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Le quotidien l'Union du 02 mai 2007

 

ÉVOLUTION ÉCONOMIQUE EN AFRIQUE CENTRALE

L'or noir, locomotive des bonnes perspectives de croissance en 2007

Ces cours favorables du baril de pétrole permettront une amélioration des soldes commerciaux. Pour les pays enclavés, les conditions défavorables pourront trouver une issue à travers le renforcement des institutions d'intégration et de coopération sous-régionale, et le développement des infrastructures.

C'EST à l'occasion de la 25e réunion du Comité intergouvernemental d'experts (CIE) de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique centrale (CEA) organisée à Libreville en avril dernier, que l'analyse quantitative des politiques économiques dans a0zone de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) au cours de la période 2005 - 2006, a été rendue publique. Ce que l'on retiendra de cette analyse, c'est que dans la zone CEEAC, les bonnes perspectives de croissance en 2007 résultent du dynamisme du secteur pétrolier de certains pays.

La performance hors pétrole est moins brillante. Le secteur agricole, par exemple, est vulnérable aux contions météorologiques et aux fluctuations des prix internationaux des produits de base.

Quant au secteur industriel et celui des services, ils sont pénalisés par la faiblesse des infrastructures et du système financier. Au niveau national, les structures productives sont encore peu diversifiées.

Ce qui limite le potentiel de croissance dans le moyen et long terme. Pour tout dire, le commerce extérieur se base surtout sur l'exportation des produits bruts (le pétrole, d'autres matières premières et les produits agricoles).

Les cours favorables du baril de pétrole et la stabilisation des prix de certains produits de base tels que le cacao et le café permettront une amélioration des soldes commerciaux. Paradoxalement, les producteurs de l'Afrique centrale pourraient rester au bout de la chaîne de valeur en n'obtenant qu'une modeste part de la valeur ajoutée totale des biens.

Par ailleurs, les données montrent des conditions particulièrement défavorables pour les pays enclavés, surtout en raison des mauvaises connexions et des transports. Il y a, de ce fait, des défis à relever, notamment le renforcement des institutions d'intégration et de coopération sous-régionale.

L'autre défi, et non des moindres, concerne le développement des infrastructures. S'agissant d'abord de ce dernier point, on peut relever la nécessité de renforcer le secteur des transports.

Ceci est d'autant plus important que le manque ou l'insuffisance des infrastructures de transport est l'une des causes les plus évidentes de la faible compétitivité internationale des pays de l'Afrique centrale. Cette carence est aussi à la base du retard dans la réalisation d'un véritable marché régional (en zone Cémac) et du faible niveau des échanges intracommunautaires.

Le désavantage comparatif des pays enclavés est évidemment lié aux problèmes des infrastructures de transport. Les gouvernements de la sous-région devront relever ce défi et, bien sûr, exploiter les opportunités offertes par la coopération sous-régionale.

CADRE INSTITUTIONNEL • Le Plan directeur consensuel des transports en Afrique centrale (PDCT-AC) est un exemple de projet communautaire pour la création d'infrastructures de transports. Cependant, la concrétisation véritable de ce projet paraît difficile, dans la mesure où, au niveau national, les infrastructures de transport dans plusieurs pays sont peu développées.

L'on ne comprendrait donc pas que les gouvernements de notre sous-région pensent d'abord à développer un projet communautaire, alors que les initiatives nationales stagnent. Qu'à cela ne tienne, il est important de noter que ce type de projets sous-régionaux peuvent être financés, en grande partie, par les excédents budgétaires enregistrés dans les pays pétroliers.

Ces excédents budgétaires peuvent être mobilisé à travers différents canaux et mis à la disposition de la BDEAC. Toutefois, pour des raisons de crédibilité, il est possible d'envisager la création d'une Banque sous-régionale d'investissement à l'instar de la Banque européenne d'investissement (BEI).

Au sujet du défi institutionnel, on a évoqué plusieurs fois l'importance de la coopération sous-régionale pour aborder certains défis. Pourtant, le succès de la coopération et de l'intégration repose sur l'existence d'un cadre institutionnel efficace.

Au cours de ces dernières années, la faiblesse des institutions sous-régionales s'est manifestée au niveau des ressources financières et humaines. En ce qui concerne le financement des institutions sous-régionales, celui-ci est principalement assuré par la Taxe communautaire d'intégration (TCI) dont le taux est de 1 % pour les pays de la Cémac.

Il est aussi assuré par la Contribution communautaire d'intégration (CCI) fixée à 0,4% pour la CEEAC. On regrette, cependant, le fait que les ressources de ces deux taxes sont, non seulement insuffisamment collectées, mais sont rarement reversées dans leur intégralité aux différentes institutions auxquelles elles sont destinées.

De ce fait, il convient de trouver les mécanismes contraignants qui permettent de reverser intégralement les sommes dues aux institutions, afin d'assurer leur bon fonctionnement. En ce qui concerne la gouvernance des institutions, dans le cadre des réformes de "deuxième génération" de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC), il est souhaitable qu'un comité de la politique monétaire soit créé et que la Banque . rende des comptes dès qu'un parlement communautaire sera mis en place.

Au niveau de la Cémac, les réformes en cours, coordonnées par la Guinée Equatoriale, prévoient la création d'une commission avec un président et des commissaires en charge des domaines de coopération clairement identifiés.

La question fondamentale est celle de savoir si la faiblesse des institutions communautaires n'est pas que le reflet de la faiblesse des institutions nationales. Si tel est le cas, est-il possible d'avoir des entités communautaires fortes pour entraîner celles des nations membres ?

Source : Journal L'Union Plus du 02 mai 2007

 



   

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