MISE EN OEUVRE DES ACTES POUR
LE GABON
Le Fer
II :
sortir de l'inaction
Deux mois après sa mise en
place, la structure demeure invisible sur le
terrain. Pourtant, le 30 mars dernier, elle a
tenu son premier Conseil d'administration au
cours duquel les administrateurs avaient validé
un nouveau programme d'entretien routier pour le
compte de l'année en cours.
LE
diagnostic sur l'état du réseau routier national
réalisé il y a une décennie indique que notre
pays disposait, à cette période, d'un linéaire
relativement développé, avec 878 km de routes
bitumées, 3 969 km de routes latéritées et 2 741
km de routes en terre. L'évaluation du réseau
montrait également que sa condition était bonne
sur seulement 17% du linéaire total, moyenne sur
43% et dé radée sur 40%.
Il faut préciser que cette
situation variait selon les types de routes,
puisqu'elle était meilleure sur les voies
bitumées où le trafic est le plus important, les
voies en terre étant dégradées à plus de 70%.
Ainsi, pour apporter des
solutions palpables en vue d'améliorer l'état de
nos voies de circulation et d'atténuer la
souffrance des usagers pour lesquels tous les
acteurs politiques se battraient, l'Etat, en
1997, créa le Fonds d'entretien routier (FER).
Cette structure, dont
l'administration était assurée par le Comité
d'orientation du Fonds d'entretien routier (Cofer),
devait permettre de mobiliser les fonds
nécessaires à l'entretien des routes, d'alléger
les procédures de paiement des travaux réalisés
en régie directe ou en entreprise.
Le Cofer devait, lui aussi,
être indépendant de l'administration des routes
(le ministère des Travaux publics) et
représentatif des usagers, et constituer le
mécanisme de financement de l'entretien routier.
Malheureusement, ce mécanisme
de reversement des dotations budgétaires au Fer
par le Trésor public n'a pas permis de lui
assurer des ressources financières régulières et
suffisantes.
La conséquence a évidemment
été des disfonctionnements au sein de la
structure. En effet, les dotations prévues
annuellement ont été de 14 milliards puis 24
milliards alimentés par le Trésor public, sont
passées, jusqu'en 2003, par des hauts et des bas
en raison, semble-t-il, des contraintes
budgétaires de l'Etat.
Entre 1997 et 2004, le Fer 1
n'a bénéficié que de 25% de ses ressources ( à
peu près 6 milliards par an). Cette enveloppe,
qui correspond à environ 2% du budget
d'investissement de l'Etat, n'aurait été versée
intégralement qu'à partir de 2005.
Les dysfonctionnements
observés dans le Fer 1 ont amené l'Etat et ses
partenaires au développement à envisager la
création d'un Fonds d'entretien de deuxième
génération (Fer 11), composé d'un Conseil
d'administration de neuf membres (5 représentant
les pouvoirs publics et quatre le secteur privé)
et d'une Direction générale.
Cette perspective avait été
évoquée à l'occasion de la réunion de l
Association des Fonds d'entretien routier
africain (Afera), tenue à Libreville. Le Fer II,
conformément à l'ordonnance N° 001/PR/2006, est
un établissement public à , caractère industriel
et commercial jouissant d'une autonomie
financière et de gestion, conformément à
l'ordonnance N° 001 /PR/2006.
PARADOXE. Cela fait
environ deux mois (60 jours) que cette entité a
été mise en place, le PCA et le directeur
général ayant été nommés par le président de la
République, conformément à l'ordonnance qui crée
la structure, et installés par le ministre d'Etat
aux Travaux publics, Idriss Ngari.
Une fois mis en place et
bénéficiant de son autonomie, le Fer II est
chargé d'assurer le règlement, à titre exclusif,
des dépenses liées à l'entretien, à la
réhabilitation, à la gestion, à l'exploitation
et à la protection du patrimoine routier
national, y compris les voies urbaines
aménagées.
De même, la structure est
chargée d'assurer le règlement des dépenses
liées à l'entretien des bacs gérés par l'Etat, à
la prévention et à la sécurité routières (y
compris la signalisation), à l'appui aux PME /
PMI, aux études et aux contrôles afférents aux
secteurs énumérés ci-dessus, à l'appui à la
maîtrise d'ouvrage et à la maîtrise d'oeuvre, au
fonctionnement de la Direction générale du Fer
II, et aux indemnités de service ou d'itinérance
et aux primes des fonctionnaires et agents
contractuels de l'Etat affectés aux tâches
énumérées plus haut.
Les responsabilités citées
plus haut permet aux uns et aux autres de croire
que la structure est réellement la solution la
plus appropriée au crucial problème de la route
au Gabon. D'autant que, aux dires des autorités
du ministère des TP, "l'ambition du
gouvernement est d'arriver à bitumer, d'ici à
2010, au moins 30% de routes".
Le 30 mars dernier, le Fonds
d'entretien routier de deuxième génération a
tenu son premier Conseil d'administration.
Rencontre au cours de laquelle les
administrateurs avaient validé un nouveau
programme d'entretien routier pour l'année 2007.
Mais depuis la tenue de cette
importante réunion, les activités du Fer II
n'ont toujours pas démarré, alors que le besoin
s'en fait de plus-en plus sentir. La question
que de nombreux compatriotes et autres usagers
de la route se posent est de savoir si les
appels d'offres sont déjà lancés.
Si cela n'est pas encore
fait, à qui en incombe la responsabilité Selon
certaines sources, le budget 2007 du Fer II
n'est pas encore disponible. Le Trésor public
n'aurait encore rien reversé.
Par ailleurs, de l'avis des
agents du Trésor public, la dette du Fer I due
aux entreprises s'élève à 15 milliards de
francs. Compte tenu de ces différentes
situations, les administrations concernées
ont-elles des instruments nécessaires leur
permettant de remotiver les entreprises qui se
sont totalement tournées des routes du Gabon, à
la suite du cumul des arriérés. Que s'est-il
passé? Autant n d'interrogations qui méritent
que l'on y apporte des réponses immédiates et
pratiques, afin de rassurer l'opinion sur cet
épineux problème de la route.