LOCALES 2008
Haut-Ogooué
La majorité sombre à
Mounana et contrainte
aux alliances à Moanda
Même dans la
commune de Bakoumba, les résultats provisoires
s'avèrent très serrés entre le Parti
démocratique gabonais (PDG) et l'Union gabonaise
pour la démocratie et le développement (UGDD).
L'OPPOSITION a
confirme sa présence dans plusieurs localités
importantes de la province du Haut-Ogooué.
Après l'élection de deux députés à Mounana
(Zacharie Myboto) et Moanda (Valentin Leyama) en
2006, l'Union gabonaise pour la démocratie et le
développement (UGDD), un parti politique qui se
réclame de l'opposition, accentue sa percée dans
ces deux contrées.
Dans la commune de
Mounana, désormais fief du président de l'UGDD,
l'ancien baron du régime, Zacharie Myboto, la
liste de ladite formation politique, du reste
conduite par la fille aînée de l'honorable
Myboto, Mme Chantal Myboto, n'a pas moins fait
que laminer ses adversaires issus du camp
présidentiel. Elle obtient 20 sièges sur 29.
Alors que les deux partis de la majorité qui
étaient aux commandes lors du mandat précédent
se partagent les 9 sièges restants, soit 5 pour
le Parti démocratique gabonais (PDG), et 4 pour
l’Alliance démocratique et républicaine (Adere).
Alors qu'en 2002, ces deux partis avaient
respectivement obtenu 13 et 16 sièges dans ce
même conseil municipal.
A Moanda la même
tendance est perceptible. Dans le premier
arrondissement l'UGDD dont la liste était
conduite par Lepemangoye Jean Rémy l'emporte
très largement avec 14 sièges sur les 19 à
pourvoir. Le parti au pouvoir en remporte que 2
seulement. Les 3 autres étant conquis par
une liste indépendante conduite par
Pierre Wilfrid Okoumba.
Dans le deuxième
arrondissement par contre, le PDG s'améliore en
obtenant 7 sièges sur 18. Cette fois le parti de
Zacharie Myboto recule considérablement en
n'obtenant que 3 sièges. Les 8 autres revenants
à une liste indépendante conduite par Isidore
Moupaya. Alors qu'en 2002, le parti au pouvoir
avait obtenu 16 conseillers dans le premier
arrondissement, et 14 dans le deuxième.
Dans le département
de la Lebombi-Leyou, sur 21 sièges à pourvoir
l'UGDD s'en sort avec 10, contre 9 pour le PDG
et 2 pour l'Adere.
Les résultats ne
sont pas plus rassurants dans la commune de
Bakoumba où l'UGDD talonne le PDG avec 7
conseillers contre 8...
PLURALISME Si tous ces
résultats sont confirmés il sera indéniable que
la majorité perdra désormais le contrôle de ces
localités. L'UGDD sera seule maître à bord à
Mounana, et à Moanda elle aura son mot à dire.
Car, malgré les alliances que le PDG peut
négocier avec les conseillers indépendants, ce
n'est pas pour autant que leur fidélité sera
assurée à tout moment.
Cette perte de
vitesse considérable des partis de la majorité
qui cède du terrain à l'Union gabonaise pour la
démocratie et le développement, consacrant ainsi
l'influence de son président dans ces contrées,
peut s'expliquer par plusieurs réalités. Dans
cet ordre d'idées, il faut d'abord souligner le
dysfonctionnement du PDG au niveau local.
Les responsables de ce parti alimentent souvent
une adversité entre eux. Ce qui fait que les uns
s'arrangent à contrer le travail des autres sur
le terrain.
Il y a aussi le
fait que pendant plus de 25 ans, le président de
l'UGDD a régné politiquement dans ces
circonscriptions situées en régions Nzebi. Ce
qui n'était pas un hasard. D'où, Il faut le
relever, le fait ethnique. Ces deux faits
expliquent sans doute les mauvais résultats de
cette formation dans les autres localités de la
province où le parti de l'honorable Zacharie
Myboto semble avoir du mal à percer. Même dans
la commune de Franceville, il n'obtient qu'un
seul conseiller sur 42...
Dans tous les cas,
cette forte présence de l'UGDD, un parti de
l'opposition, aura aussi le mérite de montrer
que le pluralisme existe dans cette partie du
Gabon. Contrairement à certaines idées reçues.