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Le quotidien l'Union du 14 Juin 2007

 

ASSAINISSEMENT PRIORITAIRE DE LA VILLE DE LIBREVILLE

L'Etat va déguerpir, indemniser mais pas reloger les victimes

C'est ce qui ressort de la réunion présidée hier, à l'Hôtel de Ville, par le ministre d'Etat au Travaux publics, Idriss Ngari. L'opération d'indemnisation commencera au début du mois de juillet 2007 et le déguerpissement en août. Ce projet d'assainissement touchera les bassins versants de Sainte-Marie Awondo de la Batavea et de Sainte Anne Arambo et la zone industrielle d'Oloumi.

ASSAINIR la ville de Libreville est devenu un projet primordial pour les autorités gabonaises. Hier, à la faveur d'une réunion qui s'est tenue à la mairie de la capitale, le gouvernement, représenté par les ministres Idriss Ngari (Travaux publics) et Alexandre Barro Chambrier (délégué aux Finances), a réitéré sa ferme détermination à faire aboutir ce projet.

Lequel bénéficie d'un financement de 19 milliards de francs, obtenu auprès de l'Agence française de développement (AFD), par le biais d'une convention passée le 27 novembre 2002. L'objectif de cette opération, qui commencera au début du mois de juillet prochain, vise à donner à Libreville, un autre type d'urbanisation qui mettra fin aux constructions anarchiques.

Car l'un des problèmes de la capitale, est l'abondance des quartiers sous-intégrés. Sur 98 quartiers répertories à Libreville, 85 seraient de cette catégorie.

Le projet est donc d'une importance capitale, dans la mesure où, l'on n'a de cesse de se plaindre de l'insalubrité due justement au manque d'assainissement. Ce qui est, malheureusement, la cause principale des calamités constatées, notamment les inondations et l'émergence des maladies comme le paludisme et le Chikungunya.

Le chronogramme des travaux, arrêté par le gouvernement et présenté par le ministre d'Etat aux Travaux publics, prévoit la période d'indemnisation des déguerpis pour début juillet, celle de la signature du marché relatif aux travaux et à la notification à l'entreprise adjudicataire pour la mi-juillet.

Le démarrage du déguerpissement est, quant à lui, programmé au début du mois d'août, tandis que le début de l'opération de démolition et de l'installation de l'entreprise est prévu pour la mi-août. Pour l'ensemble du projet, 709 maisons sont touchées par cette opération de déguerpissement.

Ce qu'il faut redouter, c'est le refus de certains propriétaires des maisons répertoriées de déguerpir lorsqu ils auront déjà perçu, leurs frais d'indemnisation. A notre connaissance, aucune mesure dissuasive voire de sanctions n'a été prise à l'encontre de ceux qui ont par le passé, refusé d'obtempérer aux injonctions de l'administration. C'est aussi la crainte des responsables de la mairie de Libreville.

INQUIETUDE• Le deuxième adjoint au maire de Libreville, Medhi Teale, n'a pas eu tort d'exprimer son inquiétude à ce sujet, dans la mesure où cela s'était déjà produit au quartier Plaine-Oréty où des déguerpis ont été indemnisés à trois reprises sans jamais quitter les lieux.

Pour éviter cela, le gouvernement et le Conseil municipal doivent non seulement élaborer un programme de sensibilisation des populations concernées mais aussi, l'accompagner des mesures de sanction. Ces dernières devraient, pour leur part, comprendre la nécessité d'assainir Libreville, la capitale du pays où vit plus de la moitié de la population nationale.

Les débats ont permis aux différentes administrations impliquées dans ce projet, de faire un certain nombre propositions visant justement a mieux faire comprendre aux compatriotes l'importance du projet. Il est prévu d'organiser des réunions dans les arrondissements concernés, entre les élus et leurs administrés.

D'aucuns pourraient accuser l'Etat d'avoir laissé des gens occuper illégalement "ses" terres. Mais l'on devrait aussi comprendre qu'il n'est plus opportun de s'éterniser sur les raisons qui ont favorisé cette situation.

Libreville a besoin d'un autre visage. Il faut donc un petit sacrifice, si on peut le qualifier ainsi, au profit de l'intérêt général. Il faut saluer le fait que l'Etat a pris sur lui l'engagement de dégager une importante somme d'argent pour indemniser tous ceux qui sont touchés par cette décision salutaire pour tous.

C'est dire que les pouvoirs publics vont "acheter les noix de leurs propres palmiers", en acceptant de dépenser un montant de 3.234 821790 francs pour indemniser les déguerpis, et un autre de 3,42 milliards de francs pour la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) des travaux.

L'Etat va certes indemniser mais ne relogera pas les déguerpis. Lesquels vont bénéficier un supplément financier pour se trouver un lopin de terre. L'argent leur sera payé au Trésor public comme cela avait été fait pour les déguerpis de la Vallée Sainte-Marie.

Rappelons que le projet d'assainissement de la ville de Libreville consiste, pour le bassin versant de Sainte-MarieAwondo, en l'aménagement des berges (curage et réhabilitation de drains naturels), construction des canaux neufs en béton armé (1432 ml), réalisation de piste latéritée (2 639 ml) et le déguerpissement de 146 maisons.

Pour le bassin versant de la Batavéa, il s'agit des opérations de réhabilitation des canaux existants (3 547 ml), de construction des canaux neufs en béton armé (4 035 ml), de réalisation de piste latéritée (7 225 ml) et du déguerpissement 452 maisons.

S'agissent du bassin versant de Sainte-Anne-Arambo, il est question de curer et réhabiliter les drains naturels (1725 ml), de construire des canaux neufs en béton armé (1766ml), de réaliser des pistes latéritées (3 488 ml) et de déguerpir 95 maisons.

Dans la zone industrielle d'Oloumi, il s'agira d'aménager aussi des berges (2 600 ml), de réhabiliter les chaussées bitumées, pavées ou des variantes chaussées en béton (4 325 ml), de déguerpir 16 habitations, de curer et réhabiliter les canaux existants (3 900 ml), d'en construire d'autres et de drains secondaires.

Pour ce qui est, enfin, des points noirs, l'entreprise s'attellera à aménager deux, au niveau de l'échangeur de la cité de la Démocratie et de celui du quartier Akébé-Poteau.

Source : Journal L'Union Plus du 14/06/2007

 



   

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