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Le quotidien l'Union du 30 Juin et 1er Juillet 2007

 

MAUX ET DÉBAT

Chikungunya et réveil des consciences

A quelque chose malheur est bon, a-t-on coutume de dire. Il a fallu que se déclare dans notre pays une épidémie du Chikungunya pour que le gouvernement, les pouvoirs publics, la société civile et la population elle-même, se rendent compte curieusement que Libreville est une ville insalubre, toue les montagnes d'ordures jonchent les rues à longueur de journée, que la décharge de Mindoubé est déjà saturée, que les hautes herbes parsèment la cité notamment les abords des concessions pour que l'on découvre qu'ils constituent le lit où ont couvé pendant des années,de nombreuses pathologies connues comme le paludisme, le typhus, le choléra, ou émergentes, de type chikungunya, qui vient de faire son apparition au Gabon.

La mobilisation; mieux l'activisme (désintéressé ?) et le réveil des consciences de différents acteurs, constatés ces derniers mois, sur le terrain de l'insalubrité sont donc à mette à l'actif du Chikugunya. La propagation de l'épidémie a tiré de la léthargie les gouvernants, qui ont le devoir de protégé la santé des citoyens, qui ont compris l'urgence d'entreprendre des actions concrètes sur le terrain, afin de rassurer la population. Les campagnes de sensibilisation; de nettoyage d'ordures, de désinsectisation et autres pulvérisations, les opérations "quartiers propres", menées' ici et là, obéissent a cette logique. Avec pour finalité d'impliquer le citoyen â l'assainissement de son environnement.

S'agissant justement de l'insalubrité décriée à travers la vile, la population est pointée du doigt dans cette situation de par son comportement incivique et désinvolte. En effet, en foulant aux pieds les mesures d'hygiène et les arrêtés municipaux relatifs la salubrité publique, le citoyen favorise lui-même les conditions de sa propre déchéance.

Mais il faut reconnaître que cette désinvolture est renforcée, en partie, par l'inertie de l'autorité municipale, qui manque de fermeté dans l'application stricte de ses décisions, et l'absence de sanctions vis-à-vis des réfractaires. Pourtant, les nouvelles dispositions mises en place par la mairie de Libreville et la Société de valorisation des ordures ménagères du Gabon (Sovog) relatives au ramassage des ordures ménagères dans la commune de Libreville, et qui entrent en application le mois prochain, exigent une adhésion et une implication des citoyens, au risque de voir cette opération vouée à l'échec.

Comme d'autres l'ont été dans le passé.

Face à une population qui a développé le sentiment d'impunité el &irresponsabilité, comment le nouvel édile de la capitale l'entend-il s'y prendre pour faire changer de comportements à ses administrés, lui qui menace en ces termes: "le non respect de cette mesure sera fermement sanctionné par des poursuites judiciaires et de fortes amendes" Attendons de voir.

Quoi qu'il en soit, cette volonté manifeste de s'attaquer de front au problème des ordures ménagères dans la ville est louable. A condition que chaque acteur impliqué dans la gestion de celle-ci joue correctement et honnêtement sa partition. Car, autant les producteurs des déchets sont mis à l'index pour leurs comportements inciviques, tout comme la mairie pour son inertie, autant la société chargée de la collecte de ces déchets a aussi sa part de responsabilité dans la prolifération des dépôts d'immondices. L'insuffisance et/ou l'absence des bacs dans tous les quartiers, l'irrégularité du passage des camions dans certains quartiers, l'extension de la ville et ses corollaires dont l'augmentation de la population, etc, sont sources de la persistance de l'insalubrité à Libreville. Ville en constante expansion, avec de nouvelles zones urbanisées ou non, elle nécessite un redéploiement des moyens matériels et humains.

Or, le constat sur le terrain démontre que la Sovog, qui détient le monopole de la collecte des ordures ans les six arrondissements de Libreville, pour une ville de près de 700.000 habitants ne parvient pas, toute seule, â couvrir tout cet espace en temps réel. Si bien que dans certains quartiers, il n'est ~as rare de voir des poubelles débordant d'immondices rester des jours entiers, sans être vidées.

De quels moyens peut alors user l'habitant, à qui on demande d'assainir son environnement pour lutter contre le paludisme et le chikungunya, s'il cohabite avec des dépôts où des, bacs à ordures lion nettoyés ou non vidés quotidiennement ? .

C'est dire que le problème de la gestion des ordures ménagères par la mairie Libreville, dont la responsabilité n'est pas à épargner, impose une renégociation de la convention qui la lie avec la Sovog, afin de voir dans quelle mesure, ni pratiquer d'autres entreprises prestataires dans la collecte des déchets ménagers dans les six arrondissements de Libreville . Des circonscriptions, administratives à l'intérieur desquelles certains quartiers sont devenus des villes dans la ville. Le cas d'Agondjè, Nzeng-Ayong, etc.

La concurrence recèle des vertus que le monopole ne se donne pas la pair de révéler.

Source : Journal L'Union Plus du 30/06 et 01/07/2007

 



   

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