MISE EN OEUVRE DES ACTES POUR
LE GABON
Faire de
bons choix
EN matière de fiabilité
routière, à Libreville notamment, le boulevard
Triomphal, construit par la société yougaslave
Autoput dans le cadre des fêtes de l'OUA que le
Gabon a accueillis en 1977, constitue pour ainsi
dire la meilleure référence.
Depuis lors, aucune autre
artère, du moins à Libreville, n'est citée en
référence ni n'est venue supplanter la très
bonne réputation dont jouit cet axe routier qui
relie Sainte-Marie au rond-point de la
Démocratie.
Comment donc comprendre que
sur les 878 km de routes bitumées, le boulevard
Triomphal, qui a trente ans de vie aujourd'hui,
soit toujours de bonne qualité contrairement a
certaines artères de constructions récentes qui
sont, elles, dans un piteux état. Et surtout
pourquoi les sociétés qui ont en charge la
construction desdites routes dans l'ensemble du
territoire n'arrivent pas à reproduire des
routes à l'identique du Boulevard Triomphal, du
moins en ce qui concerne la durée ?
Plusieurs raisons sont
invoquées pour expliquer cet état de fait.
Certains parlent du coût très élevé du kilomètre
de route bitumée le plus cher de la sous-région
et même au-delà. D'autres font état de la
corruption qui gangrène l'administration, du
manque de contrôle fiable des travaux réalisés,
de la surfacturation, des sociétés fictives et
de bien d'autres maux encore.
Cette question récurrente de
l'état des routes au Gabon est d'autant plus
préoccupante qu'elle suscite de nombreuses
interrogations au sein des populations qui ne
comprennent pas que le gouvernement n'ait pas pu
trouver de solutions pérennes depuis lors,
sachant pertinemment que la route constitue un
facteur essentiel de développement. Aussi bien
le gouvernement que les deux chambres du
Parlement qui ont en charge le contrôle de
l'action gouvernementale, sont conscients de ce
que la route est une infrastructure de base dans
le processus de développement. La question est
de savoir pourquoi n'ont-ils pas mis en place
des mécanismes de lutte contre les pratiques que
tout le monde connaît et qui retardent
considérablement le développement du pays.
VOLONTÉ POLITIQUE• Selon
une étude réalisée sur notre réseau routier
en 1997, il avait été établi que le Gabon
disposait d'un linéaire relativement développé.
Soit 7600 km (hors voirie), répartis entre les
route bitumées (878 km), les routes latéritées
(3969 km) et les routes en terre (2741 km). Le
même diagnostic montrait aussi que sa condition
était bonne sur seulement 17% du linéaire total,
moyenne sur 43% et dégradée sur 40%. Une
situation qui variait selon les routes, d'autant
plus que la situation était meilleure ourles
routes bitumées où le trac est le plus
important. Les voies en terre sont, elles,
dégradées à plus de 70% selon l'étude et
les routes latéritées étaient en bien meilleur
état par rapport à celles non latéritées.
Puisqu'il est établi que les
moeurs dans le milieu des Travaux publics sont
dévoyées, une des solutions consisterait à faire
des choix appropriés par rapport au budget
disponible. Par exemple faire les routes en pavé
dont le coût moins élevé que la route bitumée
pourrait être une amorce de solution. Tout ce
que Libreville et les autres localités du pays
comptent de routes secondaires doit être
complètement en pavés. Les routes
départementales doivent être quant a elles
latéritées et seules les principales artères des
grandes villes du pays et les routes nationales
doivent bénéficier du bitume.
La construction des routes
fiables dans notre pays relève tout simplement
de la volonté politique. En Thaïlande par
exemple, les autorités avaient décidé de
consacrer chaque année 10% du budget global du
pays à la construction des routes. Aujourd'hui
ce pays d'Asie du sud-est connaît une avancée
significative en matière de construction
routière. Si le gouvernement gabonais ado tait
une telle démarche, cela signifie qu'avec un
budget de 1500 milliards, le gouvernement
pourrait mettre sur le compte de la route 150
milliards chaque année. Ce qui n'est pas rien.
Et l'on connaîtrait sûrement une avancée dans ce
domaine, si toutefois on met fin aux pratiques
qui sont jusque-là à l'origine du mauvais état
de notre réseau.