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Le quotidien l'Union du 29 Juin 2007

 

ÉDUCATION/FRAUDES AUX EXAMENS

A quand les sanctions contre les coupables et leurs complices ?

Les examens nationaux et les diplômes délivrés à l'issue de ceux-ci n'en finissent plus de perdre leur crédibilité. L'image du pays s'en trouve forcément écornée.

UN candidat au baccalauréat a été pris mercredi, en pleine composition, avec le corrigé de l'épreuve de philosophie au centre du lycée national Léon Mba. Ce candidat tricheur, c'est peut-être la partie visible de l'iceberg: les membres du réseau de vente des sujets d'examens au ministère de l'Education nationale ne sauraient se contenter d'un client pour faire leur beurre. Et tant qu' ils demeureront impunis, ils ne s'arrêteront pas en si bon chemin.

Les fraudeurs aux examens ayant bénéficié de coin licité en amont sont, en effet, légion. Mais si de temps en temps on punit les coupables, les complices, ceux qui mettent les épreuves ou les corrigés à la disposition des candidats, ne sont jamais inquiétés.

Jusqu'à présent, l'opinion nationale, que le ministre de l'Education nationale de l'époque avait ameutée, attendes sanctions disciplinaires et pénales promises aux employés de ce département qui avaient vendu en 2005 les corrigés des épreuves du BEPC (brevet d'études du premier cycle) aux candidats. L'enquête confiée à la direction générale des recherches (DGR), aux fins de débusquer les fonctionnaires indélicats, suit certainement son cours.

Tout comme celles qui ont été diligentées en 2002 et en 2000, pour les mêmes raisons. Mais il n'y a as d'illusions à se faire sur aboutissement desdites enquêtes, donc sut les châtiments, tant les pourvoyeurs des sujets d'examens et des corrigés semblent bénéficier de protection, pour le moins, à un niveau élevé. Il y a quelques années, un ministre de l'Education nationale s'était répandu dans les médias pour protester contre la détention préventive d'un proche collaborateur soupçonné d'avoir organisé des fuites la veille d'un examen.

Des élèves également bénéficient de protection. Il est arrivé que des candidats pris la main dans le sac échappent curieusement à la sanction.

Il résulte de ce laisser-aller la perte de crédibilité pour les examens nationaux et les diplômes délivrés à l'issue de ceux-ci. Dans certains pays où ils vont poursuivre les études, les jeunes Gabonais doivent parfois refaire une partie du cursus afin de le valider.

Les bons étudiants se passeraient volontiers de cette perte de temps et d'énergie. L'Etat, qui finance les études, se passerait du gaspillage des moyens.

Pour le pire des cas, à cause du discrédit jeté par les fraudeurs et leurs complices sur les examens et les diplômes nationaux, les étudiants ont du mal à obtenir les visas dans les représentations diplomatiques des pays occidentaux. Le commerce des épreuves et des corrigés tient à la tendance, de plus en plus prononcée, des Gabonais à tirer coûte que coûte profit de la position qu'ils occupent.

Sa prospérité s'explique par une autre tendance : la perte du goût de l'effort et le recours aux solutions de facilité. Au lieu de préparer les examens, les candidats attendent patiemment le «carreau» (le corrigé des épreuves).

En classe, la perte du goût de l'effort a favorisé les fameuses «moyennes sexuellement transmissibles» et se traduit par la baisse du niveau, dans un système éducatif dont les lacunes crèvent désormais les yeux. Les résultats des examens pourraient encore en faire foi.

Le ministre de l'Education nationale avait qualifié ceux de l'année dernière de «désastre national».

Source : Journal L'Union Plus du 29/06/2007

 



   

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