PRIVATISATION DE GABON TÉLÉCOM
Abdeslam
Ahizoum : "
La dette
financière de Gabon Télécom était lus importante
que celle annoncée"
Le président du directoire de
Maroc Télécom a tenu, au cours d'un point de
presse, à battre en brèche les contre-vérités
entretenues à dessein sur la privatisation de
Gabon Télécom, et à faire la lumière sur les
comptes réels de l'entreprise tels qu'audités
par des commissaires aux comptes indépendants.
LE
président du directoire de Maroc Télécom,
Abdeslam Ahizoum a animé tard dans la nuit de
mercredi un point de presse à l'hôtel
Intercontinental Okoumé Palace.
Il était question pour
Abdeslam Ahizoum d'éclairer le public sur la
privatisation de Gabon Téfécom et, notamment, à
faire la lumière sur les comptes réels de
l'entreprise.
"En tant qu'entreprise cotée
en bourse, j'ai l'obligation de tout vous dire
en toute transparence" a-t-il d'emblée
précise.
Il ressort des explications
du président du directoire de Maroc Télécom, que
la situation antérieure de Gabon Télécoin, jugée
chaotique selon ses propos, était, entre autre,
caractérisée par une gestion calamiteuse
contraire aux règles de bonne gouvernance et par
un pillage et une gabegie généralisés.
Cet état de délabrement de
l'entreprise, soutient-il, n'a pu être mis à
jour qu'une fois la nouvelle direction générale
mise en place.
La documentation transmise
par la banque conseil du gouvernement gabonais
(HSBC) aux candidats à la reprise de Gabon
Télécom ne permettait pas d'en déceler
l'ampleur, en raison des erreurs ou des lacunes
qui l'entachaient.
Devant l'absence
d'informations fiables sur les états financiers
de Gabon Télécom - et le refus des précédents
commissaires aux comptes de certifier les
comptes, en particulier ceux de l'exercice
2006le repreneur a avancé 26 millions d'euros
(environ 17 milliards) sur les 61 millions (40
milliards de francs) du montant du rachat, et
s'est entendu avec le gouvernement pour mettre
en place un mécanisme d'ajustement des prix en
fonction de l'état réel du patrimoine de
l'entreprise. En d'autres termes, le montant
initial de cession (40 milliards) pourrait donc
être revu à la baisse.
" Nous avons constaté que les
comptes n'étaient pas certifiés. C'est comme
si vous achetiez une maison et vous
ne savez pas ce qui est à l'Intérieur(...)
Notre premier chantier était donc leur
certification (..)." ,
En effet, affirme-t-il, de
graves défaillances ont été constatées par les
commissaires aux comptes dans les livres
comptables de Gabon Télécom pour l'année 2006.
Ils révèlent, d'après le
repreneur, que comparées aux estimations
effectuées sur la base des documents fournis par
l'ancienne direction générale, les dettes
financières de Gabon Télécom se sont élevées à
79,2 milliards de francs CFA au lieu des 68,8
milliards de FCFA annoncés, et que les dettes
fournisseurs atteignent 221 milliards de FCFA
contre 142 milliards officiellement déclarés.
Opacité et dénigrement.
L'examen des contrats, a-t-il ajouté, a fait
apparaître que la plupart d'entre eux ont été
conclus à des prix extrêmement élevés par
rapport au marché. De plus, des paiements
seraient intervenus sans contrepartie ou pour
des prestations en deçà des niveaux exigés.
Ainsi des sociétés de prestation de services
ont, selon le repreneur, reçu des paiements en
l'absence de toute prestation. Ou encore, des
contrats de maintenance auraient été signés et
auraient fait l'objet de paiement pour des
systèmes qui n'ont jamais été mis en service.
Il apparaîtrait également que
des sociétés étrangères se seraient vu confier
l'autorisation de terminer, à titre exclusif, le
trafic international au Gabon dans des
conditions défavorables, avec des tarifs très
avantageux pour ces sociétés, sans aucune
justification économique.
Par ailleurs, le repreneur a
constaté que les avantages en nature que
s'octroyaient les dirigeants étaient sans
commune mesure avec les normes admises dans une
entreprise (dotations téléphoniques illimitées,
parc de véhicules pléthorique, allocations de
carburant excessives, frais de missions
somptuaires...).
Face à ces constatations,
Maroc Télécom s'insurge contre les manoeuvres
dilatoires cherchant à empêcher la vérité
d'éclater et à remettre en cause une opération
dans laquelle elle s'est beaucoup engagée. Elle
dénonce la cabale médiatique orchestrée contre
elle, et fait état des difficultés rencontrées
depuis trois mois pour ces experts d'obtenir
leur titre de séjour.