FAIT DIVERS
Démantèlement, d'un réseau de faussaires
Les éléments de la brigade
mobile d'immigration et de la gendarmerie ont
mis la main sur une filière organisée qui
fournissait des passeports gabonais aux
candidats à l'émigration vers l'Europe.
LA
brigade de la Direction générale de la
documentation et de l'immigration (DGDI) vient
de démanteler une vaste filière d'immigration
très bien organisée, constituée d’expatriés de
nationalités diverses. Un des cerveaux du
réseau, Martin Galaki, était en mesure de
reproduire toutes sortes de documents, notamment
des permis de conduire, des cartes
diplomatiques, des attestations d'emploi, des
passeports, et même le tampon de la DGDI.
Le coup de filet a réussi
grâce à une collaboration efficiente entre la
DGDI et la gendarmerie nationale dont les
éléments ont arrêté l'un des présumés chefs du
réseau, poursuivi antérieurement pour
escroquerie. L'autre, Koli Ngoma, alias Patrick,
est en fuite. Le substitut du procureur de la
République, Jean Bedel Moussodou, a
personnellement présenté les oeuvres de ces
faussaires et exprimé toute l'indignation des
autorités gabonaises.
La sonnette d'alarme a été
tirée par les condamnations en France de 500
Gabonais pour divers délits. Ce qui est
difficile à comprendre, quand on sait le côté
casanier de nos compatriotes, qui préfèrent
rentrer au pays plutôt que de se maintenir dans
l'illégalité en Europe. Il s'agit, en
fait, de gens qui se prévalent de la nationalité
gabonaise , a précisé jean Bedel Moussodou.
Les investigations policières
ont abouti à la découverte au Gabon, d'un ou des
réseaux qui fournissent à des sujets étrangers,
le passeport gabonais. Lequel constitue encore
un pièce crédible pour ouvrir les fortes
verrouillées de l'Europe. Ainsi, tous les
condamnés appréhendés en France sont tout, sauf
des Gabonais.
Excellent faussaire, Martin
Galaki n'a eu besoin que de l'imprimé d'un
passeport gabonais, dûment fourni par certains
compatriotes du Cedoc qui, selon le substitut du
procureur, "souffrent visiblement d'un déficit
de patriotisme ". Car, ces derniers vont
jusqu'à monnayer dans les quartiers, auprès de
ces réseaux mafieux, des passeports sur lesquels
des erreurs sont survenues, donc déclassés pour
être brûlés.
Il suffisait seulement que
ces faussaires mettent la photo d'un quidam,
pour qu'il prenne alors l~identité du légitime
propriétaire du passeport. Conséquence : on se
retrouvait avec un double passeport, parce crue
le numéro de celui qui a été déclassé est
systématiquement reporté sur un autre,
authentique, et délivré à un autre individu.
Une centaine de passagers
clandestins sont passés par cette brèche depuis
le début de l'année 2006. C'est grâce à leurs
techniques de détection de la fraude
documentaire, de concert avec la gendarmerie
nationale, que les agents de la Police de l'air
et des frontières (PAF) ont pu démanteler une
partie de ce vaste réseau. Cerveaux, recruteurs,
fournisseurs de passeports et facilitateurs
devront ainsi répondre de leur rôle devant la
justice pour association de malfaiteurs.
Ils seront présentés
aujourd'hui, au parquet, où le procureur de la
République va statuer sur leur sort. A
l'exception de Koli Ngoma Patrick qui court
encore.