LE ministre de
l'Intérieur, André Mba Mba Obame a tenu une
conférence de presse hier, à l'Avenue de
Cointet. But : faire le bilan des élections
locales qui viennent de s'achever sur l'ensemble
du territoire national. Au terme desquelles, une
fois encore, au décompte final, le Parti
démocratique gabonais au pouvoir a confirmé sa
suprématie sur l'échiquier national.
Plusieurs sujets
ont été abordés à cette occasion, notamment le
point concernant la problématique liée à la
liste électorale que l'opposition trouve
toujours imparfaite. Des imperfections étant
encore notées. Ce en dépit des efforts que les
pouvoirs publics, par le canal du ministère de
l’Intérieur, ne cessent de consentir dans ce
sens. André Mba Obame reconnaît avec modestie
qu'il y a encore des efforts à fournir pour
parvenir à la fiabilité de notre fichier
électoral.
Mais c'est un
challenge, avoue le membre du gouvernement, qui
en appelle à l'implication de tous les acteurs
politiques, notamment ceux de l'opposition qui,
selon lui, contrairement à ce qu'ils font croire
à l'opinion, concourent sciemment à ce qu'ils
dénoncent. Pour exemple, il a cité
l'article 48 auquel s'arcboutent les différents
acteurs politiques, en ce qu'il autorise tout
compatriote à s'inscrire là où il veut. Ce qui,
malheureusement, reconnaît-il, occasionne des
désagréments au nombre desquels les inscriptions
multiples. Des votes multiples aussi.
Le ministère, c'est
clair, entend donc mettre à profit les trois
années à venir, qui ne prévoient aucune élection
en vue, pour s'occuper véritablement de ce point
devenu récurrent de la fiabilité du fichier
électoral gabonais. Aussi, pour "limiter" le
vagabondage électoral observé actuellement, le
ministère de l'Intérieur entend-il inclure une
nouvelle disposition, laquelle, à l'avenir,
permettrait à chacun de s'inscrire au lieu de sa
résidence principale.
La carte électorale
n'était pas en reste. André Mba Obame, avec
regret, constate que des compatriotes, comme
c'est devenu une habitude, se sont manifestés à
la dernière minute pour récupérer cette pièce
électorale sans laquelle on ne peut pas voter.
Conséquence : plusieurs cartes d'électeurs sont
restées en plan.
FORT TAUX
D'ABSTENTION Quant à la Carte nationale
d'identité, l'engouement aura été remarquable.
Pour preuve, en 50 jours, avec 120 équipes
commises pour cela, ce sont non seulement 320
mille compatriotes qui ont été reçus, mais il y
ce sont également 210 mille cartes d'identités
et récépissés qui ont été distribués. Et
actuellement, au moment où nous mettions sous
presse, le nombre des demandeurs, selon le
ministre de l'Intérieur est passé à 440 mille.
Il s'est néanmoins
réjoui du bon déroulement du scrutin qu'il juge
par ailleurs transparent. Ce en dépit de
quelques incidents survenus certaines localités,
notamment à Bendjé (Ogooué-Maritime), à Mitzic
(Woleu-Ntem) etc. Mais une élection dans
l'ensemble, reconnaît-il, qui a connu un fort
taux d'abstention. La participation étant
seulement de 39,78%. Comme quoi, aujourd'hui
davantage qu'hier, a-t-il reconnu, l'abstention
semble être devenue le langage qu'une grande
partie du peuple utilise désormais pour
véhiculer un message, "qu'il nous faut
déchiffrer".
Il présente ses
sincères excuses au monde de la communication
suite à l'agression dont a été victime, une fois
encore, un cameraman faisant simplement son
travail, lors de la marche sur la vie chère au
Gabon.