VOILA un moment que
moi, Makaya, je constate, amer et résigné, que
tout fout le camp. C'est pas que je sois tenté,
comme beaucoup de ma génération, de dire qu'en
notre temps, c'était mieux. Mais le nostalgique
que je suis se rappelle qu'il ne serait jamais
venu à l'esprit d'aucun d'entre nous de lever la
main sur le maître ni, a fortiori, sur le «
directaire », quoi.
Or, on dirait que
pour les jeunes d'aujourd'hui, c'est une manière
d'affirmation de soi que de taper ceux qui sont
chargés de leur inculquer le savoir. Personne
n'à oublié- même si là-dessus subsistent des
zones d'ombre- ce qui s'est passé il y a un an
et demi au sein de l'université qui porte le nom
de notre 'présida ".
Et voilà que dans
l'un des plus grands bahuts de notre Gabon
d'abord, un élève se permet d'agresser à coups
de tête et de... dents le
«provisaire» ! Un
élève qui n'avait rien à faire là puisque
d'après ce que j’ai lu dans mon Premier grand
quotidien, il avait été renvoyé de l'internat.
S'il avait besoin
d'un rendez-vous galant, il aurait pu l'honorer
ailleurs et à un a titre moment, que diable!
Le pire dans tout
ça, c'est qu'on puisse échapper à la sanction
qui doit accompagner un acte aussi grave. Soit
dit en passant, ce sont les étudiants dont je
parlais plus haut qui doivent trouver bizarre le
fonctionnement de la justice dans notre doux
pays. Eux avaient été jetés à Sans-Famille,
malgré leurs dénégations, et étaient passés à la
barre.
Ici, j'apprends
qu'il n'y aurait rien eu de tel! Bon, on me dira
que dans cet univers de la justice-là, il ya des
subtilités qui échappent à ma compréhension de
titulaire du simple certificat d'études
indigènes. Qu’on peut par exemple laisser
quelqu'un en liberté sous contrôle judiciaire,
surtout quand ce quelqu'un fait l’école. Mais,
franchement, qui pourrait comprendre qu'une
telle affaire en reste là ?
A moins que tout
foute décidément le camp, quoi...