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Le quotidien l'Union du 10 mai 2007

 

MISE EN OEUVRE DES ACTES POUR LE GABON

Le Fer II : sortir de l'inaction

Deux mois après sa mise en place, la structure demeure invisible sur le terrain. Pourtant, le 30 mars dernier, elle a tenu son premier Conseil d'administration au cours duquel les administrateurs avaient validé un nouveau programme d'entretien routier pour le compte de l'année en cours.

LE diagnostic sur l'état du réseau routier national réalisé il y a une décennie indique que notre pays disposait, à cette période, d'un linéaire relativement développé, avec 878 km de routes bitumées, 3 969 km de routes latéritées et 2 741 km de routes en terre. L'évaluation du réseau montrait également que sa condition était bonne sur seulement 17% du linéaire total, moyenne sur 43% et dé radée sur 40%.

Il faut préciser que cette situation variait selon les types de routes, puisqu'elle était meilleure sur les voies bitumées où le trafic est le plus important, les voies en terre étant dégradées à plus de 70%.

Ainsi, pour apporter des solutions palpables en vue d'améliorer l'état de nos voies de circulation et d'atténuer la souffrance des usagers pour lesquels tous les acteurs politiques se battraient, l'Etat, en 1997, créa le Fonds d'entretien routier (FER).

Cette structure, dont l'administration était assurée par le Comité d'orientation du Fonds d'entretien routier (Cofer), devait permettre de mobiliser les fonds nécessaires à l'entretien des routes, d'alléger les procédures de paiement des travaux réalisés en régie directe ou en entreprise.

Le Cofer devait, lui aussi, être indépendant de l'administration des routes (le ministère des Travaux publics) et représentatif des usagers, et constituer le mécanisme de financement de l'entretien routier.

Malheureusement, ce mécanisme de reversement des dotations budgétaires au Fer par le Trésor public n'a pas permis de lui assurer des ressources financières régulières et suffisantes.

La conséquence a évidemment été des disfonctionnements au sein de la structure. En effet, les dotations prévues annuellement ont été de 14 milliards puis 24 milliards alimentés par le Trésor public, sont passées, jusqu'en 2003, par des hauts et des bas en raison, semble-t-il, des contraintes budgétaires de l'Etat.

Entre 1997 et 2004, le Fer 1 n'a bénéficié que de 25% de ses ressources ( à peu près 6 milliards par an). Cette enveloppe, qui correspond à environ 2% du budget d'investissement de l'Etat, n'aurait été versée intégralement qu'à partir de 2005.

Les dysfonctionnements observés dans le Fer 1 ont amené l'Etat et ses partenaires au développement à envisager la création d'un Fonds d'entretien de deuxième génération (Fer 11), composé d'un Conseil d'administration de neuf membres (5 représentant les pouvoirs publics et quatre le secteur privé) et d'une Direction générale.

Cette perspective avait été évoquée à l'occasion de la réunion de l Association des Fonds d'entretien routier africain (Afera), tenue à Libreville. Le Fer II, conformément à l'ordonnance N° 001/PR/2006, est un établissement public à , caractère industriel et commercial jouissant d'une autonomie financière et de gestion, conformément à l'ordonnance N° 001 /PR/2006.

PARADOXE. Cela fait environ deux mois (60 jours) que cette entité a été mise en place, le PCA et le directeur général ayant été nommés par le président de la République, conformément à l'ordonnance qui crée la structure, et installés par le ministre d'Etat aux Travaux publics, Idriss Ngari.

Une fois mis en place et bénéficiant de son autonomie, le Fer II est chargé d'assurer le règlement, à titre exclusif, des dépenses liées à l'entretien, à la réhabilitation, à la gestion, à l'exploitation et à la protection du patrimoine routier national, y compris les voies urbaines aménagées.

De même, la structure est chargée d'assurer le règlement des dépenses liées à l'entretien des bacs gérés par l'Etat, à la prévention et à la sécurité routières (y compris la signalisation), à l'appui aux PME / PMI, aux études et aux contrôles afférents aux secteurs énumérés ci-dessus, à l'appui à la maîtrise d'ouvrage et à la maîtrise d'oeuvre, au fonctionnement de la Direction générale du Fer II, et aux indemnités de service ou d'itinérance et aux primes des fonctionnaires et agents contractuels de l'Etat affectés aux tâches énumérées plus haut.

Les responsabilités citées plus haut permet aux uns et aux autres de croire que la structure est réellement la solution la plus appropriée au crucial problème de la route au Gabon. D'autant que, aux dires des autorités du ministère des TP, "l'ambition du gouvernement est d'arriver à bitumer, d'ici à 2010, au moins 30% de routes".

Le 30 mars dernier, le Fonds d'entretien routier de deuxième génération a tenu son premier Conseil d'administration. Rencontre au cours de laquelle les administrateurs avaient validé un nouveau programme d'entretien routier pour l'année 2007.

Mais depuis la tenue de cette importante réunion, les activités du Fer II n'ont toujours pas démarré, alors que le besoin s'en fait de plus-en plus sentir. La question que de nombreux compatriotes et autres usagers de la route se posent est de savoir si les appels d'offres sont déjà lancés.

Si cela n'est pas encore fait, à qui en incombe la responsabilité Selon certaines sources, le budget 2007 du Fer II n'est pas encore disponible. Le Trésor public n'aurait encore rien reversé.

Par ailleurs, de l'avis des agents du Trésor public, la dette du Fer I due aux entreprises s'élève à 15 milliards de francs. Compte tenu de ces différentes situations, les administrations concernées ont-elles des instruments nécessaires leur permettant de remotiver les entreprises qui se sont totalement tournées des routes du Gabon, à la suite du cumul des arriérés. Que s'est-il passé? Autant n d'interrogations qui méritent que l'on y apporte des réponses immédiates et pratiques, afin de rassurer l'opinion sur cet épineux problème de la route.

Source : Journal L'Union Plus du 10/05/2007

 



   

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