FAIT DIVERS
Un
retraité assassiné par un paysan à Fougamou
Le coup de gourdin asséné à
l'infortuné en brousse par son compagnon et
voisin lui a été fatal. Un problème de femme
serait, semble-t-il, à l'origine de ce meurtre.
UN corps sans vie flottait en
amont sur les eaux calmes de la Ngounié, près de
Fougamou. Une découverte macabre qui a récemment
défrayé la chronique dans cette localité du
département de Tsamba Magotsi.
Le cadavre a été identifié
comme étant celui de Benjamin Ikougou, un
compatriote de 67 ans, un retraité des Travaux
publics (TP). Les investigations ont permis de
remonter jusqu au lieu du crime situé au
débarcadère du village appelé "Vie chère". Le
crime a eu lieu la veille aux environs de 18
heures. Le défunt a été envoyé ad patres par le
sieur Victor Dounoungou alias Danoungoué, un
compatriote de 44 ans, paysan, domicilié au
quartier Belle-ville à Fougamou, tout comme la
victime.
Selon les témoignages
recueillis auprès de la gendarmerie et du
présumé meurtrier qui s'exprimait sans remords
sur son acte, les faits remontent au 28 avril
dernier. Ce jour-là, comme à leur habitude, les
deux voisins se rendent en brousse. Une fois sur
place, chacun prend la direction de son
campement en amont de la Ng0nié pour couper du
bois. Un déplacement fait en pirogues. Après une
journée de dur labeur, les deux compagnons se
retrouvent autour d'un verre de vin de palme,
extrait sur un palmier du retraité qui était
loin de s'imaginer qu'il consommait là le
dernier verre de sa vie. Il était environ 17
heures. Le moment de repartir à la maison. C'est
juste au moment où Ikogou, qui ne se doutait de
rien, s'apprêtait à détacher la pirogue que son
compagnon, qui avait certainement mijoté son
macabre plan, lui assène le coup fatal: un coup
de gourdin à la nuque. Net et sec. Le
sexagénaire s'écroule. Il ne se relèvera plus
jamais. L'assassin va l'abandonner là, sur cette
rive de la Ngounié. Vers 21 h, le meurtrier
revient sur ses pas, comme pour s'assurer que le
retraité s'est endormi pour de bon. II constate
que le corps a été entraîné par la montée des
eaux. N'ayant plus désormais la conscience
tranquille, il revient le lendemain matin, un
dimanche, pour faire disparaître, si cela est
encore possible, les traces du crime.
RETOUR SUR LES LIEUX DU CRIME
• C'est ainsi qu'il va récupérer le sac du
défunt pour l'abandonner à mi-parcours, sous un
arbre. Il ira ensuite chercher la pirogue. Il
recherchera en vain, une pirogue qu'il finira
par retrouver au quartier Ngouassa face à
l'hôte. Le corps quant à lui, ne sera découvert
qu'à 500 mètres environ du lieu de l'assassinat.
Pour faire comme si rien ne
s'était passé, l'assassin poussera son cynisme
jusqu'au paroxysme en allant voir la femme du
défunt, Rose Maroundou, pour lui demander si son
mari n'avait pas passé la nuit à la maison. Une
maladroite démarche qui éveillera davantage la
curiosité et l'inquiétude des voisins du
quartier Belle-Ville.
C est finalement le chef de
quartier, Moïse Mbadinga, qui a été le premier
informe de la triste nouvelle. Il alerte
aussitôt la brigade de gendarmerie de Fougamou.
Les premières hypothèses confortent la thèse
d'une noyade. Les secours s'organisent
promptement. Le corps inerte du retraité est
sorti des eaux.
C'est après enquête et à la
suite des investigations poussées que Danoungoué
a reconnu avoir assassiné son compagnon et
voisin de quartier " je e reconnais que nous
nous sommes retrouvés en brousse. Je l'ai tué
d'un coup de gourdin. Mon geste est justifie par
le fait que nous partagions la même femme",
aurait avoué le présumé coupable avec un
sang-froid déconcertant.
Pourtant dans le voisinage,
l'on raconte que les deux hommes n'avaient pas
d'histoires. Ils avaient l'habitude de se
retrouver en brousse, comme ce soir dramatique.
Mais les mêmes sources indiquent que dans le
passé, Danoungué aurait proféré des menaces à
l'encontre de son ami. La victime avait-elle
pris ces menaces au sérieux ? En avait-il parlé
aux autres ?
Présenté devant le procureur,
le présumé assassin a été placé sous mandat de
dépôt à la prison provinciale de Mouilla le 8
mai courant. C'est là qu'il attend pour passer à
la barre afin de répondre de son crime.