RECRUDESCENCE DU GRAND
BANDITISME
Les
moyens, talon d'Achille des forces de sécurité
ON leur demande des
résultats. Pourtant, toutes les conditions ne
sont pas réunies pour qu'ils remplissent avec
efficience leurs missions de gardien de la
société: Les forces de police nationale sont, en
effet, confrontés à d'innombrables difficultés
qui ne leur permettent pas d atteindre un
rendement optimal. Même la police de proximité
mise en place pares autorités du ministère de
l'intérieur n'est en réalité qu'un miroir aux
alouettes. Tout comme la police judiciaire, qui
réalise pourtant des prouesses en allant
débusquer des bandits de grand chemin dans leurs
sanctuaires.
De fait, l'amélioration des
conditions de travail de forces de sécurité
reste un véritable serpent de mer. Malgré les
discours de bonne volonté les policiers
remplissent leurs missions dans des conditions
extrêmement difficiles. S'agissant de la police
judiciaire, par exemple, les choses ne sont
guère reluisantes. En dehors eu la dotation des
véhicules qui avait été faite à cette entité par
le président de la République, rien n'est venu
changer le cours de chose ces dernières années.
Au contraire, tout va de mal
en pis. Le bâtiment qui abrite les services de
la lui par exemple, est en pleine déliquescence.
Sa réfection ne semble pas pour demain, tant le
dossier est, selon une source autorisée, rangé
dans les tiroirs de l'oubli. Pourtant dans un
passé récent; une entreprise libanaise avait été
choisie pour donner une cure de jouvence à
l'immeuble de trois niveaux dans lequel les
policiers sont entassés. Las d'émettre des
jérémiades; les agents préfèrent désormais se
murer dans un grand silence.
Dans une large mesure; le
visiteur qui arrive à la PJ est rebuté par la
décrépitude des locaux. Les murs n'ont pas été
repeints depuis des décennies. De même, la
toiture est si usée qu'elle laisse suinter de
l'eau dans les différents bureaux. Pour éviter
d'avoir les pieds dans l'eau lors des pluies
torrentielles qui s'abattent sur la ville, les
agents sont souvent contraints de recourir à des
récipients. C'est d'ailleurs les seuls moments
où la chaleur baisse de manière significative,
car les climatiseurs y sont des équipements
rares.
Un autre facteur d'insomnies
demeure la vétusté des véhicules d'intervention.
Certains, acquis sur le marché d'occasion, ne
répondent pas aux exigences et tombent parfois
en panne lors des courses-poursuites avec le
bandits, très souvent puissamment armés. Ce
genre d'intervention met d'ailleurs l'expérience
des flics à rude épreuve. Car, ils ne disposent
pas du dispositif sécuritaire nécessaire à même
de les protéger avant de prétendre protéger les
autres citoyens. En 2004, indique-ton, un
gardien de la paix paya de sa vie lors d'une
course-poursuite avec les bandits sur l'axe
reliant Awendjé au PK8, via le Beau-Séjour.
Le fardeau des policiers est
alourdi par l'absence des primes de risques et
l'absence de logements. Outre les officiers
supérieurs, les subalternes sont disséminés à
travers les différents quartiers de la capitale,
où ils côtoient au quotidien les bandits. D'où
parfois leurs réticences à intervenir dans
certaines situations où les acteurs impliqués se
révèlent être des voisins.
A travers ce constat, on
comprend aisément la persistance de l'insécurité
à travers Libreville et ses environs. Car, on
voit mal comment les policiers peuvent assurer
la protection d'autres personnes si eux-mêmes ne
sont pas en sécurité. Un malheur n'arrivant
seul, la remise en liberté précipitée et
inexpliquée de certains mafiosi n'est pas de
nature à motiver les agents chargés de constater
les infractions à la loi et d'en rechercher les
auteurs. Autant de facteurs donc qui découragent
les policiers et rendent difficile le combat de
longue haleine qu'est la lutte contre
l'insécurité à Libreville.