CONFÉRENCE DE PRESSE DES
FEMMES DES PARTIS DE L'OPPOSITIQN
Halte
aux viols et aux crimes rituels sur mineurs
Au cours de cette rencontre,
les animatrices ont tenu a sensibiliser et
conscientiser les populations, tout en
interpellant les pouvoirs publics sur leurs
responsabilités, en tête desquels le Premier
ministre.
SUITE
à la persistance de l'insécurité sociale et à la
recrudescence des viols, crimes rituels et des
violences faites aux enfants, les femmes des
partis politiques de l'opposition (CDJ, EDC,
FAR, MESP, MORENA, PGP, PSG, RDD, UGDD, UPG,
URDP) sont montées au créneau vendredi dernier
pour fustiger ces pratiques crapuleuses, mettre
Ie gouvernement face à ses responsabilités et
interpeller les populations pour une prise de
conscience et pour un sursaut national.
C'était à la faveur d'une
conférence de presse au siège de l'Union du
peuple gabonais à Awendje, en présence des
leaders des partis politiques de l'opposition,
notamment, Pierre Mamboundou et Zacharie Myboto.
A travers cette démarche, les
animatrices avaient pour objectifs de briser le
silence et dire stop à l'indifférence qui tend à
banaliser certains actes criminels, en vue de
sensibiliser et de conscientiser les
populations.
Se basant sur les articles
parus dans les organes de presse aussi bien
audiovisuels qu'écrits, notamment celui relatant
dans notre;quotidien l'assassinat du petit
Richepin Eyogo au quartier derrière la
des animatrices Mme Clémence
Mezui a d'abord dans son propos liminaire dressé
un tableau sombre du niveau d'insécurité qui
prévaut actuellement dans notre pays.
En effet, pour le seul mois
de mars 2007, elle a indiqué que 17 cas
d'agressions perpétrées sur de jeunes enfants
ont été recensés, dont la plupart sont issus des
familles défavorisées. Le trafic des organes
humains dont les adeptes des crimes rituels font
un grand usage tout en se livrant à toutes
sortes de perversions sexuelles sur les enfants
connaît un essor inquiétant depuis quelque
temps. En sus, au cours des trois dernières
années, a-t-elle poursuivi, on note par exemple
que les viols sur mineurs de moins de 15 ans ont
occupé une grande place dans les affaires
criminelles jugées par les tribunaux de
Libreville et Port-Gentil. On note ainsi, une
augmentation de 70% du nombre de viols sur
mineurs des deux sexes en l'espace de quelques
années. Et malgré cette situation ô combien
alarmante, les peines infligées aux criminels
sont rarement appliquées.
Face à cet état de choses;
qu'on pourrait qualifier de boucherie, les
femmes de l'opposition ont interpellé le Premier
ministre et son gouvernement, afin qu'ils
prennent leurs responsabilités pour assurer aux
enfants de meilleures conditions de vie, et un
avenir plus sûr dans un pays où ils pourront
vivre sans crainte et en toute quiétude. Car la
sécurité est un droit citoyen fondamental que
notre Constitution reconnaît à tout citoyen, et
il est du devoir des pouvoirs publics de la lui
garantir. Et la confiance du peuple envers ses
gouvernants repose entre autres sur leur
capacité à assurer la paix sociale et
l'intégrité physique des uns et des autres et
par voie de conséquence à leur garantir
l'exercice des libertés les plus essentielles.
Par ailleurs, elles ont tenu
à indiquer que ce problème concerne l'ensemble
des Gabonais sans distinction de partis
politiques, d'ethnies ou de provinces. "Que
l'on fasse partie de la majorité présidentielle,
de l'opposition ou de la société civile, c'est
un phénomène qui menace notre bien le plus
précieux que sont nos enfants, mais aussi
l'avenir de notre pays qu'on viole et qu'on tue"
a martelé Mme Clémence Mezui, en répondant
aux questions des journalistes. Au termes de ces
échanges fructueux, plusieurs propositions ont
été soumises aux leaders des partis politiques
présents, dont le dépôt d'un mémorandum chez le
Premier ministre, Jean Eyéghé Ndong.