INTEMPÉRIES DANS LE SUD DU
PAYS
Mouila
les pieds dans l'eau
Les pluies qui s'abattent dans
la région en général et dans la ville de Mouila
en particulier ont causé plusieurs dégâts et
fait de nombreux sans abri. Le gouverneur,
Jean-Marie Koumba Souvi, accompagné des
autorités municipales et militaires a constaté,
consterné, le sinistre.
MOUILA,
le chef-lieu de la province de la Ngounié s'est
transformé, le temps de plusieurs ondées, dans
la région (et dans la ville) en petite Venise.
Et four cause, des quartiers entiers et des
maisons d'habitation et leurs propriétaires ont
les pieds dans Peau. Les cours d~eau, les
marigots et la Ngounié sont sortis de leurs lits
sous la pression des eaux de pluie.
La situation s'est
particulièrement dégradée entre le vendredi 11
et le lundi 14 mai 2007 où la région a
enregistré des pluies diluviennes, la ville de
Mouila étant particulièrement soumise a de
fortes précipitations qui n'ont épargné ni les
habitations, ni les voies de communication.
Certains quartiers tels Moukoumounabouala,
Dikongo I et II, Pambou, l'ancien boulevard
Matamba, vivent des situations particulièrement
critiques et sont en état d'alerte. Dans le 1er
arrondissement, sur la rive droite, la
boulangerie Ilimb est sous les eaux. Et depuis
lors, plus de pain. Dans la même zone de la
Pointe claire, outre l'eau qui suinte du
sous-sol, la Ngounié a débordé de son lit
obligeant les occupants à déserter leurs
maisons. Derrière la cité SNI, c'est la
désolation, pour se délacer il faut recourir à
la pirogue. Les populations sont Livrées à
elles-mêmes.
Au quartier Ngosso Divindé où
se trouve le lycée de l'Excellence, l'hôpital
des grandes endémies et la nouvelle prison (qui
tarde à être livrée), c'est le même triste
spectacle.
Dans le deuxième
arrondissement situé sur la rive gauche, à
Dikongo Il derrière l'ex-Barbier c'est la
catastrophe: en effet, toutes les maisons sont
inondées. Idem à Dikongo I. Tous ces quartiers
ont été désertés de leurs populations. Au
quartier Pambo, ancien boulevard Matamha, la
voie est coupée. Un véhicule y a d'ailleurs noyé
son moteur. Le maire de l'arrondissement se
trouve parmi les sinistrés.
DESOLATION • Il faut
simplement dire que le phénomène est presque
récurrent dans la ville de Mugumi à des périodes
précises. C'est la conséquence de la présence de
la Ngounié qui traverse la ville. Ce cours d'eau
forme avec les marais, les marigots et quelques
affluents disséminés à travers la ville de
véritables vases communicants. L'assainissement
de la commune n'a pas -permis la création de
plusieurs canaux pour évacuer les eaux. Trois
canaux bouchés compliquent davantage la
situation. Du coup, c'est une nappe phréatique
qui se forme et favorise la montée des eaux.
Même le pont qui relie les deux rives est
presque noyé.
Au vu de ce sombre tableau,
la première autorité provinciale, le gouverneur
Jean-Marie Koumba Souvi, a tenu à visiter, avec
les autorités municipales et militaires
l'ensemble des quartiers sinistrés. A l'issue de
cette tournée, le gouverneur a été
personnellement touché par le drame vécu par ses
administrés. Une situation qui a engendré de
nombreux sans abri. Dans les écoles, on
enregistre un fort taux de retards et
d'absentéisme de la part des élèves dont les
parents sont victimes des inondations. Cette
catastrophe a également eu des conséquences
considérables sur le plan économique. Plusieurs
plantations et certaines espèces végétales ont
été emportées par les eaux en furie. L'élevage
du petit bétail, très fréquent dans la région, a
également pris un coup.
S'exprimant devant la presse
locale, le gouverneur Koumba Souvi a tenu à
faire le point de ce sinistre. Un bilan qui sera
transmis aux plus hautes autorités de l'Etat, en
tête desquelles, le président de la République,
Omar Bongo Ondimba, le Premier ministre, Jean
Eyéghé Ndong, le vice-Premier ministre,
Louis-Gaston Mayila ainsi que le ministre en
charge du département de la Prévention et de la
gestion des calamités naturelles, Jean Massima.
Des instructions ont été données aux maires pour
parer au plus pressé afin d'identifier les
maisons et les abris pouvant loger les
sinistrés. Un plan d'urgence a été mis sur pied.
Il s'agit, dans un premier temps, de recenser
toutes les familles, de les installer dans des
maisons libres avec le concours des Affaires
sociales. II s'agira également de leur fournir
les premières aides nécessaires pour la survie.
Toutefois, il est à craindre
une remontée des eaux si d'aventure les pluies
s'abattent à nouveau sur la villa D'où l'intérêt
des autorités compétentes à hâter des mesures à
court, moyen et long termes pour sortir Mouila
de l'emprise des eaux.