GESTION DE LA FAUNE SAUVAGE /
CONSOMMATION
Les
problèmes de santé liés à la viande de brousse
L'Institut Pasteur vient de
révéler, par une étude menée sur la consommation
de la viande de brousse, que la manipulation, le
dépeçage et l'ingestion de la viande crue ou
très eu cuite sont les sources de contamination
de l'homme par des bactéries et surtout des
virus d'origine animale avec pour conséquence
des épidémies. Mais aussi une effroyable
mortalité du fait de maladies de type Ebola.
LA
chasse est aussi bien un sport, un loisir tout
comme une activité socio-économique car les
populations de nos zones rurales en tirent leurs
revenus et leur alimentions. De tout temps, les
hommes ont chassé dans le monde entier. Et nos
populations rurales ont eux aussi et depuis des
siècles, vécu de l'agriculture, de la chasse et
de la pêche jusqu'à ce que les temps modernes
leurs aient apporté de nouveaux produits de
consommation , changeant ainsi certaines de
leurs habitudes alimentaires. Rappelons que ces
mêmes habitudes alimentaires, se sont
transférées dans nos villes où les actuels
citadins, qui ne sont autres que les fils de ces
populations des zones rurales, attirés par les
opportunités qu'offrent nos viles modernisées,
en sont restés fidèles. Jusque-là, rien
d'anormal dans leur vie quotidienne jusqu'à la
détection des cas d'épidémies connues et
d'autres pandémies grâce à l'évolution de la
médecine et des recherches scientifiques. C'est
dans ce contexte que les études menées récemment
par l'Institut Pasteur sur la viande de brousse,
a révélé que la manipulation par des produits de
conservation parois dangereux pour
l'homme), l'ingestion de la viande crue ou très
peu cuite, est source de contamination de
l'homme par les bactéries et surtout par les
virus d'origine animale. Malgré des
avertissements réitérés des pouvoirs publics et
des centres de santé, de nombreuses populations
d'Afrique centrale continuent à consommer la
viande de certaines espèces comme le chimpanzés,
le gorille, et d'autres espèces herbivores. Le
contact et la consommation d'animaux trouvés
morts ou malades sont déconseillés par les
services sanitaires et d'hygiène publique.
C'est ainsi que, les études
menées par l'Institut Pasteur en collaboration
avec certains centres de recherches médicales
tropicales d'Afrique centrale, révèlent et
réitèrent que la consommation et surtout la
manipulation (dépeçage et partage)de gibier,
produit d'une chasse égale ou du braconnage,
s'avèrent dangereux pour l'homme. Le virus
d'origine animale est une source potentielle
d'épidémiologie géographiquement limitée. C'est
le cas de l'épidémie d'Ebola, enregistrée dans
notre sous-région et qui est particulièrement
mortelle. Il y aurait aussi, cette adaptation du
virus à l'homme qui serait à l'origine des
pandémies comme le sida dont les deux virus
responsables HIV1 et HIV 2, dérivent
respectivement de deux rétrovirus simiens en
particulier le SIV du chimpanzé et le SIV du
cercocèbe.
L'Institut Pasteur rappelle à
ce sujet que ces deux virus ont franchi à
plusieurs reprises la fameuse barrière d'espèces
et que ce franchissement se produira fatalement
un jour ou l'autre, pour d'autres SIV qui seront
à l'origine d'un HIV 3 puis HIV 4.
Partant, les dépeceurs et les
femmes qui sont en contact permanent avec la
viande fraîche, sont particulièrement exposés,
surtout ceux qui grillent quelques viscères très
peu cuites (cerveau, coeur estomac, intestin,
foie, reins, poumon etc. du gibier) dès le
dépeçage. Il est à ajouter aux premiers cas, que
la consommation immédiate de certains viscères
comme le foie et le coeur en particulier, dans
le cadre de rituels, par exemple ceux des
chasseurs, entraînent l'ingestion des bactéries
des virus d'origine animale.
En plus, l'Institut Pasteur
affirme que le risque de contamination de
l'homme par la manipulation ou l'ingestion de
viande de brousse crue ou très peu cuite ne se
limiterait pas aux virus du Sida ou d'Ebola.
Pour corroborer~son argumentation, II rappelle
le cas de l'épidémie de peste survenue en
Mandchourie au début du siècle et qui était liée
à la capture et au dépeçage des marmottes, avait
entraîné, dans un domaine tout à fait différent,
le passage du rétrovirus responsable de la
leucémie-lymphome à cellules T ou de la
paraparésie spastique tropicale, d'où,
l'affection neurologique associant un syndrome
pyramidal, des troubles de la sensibilité et des
troubles sphinctériens.
En outre, on dénombre le
virus du monkey pox ou variole du singe qui est
une variole très proche de la variole humaine.
Elle sévit par petites épidémies en Afrique
centrale et en Afrique de l'Ouest avec un taux
de mortalité qui ne dépasse pas 10%.
Cependant, les animaux
contaminés du monkey pox, issus de la chasse ou
du braconnage, portent parfois de manière bien
visible, sous forme de pustules les stigmates de
l'affection. C'est surtout les singes, les
antilopes et les écureuils des forêts qui sont
atteints. Ces derniers constituent le véritable
réservoir du virus.
Quant à la trichinose,qui est
une parasitose, elle se transmet de l'animal à
l'homme parce qu'il aura mangé de la viande
insuffisamment cuite ou crue d'omnivores comme
les phacochères et les potamochères ou encore
des carnivores dont la viande contiendrait des
larves du parasite. Celles-ci vont se multiplier
chez l'homme, leur nouvel hôte, et serait à
l'origine de diverses manifestations
pathologiques: Ces pathologies sont les
diarrhées, les oedèmes et les douleurs
musculaires pouvant se compliquer avec des
troubles neurologiques et de défaillance
cardiaque mortelle.
Le parasite (Trichinella
nelsoni) est présent dans la plupart des pays du
sud du Sahara. Bien que peu de cas humains aient
été signalés en Afrique Sub-saharienne
(Tanzanie, Sénégall, Afrique de l'Ouest) ,
l'augmentation considérable de la consommation
de la viande de brousse, l'apparition de
nouveaux modes de cuisson et la disparition de
certains tabous alimentaires ne peuvent que
multiplier les risques de voir apparaître de
petites et nouvelles épidémies.