzengué Mayila s'y sont rendus en hélicoptère,
avant-hier, pour constater de visu les dégâts
causés par les inondations consécutives aux
pluies diluviennes qui sont tombées ces derniers
temps dans la région.
Pour les populations
traumatisées par immensité du sinistre, cette
visite est une lueur d'espoir. Car la délégation
ministérielle a pu en mesurer l'ampleur avant
d'envisager des solutions idoines. Dans la
commune de Mouila, première étape du périple des
membres du gouvernement, ce sont quelque
huit-cent quatre vingt cinq personnes qui ont
été touchées par les inondations. En fait, la
rivière Ngounié, qui traverse la ville de part
en part, est sortie de son lit, inondant ainsi
la plupart des quartiers riverains.
A la lumière des explications
du maire de Mouila, Ferdinand Moukagni Nzamba,
du gouverneur de la Ngounié, Jean-Marie Koumba
Souvi et de certains fonctionnaires - qui ont
accueilli la délégation ministérielle - il
ressort que les eaux avaient surpris nuitamment
les habitants, dont la plupart n'ont pu sauver
leurs biens. « Je dormais. Soudain, j'ai
senti que le matelas était trempé. Quand je suis
descendu du lit, j'avais les pieds dans l'eau.
J'ai juste sauvé ma peau » explique, encore
tout ému, un habitant de la ville de Mouila qui,
visiblement, a éprouvé cette nuit-là, la grande
peur de sa vie. A ce qu'il semble, le pont qui
relie les deux rives de la ville est au ras des
eaux.
Outre les dégâts matériels
enregistrés dans la capitale provinciale de la
Ngounié, de nombreux paysans ont perdu leurs
cultures, car les crues n'ont pas épargné les
plantations jouxtant les cours d'eau. Une
semaine après le désastre, c'est donc le spectre
de la famine qui hante certaines familles
sinistrées. En attendant une réponse de
l'administration centrale, les autorités locales
se sont attelées à trouver deux sites de
relogement provisoire aux nombreux sans-abri. II
s'agit de l'ancienne mairie et de l'ancienne de
base de la Compagnie africaine de transport (CAT-Barbier).
INONDATIONS CYCLIQÜES• Tout
en partageant la peine des sinistres, le
vice-Premier ministre Louis-Gaston Mayila et le
ministre en charge des calamités naturelles,
Jean massima ont relevé la nécessité pour les
Molvilois de ne plus construire dans des zones
marécageuses, donc sujettes aux inondations.
Mandat a d'ailleurs été donné aux autorités
locales pour identifier des terrains viables où
les acquéreurs seraient en sécurité. Mais
nombreux sont les riverains qui se montrent
réfractaires au déménagement. « Nous ne
devrons rien imposer aux populations. Il
faut plutôt les amener à la raison en
leur faisant comprendre le danger qu'elles
courent en habitant les zones
marécageuses », a relevé Me Mayila, qui en a
appelé au bon sens des uns et des autres.
A Mandji, la deuxième étape
de la délégation ministérielle, l'atmosphère
paraissait plus pesante en raison des
conséquences de cette calamité naturelle. En
effet, l'unique voie de communication qui permet
aux populations de rallier le reste du pays a
été envahie par les eaux, isolant de facto toute
la contrée. Certains ponts ont même été détruits
par les eaux déferlantes, rendant ainsi
impossible tout trafic une semaine durant.
«Aucun véhicule n'entre à Mandji ou ne quitte la
ville. Nous sommes coupés du reste du pays»,
a expliqué le préfet département de Ndolou,
Léonce-Anicet Iwangho. A ce sujet, les notables
ont exprimé le souhait que soit rouvert l'axe
Mandji-Idemba, long de quelque soixante quinze
kilomètres.
En fait, cette route
construite par la Compagnie forestière du Gabon
(CFG) permettrait à la ville de sortir de son
enclavement. Il suffirait pour cela de
construire ou de restaurer certains ponts. En
sus d'une partie de la commune de Mandji et de
l'axe Mandji Yombi, long de soixante kilomètres,
les cantons Dourembou et Doubanga ont été
touchés par les inondations. Les villages Omengo,
Matsouka et Yeno ont eu les pied dans l'eau.
Louis-Gaston Mayila, qui a promis la main du
gouvernement sur l'épaule de chaque sinistré, a
demandé aux services compétents de faire une
évaluation des dégâts.
Yombi, le regroupement de
villages situé à vingt- cinq kilomètres de
Fougamou et la cité elle-même sont sous les
eaux. L'inondation n'a épargné ni maisons, ni
plantations. Même la grande plantation de cacao
de Me Mayila est du lot. Dans le chef-lieu du
département de Tsamba Magotsi, c'est le quartier
Ngouassa qui a été le plus touché par les eaux.
Ces inondations seraient cycliques, dit-on. Tous
les dix ans, la Ngounié et ses affluents
sortiraient de leur lit. Mais les inondations de
cette dernière décennie auront été d'une ampleur
jamais connue dans la région.