ASSAINISSEMENT PRIORITAIRE DE
LA VILLE DE LIBREVILLE
L'Etat
va déguerpir, indemniser mais pas reloger les
victimes
C'est ce qui ressort de la
réunion présidée hier, à l'Hôtel de Ville, par
le ministre d'Etat au Travaux publics, Idriss
Ngari. L'opération d'indemnisation commencera au
début du mois de juillet 2007 et le
déguerpissement en août. Ce projet
d'assainissement touchera les bassins versants
de Sainte-Marie Awondo de la Batavea et de
Sainte Anne Arambo et la zone industrielle d'Oloumi.
ASSAINIR
la ville de Libreville est devenu un projet
primordial pour les autorités gabonaises. Hier,
à la faveur d'une réunion qui s'est tenue à la
mairie de la capitale, le gouvernement,
représenté par les ministres Idriss Ngari
(Travaux publics) et Alexandre Barro Chambrier
(délégué aux Finances), a réitéré sa ferme
détermination à faire aboutir ce projet.
Lequel bénéficie d'un
financement de 19 milliards de francs, obtenu
auprès de l'Agence française de développement (AFD),
par le biais d'une convention passée le 27
novembre 2002. L'objectif de cette opération,
qui commencera au début du mois de juillet
prochain, vise à donner à Libreville, un autre
type d'urbanisation qui mettra fin aux
constructions anarchiques.
Car l'un des problèmes de la
capitale, est l'abondance des quartiers
sous-intégrés. Sur 98 quartiers répertories à
Libreville, 85 seraient de cette catégorie.
Le projet est donc d'une
importance capitale, dans la mesure où, l'on n'a
de cesse de se plaindre de l'insalubrité due
justement au manque d'assainissement. Ce qui
est, malheureusement, la cause principale des
calamités constatées, notamment les inondations
et l'émergence des maladies comme le paludisme
et le Chikungunya.
Le chronogramme des travaux,
arrêté par le gouvernement et présenté par le
ministre d'Etat aux Travaux publics, prévoit la
période d'indemnisation des déguerpis pour début
juillet, celle de la signature du marché relatif
aux travaux et à la notification à l'entreprise
adjudicataire pour la mi-juillet.
Le démarrage du
déguerpissement est, quant à lui, programmé au
début du mois d'août, tandis que le début de
l'opération de démolition et de l'installation
de l'entreprise est prévu pour la mi-août. Pour
l'ensemble du projet, 709 maisons sont touchées
par cette opération de déguerpissement.
Ce qu'il faut redouter, c'est
le refus de certains propriétaires des maisons
répertoriées de déguerpir lorsqu ils auront déjà
perçu, leurs frais d'indemnisation. A
notre connaissance, aucune mesure dissuasive
voire de sanctions n'a été prise à l'encontre de
ceux qui ont par le passé, refusé d'obtempérer
aux injonctions de l'administration. C'est aussi
la crainte des responsables de la mairie de
Libreville.
INQUIETUDE• Le deuxième
adjoint au maire de Libreville, Medhi Teale, n'a
pas eu tort d'exprimer son inquiétude à ce
sujet, dans la mesure où cela s'était déjà
produit au quartier Plaine-Oréty où des
déguerpis ont été indemnisés à trois reprises
sans jamais quitter les lieux.
Pour éviter cela, le
gouvernement et le Conseil municipal
doivent non seulement élaborer un programme de
sensibilisation des populations concernées mais
aussi, l'accompagner des mesures de sanction.
Ces dernières devraient, pour leur part,
comprendre la nécessité d'assainir Libreville,
la capitale du pays où vit plus de la moitié de
la population nationale.
Les débats ont permis aux
différentes administrations impliquées dans ce
projet, de faire un certain nombre propositions
visant justement a mieux faire comprendre aux
compatriotes l'importance du projet. Il est
prévu d'organiser des réunions dans les
arrondissements concernés, entre les élus et
leurs administrés.
D'aucuns pourraient accuser
l'Etat d'avoir laissé des gens occuper
illégalement "ses" terres. Mais l'on devrait
aussi comprendre qu'il n'est plus opportun de
s'éterniser sur les raisons qui ont favorisé
cette situation.
Libreville a besoin d'un
autre visage. Il faut donc un petit sacrifice,
si on peut le qualifier ainsi, au profit de
l'intérêt général. Il faut saluer le fait que l'Etat
a pris sur lui l'engagement de dégager une
importante somme d'argent pour indemniser tous
ceux qui sont touchés par cette décision
salutaire pour tous.
C'est dire que les pouvoirs
publics vont "acheter les noix de leurs propres
palmiers", en acceptant de dépenser un montant
de 3.234 821790 francs pour indemniser les
déguerpis, et un autre de 3,42 milliards de
francs pour la taxe sur la valeur ajoutée (TVA)
des travaux.
L'Etat va certes indemniser
mais ne relogera pas les déguerpis. Lesquels
vont bénéficier un supplément financier pour se
trouver un lopin de terre. L'argent leur sera
payé au Trésor public comme cela avait été fait
pour les déguerpis de la Vallée Sainte-Marie.
Rappelons que le projet
d'assainissement de la ville de Libreville
consiste, pour le bassin versant de
Sainte-MarieAwondo, en l'aménagement des berges
(curage et réhabilitation de drains naturels),
construction des canaux neufs en béton armé
(1432 ml), réalisation de piste latéritée (2 639
ml) et le déguerpissement de 146 maisons.
Pour le bassin versant de la
Batavéa, il s'agit des opérations de
réhabilitation des canaux existants (3 547 ml),
de construction des canaux neufs en béton armé
(4 035 ml), de réalisation de piste latéritée (7
225 ml) et du déguerpissement 452 maisons.
S'agissent du bassin versant
de Sainte-Anne-Arambo, il est question de curer
et réhabiliter les drains naturels (1725 ml), de
construire des canaux neufs en béton armé
(1766ml), de réaliser des pistes latéritées (3
488 ml) et de déguerpir 95 maisons.
Dans la zone industrielle d'Oloumi,
il s'agira d'aménager aussi des berges (2 600
ml), de réhabiliter les chaussées bitumées,
pavées ou des variantes chaussées en béton (4
325 ml), de déguerpir 16 habitations, de curer
et réhabiliter les canaux existants (3 900 ml),
d'en construire d'autres et de drains
secondaires.
Pour ce qui est, enfin, des
points noirs, l'entreprise s'attellera à
aménager deux, au niveau de l'échangeur de la
cité de la Démocratie et de celui du quartier
Akébé-Poteau.