BOURSE DES VALEURS MOBILIÈRES
D’AFRIQUE CENTRALE (BVMAC)
Une
première levée de fonds de 45 milliards de
francs
L'Etat centrafricain a
annoncé, en premier, son intention de solliciter
auprès du marché financier régional un emprunt
obligataire d'ici la fin de l'année.
LE
Premier ministre et ministre des Finances de la
République centrafricaine, Elie Dote, a
réaffirmé, dernièrement l'engagement de son pays
à lever d'ici la fin de l'année 2007, des fonds
sur le marché financier sous-régional pour un
montant de 45 milliards de francs.
Une initiative qui sonne
comme un top annonciateur du démarrage prochain
de la bourse des valeurs mobilières d'Afrique
centrale (BVMAC), dont le siège se trouve à
Libreville.
Le montant de cet emprunt
obligataire de 45 milliards de francs (couvrant
la période 2007-2012, avec un taux d'intérêt de
8%) sera consacré, a-t-il indiqué, à la
reconstruction des infrastructures de base de
son pays meurtri par de longues années de
conflits internes.
Pour le chef du gouvernement
centrafricain, le choix du marché financier
sous-régional tient à la difficulté de la
République Centrafricaine à accéder aux
financements des bailleurs de fonds
internationaux, aussi bien bilatéraux que
multilatéraux.
Elie Dote, s'était déjà
longuement exprimé sur le sujet lors des travaux
du premier atelier régional sur le thème:
"L'émission des titres publics par appel public
à l'épargne" tenu à Bangui les 30 et 31 mars
dernier, et organisé par la commission de
surveillance du marché financier d'Afrique
centrale (Cosumaf).
Il avait, à la faveur d'une
conférence de presse donnée en présence de
plusieurs journalistes de la sous-région,
décliné le programme de reconstruction de son
gouvernement et évalué les besoins de
financement urgents. Et le marché financier
régional constituait, avait-il estimé, une
opportunité sans pareille de financement pour
son pays et l'ensemble des Etats de la
sous-région.
GARANTIES. Cependant, le
montant de l'emprunt dont le remboursement
sera échelonné à raison de 11 milliards de
francs par an, fera l'objet d'une étude
minutieuse menée conjointement par la Banque
mondiale et le gouvernement centrafricain.
L'étude dé1à en cours,
permettra, d'évaluer le coût exact des besoins
de l’Etat et surtout, sa capacité à rembourser
l'emprunt.
Déjà lourdement endetté, l'Etat
centrafricain devrait apporter des garanties
fermes au régulateur (la Cosumaf) dans son
respect strict des échéanciers qui seront fixés
dès l'aval de l'emprunt. Notamment,
(approvisionnement du compte séquestre dans
lesquels les remboursements graduels se feront.
Sur ce volet, Alexandre
Gandou s'est voulu très rassurant: " La
République Centrafricaine a procédé,
selon les textes réglementaires, à l'ouverture
d'un compte à la BEAC qui sera alimenté
par les recettes douanières et d'importation,
et parla fiscalité pétrolière. En cas
d'approvisionnements insuffisants, le pays
peut toujours solliciter un découvert auprès de
la BEAC ou recourir à la clause
d'arrosage " a-t-il expliqué.
Si cette première tentative
venait à être couronnée de succès, la République
centrafricaine aurait eu 1 opportunité
historique d'avoir inauguré le marché financier
sous-régional.