MISE EN PLACE DU MARCHÉ
FINANCIER SOUS-REGIONAL
La BVMAC
reçoit son agrément technique
Elle peut désormais, au même
titre que la place boursière camerounaise opérer
des levées de fonds sur le marché primaire et
effectuer, dès octobre, des cotations de titre
sur le marché secondaire.
APRÈS
bien des atermoiements, le marché financier
sous-régional est peut-être en passe de
démarrer.
Réunie le 9 mai dernier à
Douala, dans les locaux de la banque des Etats
de l'Afrique centrale (BEAC), la commission de
surveillance du marché financier de l'Afrique
centrale (Cosumaf) a délivré à la Bourse des
valeurs mobilières d'Afrique centrale (BVMAC)
son agrément technique en qualité d'entreprise
chargée de la gestion et de l'animation du
marché financier régional.
" Ainsi, elle peut désormais
opérer des levées de fonds sur le marché
primaire et effectuer, dès octobre, des
cotations de titre sur le marché secondaire
"a déclaré Alexandre Gandou, le
président de la Cosumaf, au cours de la
conférence de presse tenue vendredi dernier au
siège de l'institution.
La BVMAC s'est également vu
attribuer, à titre provisoire, un autre agrément
pour assumer les fonctions de Dépositaire
central du marche financier. En ce sens, elle
conservera tous les titres émis sur le marché.
Pour le président de la
Cosumaf, la BVMAC a rempli toutes les conditions
matérielles, techniques et financières requises
pour l’obtention de ces deux agréments.
Déjà, le 6 avril dernier, la
BVMAC- au capital de 1,7 milliard de francs-
signait un contrat d'une valeur de 1, 2 milliard
de francs avec le fournisseur de la société
Euronext pour l'acquisition du système de
cotation électronique NSC V900. L'installation
complète de ce logiciel est prévue d'ici fin
juin.
CONCURRENCE. Avec ces
différentes résolutions, la BVMAC concurrence à
présent légalement la place boursière
camerounaise (le Douala Stock Exchange) dans les
opérations de cotations boursières et de
dématérialisation de titres.
S'exprimant sur la récurrente
question de la coexistence de deux places
boursières en Afrique centrale, le président de
la Cosumaf a insisté sur la nécessité pour les
deux bourses de fusionner.
Si les deux places restent
concurrentielles, il y a des risques que l'une
des deux meure vu l’étroitesse du marché
sous-régional " a prévenu Alexandre
Gandou, lequel n'a pas pour autant,
écarté l'option d'une complémentarité des
deux " Il faudrait alors définir la
spécificité de chacune et uniformiser les
règles. Mais la fusion, pour beaucoup
d’analystes, reste la meilleure solution. Des
discussions sont en cours au sein des
institutions de la CEMAC pour retenir cette
option de choix " a-il ajouté.
Pour non nombre d’experts, si
la concurrence s'avérait inévitable, la BVMAC
disposerait d'une longueur d'avance sur le
Douala Stock Exchange, étant donné qu'elle est
l’émanation consensuelle des 6 Etats de la Cemac,
et bénéficie donc d'un appui considérable tant
au niveau des chefs d'Etat que des opérateurs
économiques.
Autre atout majeur évoqué par
les experts, la BVMAC dispose d'un matériel à la
pointe de la technologie, bien supérieur, en
terme de fonctionnalité et d'efficacité aux
équipements du Douala Stock Exchange. Et elle se
fera accompagner, en outre, par la 1ère bourse
francophone ( la bourse du Maroc) avec laquelle
elle a également signé un contrat de
partenariat.