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Le quotidien l'Union du 30 Juin et 1er Juillet 2007

 

PRIVATISATION DE GABON TÉLÉCOM

Abdeslam Ahizoum : " La dette financière de Gabon Télécom était lus importante que celle annoncée"

Le président du directoire de Maroc Télécom a tenu, au cours d'un point de presse, à battre en brèche les contre-vérités entretenues à dessein sur la privatisation de Gabon Télécom, et à faire la lumière sur les comptes réels de l'entreprise tels qu'audités par des commissaires aux comptes indépendants.

LE président du directoire de Maroc Télécom, Abdeslam Ahizoum a animé tard dans la nuit de mercredi un point de presse à l'hôtel Intercontinental Okoumé Palace.

Il était question pour Abdeslam Ahizoum d'éclairer le public sur la privatisation de Gabon Téfécom et, notamment, à faire la lumière sur les comptes réels de l'entreprise.

"En tant qu'entreprise cotée en bourse, j'ai l'obligation de tout vous dire en toute transparence" a-t-il d'emblée précise.

Il ressort des explications du président du directoire de Maroc Télécom, que la situation antérieure de Gabon Télécoin, jugée chaotique selon ses propos, était, entre autre, caractérisée par une gestion calamiteuse contraire aux règles de bonne gouvernance et par un pillage et une gabegie généralisés.

Cet état de délabrement de l'entreprise, soutient-il, n'a pu être mis à jour qu'une fois la nouvelle direction générale mise en place.

La documentation transmise par la banque conseil du gouvernement gabonais (HSBC) aux candidats à la reprise de Gabon Télécom ne permettait pas d'en déceler l'ampleur, en raison des erreurs ou des lacunes qui l'entachaient.

Devant l'absence d'informations fiables sur les états financiers de Gabon Télécom - et le refus des précédents commissaires aux comptes de certifier les comptes, en particulier ceux de l'exercice 2006le repreneur a avancé 26 millions d'euros (environ 17 milliards) sur les 61 millions (40 milliards de francs) du montant du rachat, et s'est entendu avec le gouvernement pour mettre en place un mécanisme d'ajustement des prix en fonction de l'état réel du patrimoine de l'entreprise. En d'autres termes, le montant initial de cession (40 milliards) pourrait donc être revu à la baisse.

" Nous avons constaté que les comptes n'étaient pas certifiés. C'est comme si vous achetiez une maison et vous ne savez pas ce qui est à l'Intérieur(...) Notre premier chantier était donc leur certification (..)." ,

En effet, affirme-t-il, de graves défaillances ont été constatées par les commissaires aux comptes dans les livres comptables de Gabon Télécom pour l'année 2006.

Ils révèlent, d'après le repreneur, que comparées aux estimations effectuées sur la base des documents fournis par l'ancienne direction générale, les dettes financières de Gabon Télécom se sont élevées à 79,2 milliards de francs CFA au lieu des 68,8 milliards de FCFA annoncés, et que les dettes fournisseurs atteignent 221 milliards de FCFA contre 142 milliards officiellement déclarés.

Opacité et dénigrement. L'examen des contrats, a-t-il ajouté, a fait apparaître que la plupart d'entre eux ont été conclus à des prix extrêmement élevés par rapport au marché. De plus, des paiements seraient intervenus sans contrepartie ou pour des prestations en deçà des niveaux exigés. Ainsi des sociétés de prestation de services ont, selon le repreneur, reçu des paiements en l'absence de toute prestation. Ou encore, des contrats de maintenance auraient été signés et auraient fait l'objet de paiement pour des systèmes qui n'ont jamais été mis en service.

Il apparaîtrait également que des sociétés étrangères se seraient vu confier l'autorisation de terminer, à titre exclusif, le trafic international au Gabon dans des conditions défavorables, avec des tarifs très avantageux pour ces sociétés, sans aucune justification économique.

Par ailleurs, le repreneur a constaté que les avantages en nature que s'octroyaient les dirigeants étaient sans commune mesure avec les normes admises dans une entreprise (dotations téléphoniques illimitées, parc de véhicules pléthorique, allocations de carburant excessives, frais de missions somptuaires...).

Face à ces constatations, Maroc Télécom s'insurge contre les manoeuvres dilatoires cherchant à empêcher la vérité d'éclater et à remettre en cause une opération dans laquelle elle s'est beaucoup engagée. Elle dénonce la cabale médiatique orchestrée contre elle, et fait état des difficultés rencontrées depuis trois mois pour ces experts d'obtenir leur titre de séjour.

Source : Journal L'Union Plus du 30/06 et 01/07/2007

 



   

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