Pour moi quoi...
ON peut dire qu'on avance.
L'épais mur du silence, le tabou qui entouraient
les crimes rituels dans notre Gabon d'abord-là
sont en train de tomber, d'être brisés, quoi. Ce
n'est plus l'affaire de ce seul enseignant dont
on retrouva, il y a plus de deux ans maintenant,
le corps mutilé du mwana sur la plage. Et qui
s'est tant battu pour que soit reconnue
l'association qu'il venait de créer, aidé dans
sa dénonciation par quelques canards de
la place, dont mon Premier grand quotidien.
Ces temps derniers, et alors
qu'un drame affreux, celui cela CEI vient
d'ébranler les consciences, beaucoup de voix se
sont enfin élevées. Le "gouvrernent" a dit son
horreur lors d'un récent Conseil des ministres.
D'autres organisations ont dit leur dégoût. Et
l'autre jour ce sont les femmes de l'opposition
qui ont pris l'initiative d'en parler, annonçant
d'autres actions.
Moi, Makaya, je m'en félicite
donc. Mais je veux surtout espérer qu'il ne
s'agit pas d'un simple effet de mode, quoi.
Parce qu'il arrive trop souvent dans notre beau
pays-là qu'on parle beaucoup sous le coup de
l'émotion. Après, suiii ! Il faut tout faire
pour qu'une chape de plomb ne recouvre pas de
nouveau une pratique d'un autre âge et, au fond,
pas vraiment dans notre culture.
Et là, je ne vois que deux
choses. Primo: que les autorités ne se
contentent plus de ce que j'appellerai un
discours d'indignation, de circonstance.
N'est-ce pas un colloque très officiel s'est
tenu il y a un an et demi à
Libreville-les-séminaires ? Les pontes qui
étaient là ont bien condamné sans détour les
crimes rituels. Mais est ce que ceux-ci se sont
arrêtés ?
Deusio, la justice et ses
auxiliaires doivent traiter avec efficacité les
affaires dont ils sont saisis. Que de plaintes
sans résultat !C'est d'ailleurs le cas de celle
qu'avait déposée à la suite de l'assassinat de
son fils notre enseignant.
Alors, ouais, c'est bien de
dire "ça suffit!" mais ça ne doit pas servir
d'alibi. De là où elles sont, les victimes nous
regardent, quoi...
…Makaya