A PROPOS DE LA PRIVATISATION
DE GABON TÉLÉCOM
Le
processus suit son cours et les députés
recevront le rapport final
La promesse a été faite, hier,
par le ministre d'Etat en charge de l'Economie,
des Finances, du Budget, et de la Privatisation,
Paul Toungui. Toutefois, tout en se réjouissant
de l'intérêt accordé à ce dossier par les uns et
les autres, et face à l'engouement suscité par
la cession des parts du capital de Gabon Télécom
à une société privée, l'hôte des élus s'est
demandé pourquoi tant de passion pour «le
comment» et peu d'enthousiasme pour le «pourquoi
» ?
L'UN
des points à l'ordre du jour hier à l'Assemblée
nationale concernait la privatisation de la
société de télécommunications, Gabon Télécom et
sa filiale Libertis. L'interpellation lue par le
président du groupe parlementaire de l'Union du
peuple gabonais (UPG), l'honorable Pierre
Mamboundou, était adressée au
ministre d'Etat en charge de
la Privatisation, Paul Toungui.
Comme cela est d'usage,
d'autres députés devaient compléter, par des
questions, l'interrogation de leur collègue
Mamboundou. Cette tâche est revenue aux
représentants des groupes parlementaires du
Parti démocratique gabonais (PDG), Emmanuel des
Forces du changement, Léon Mbou Yembi, de l'UPG,
Pierre Mamboundou qui a du reste dû interrompre
son propos pour des raisons de procédure.
Toujours dans le même registre, il faut ajouter
les interventions du groupe des démocrates
républicains (GDR) et de celui dit Rassemblement
pour le Gabon (RPG) représenté par Faustin
Laurent Bili-bi-Essone.
Dans l'ensemble, on peut
retenir que les interrogations des députés ont
porté essentiellement sur les textes de droit
gabonais sous l'empire duquel le contrat a été
conclu; le choix de faire déterminer le prix
définitif de la transaction par 1 acquéreur ; et
la clause de confidentialité par les parties du
pacte d'actionnaires et du contrat de cession
des actions. Quelques préoccupations ont
également été exprimées quant à la sauvegarde
des intérêts du Gabon et des employés de Gabon
Télécom.
D'une manière générale, le
ministre d'Etat Toungui qui a fait un bref
rappel sur les rasons de la privatisation et la
procédure suivie, a souligné que l'opération a
été initiée et finalisée par le gouvernement en
application des dispositions pertinentes de la
loi 1 /96. Il a dit que la cession des actions
de ces sociétés à Maroc Télécom a été réalisée
en conformité des prescriptions en vigueur en
matière de contrat de cession de valeurs
mobilières ou de vente en général (Acte OHADA).
Ainsi que, la mise à jour des statuts de ces
sociétés qui a été faite en a pli cation des
dispositions de l'acte uniforme OHADA, relatif
aux sociétés commerciales et au groupement
d'intérêt économique...
PASSION • Sur la
détermination du prix de la transaction, on
retiendra que le mécanisme de révision ou
d'ajustement du prix de vente prévu par le
contrat ne relève as de la seule appréciation de
Maroc Télécom, mais d'un accord des parties.
«Cette révision, a garanti le ministre d'Etat,
est fonction de la variation entre les éléments
estimés de l'actif et du passif 2006, sur la
base des informations fournies par les
directions générales des deux sociétés (comptes
2004, 2005, et les budgets 2006) et les états
financiers définitifs 2006, certifiés par les
commissaires aux comptes.
Par rapport à la clause de
confidentialité, Paul Toungui a rappelé que
l'obligation de confidentialité ne vaut qu'à
l'égard des tiers au contrat, en ce sens que les
parties s'interdisent d en divulguer le contenu
non pas à elles-mêmes, mais à autrui. Autrement
dit, les parties, et notamment la République
gabonaise, est parfaitement informée des
moindres détails de cette convention. Et la
République gabonaise est comprise ici dans sa
globalité, c'est-à-dire les pouvoirs exécutif et
législatif.
Pour être plus complet sur
cette question, le ministre d'Etat qui a
souligné qu'aucune loi n'interdit la rédaction
des clauses de confidentialité dans tout contrat
commercial, a dit que dans le cas d'espèce, elle
ne s'applique pas qu'à l'Etat gabonais, mais
aussi à Maroc Télécom qui a eu accès à toutes
les informations techniques, financières et
d'organisation des entités privatises. Elle vise
donc en tout premier lieu Maroc Télécom...
En somme, face aux
préoccupations des députés, Paul Toungui a dit
que personne n'a intérêt à brader une partie du
patrimoine national. même, il a infirmé un
certain nombre d'appréciations exagérées aux
yeux du gouvernement, relatives à la perte de la
souveraineté, et la minimisation des intérêts du
Gabon, etc.
Toutefois, tout en rassurant
les députés sur le fait réel que le travail se
poursuit dans le cadre des négociations, il a
promis que leur institution recevra le rapport
final de la transaction.
En outre, le ministre d'Etat
aux Finances s'est réjoui du grand intérêt
accordé à ce dossier lié à la privatisation de
Gabon Télécom aujourd'hui. Il a déploré que
depuis 10 ans lorsque le processus était engagé
beaucoup se montraient plutôt indifférents. Le
patron des Finances souhaiterait que la passion
suscitée par le «comment»cette société
parapublique a été privatisée, soit la même pour
le «pourquoi» elle l'a été.