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Le quotidien l'Union du 09 et 10Juin 2007

 

3E ANNIVERSAIRE DU CRASH DE L'AVION DE GABON EXPRESS

Douloureux souvenir

Parents, amis et connaissances des 19 victimes de cet accident se sont rendus hier, sur le lieu du drame à la Sablière, pour un moment de recueillement et de prière.

PARENTS, amis et connaissances des dix-neuf victimes du crash de l'avion de Gabon Express, le 8 juin 2004 au large de Libreville, ont commémoré, hier, le troisième anniversaire de cette tragédie. A cette occasion, la plage de la Sablière, théâtre du drame, a abrité une cérémonie de recueillement et de prière très émouvante. Les proches des disparus, morts coincés dans la carlingue de l'avion, avaient le coeur en berne et le moral au dessous de zéro.

Et le fait que la justice tétine dans cette affairé n'a fait qu attiser leur rancoeur. Ils ont, à l'unisson, fustigé ce qu'ils considèrent désormais comme un procès politique à l'issue incertaine. Devant ce qu~ils ont présenté comme l'incurie et le cynisme des autorités compétentes, les proches des disparus ont prié le Dieu Tout-Puissant pour qu'il garde bien dans son royaume toutes ces victimes de l'inconscience humaine. L'aumônier a d'ailleurs imploré le Seigneur pour qu'il touche les coeurs de ceux qui rendent la justice dans notre pays afin que le procès connaisse l'issue souhaitée.

Trois ans après le drame, les tribunaux gabonais n'ont toujours pas examiné au fond le dossier de l'accident. Ce qui vaut aux magistrats chargés de1'affaire les imprécations et la colère des parents des victimes. En réalité, l'on assiste au même scénario à chaque audience consacrée à cette affaire. Dès l'ouverture des débats, le président du tribunal est souvent assailli par une flopée de requêtes dénonçant l'illégalité de la citation d'un prévenu ou réclamant la levée du contrôle judiciaire d'un autre. Ce qui l'amène souvent à renvoyer le dossier pour une autre séance.

Pourtant, soutiennent les parents des victimes, l'enquête judiciaire, ouverte dès l'accident a été menée tambour battant. En effet, le mois ayant suivi le crash a vu l'arrestation du pilote français de l'avion Patrick Mbia, le directeur français de la compagnie, Robert Sobeck, lé secrétaire général de l'aviation civile Jean-Pierre Obiang Zué et le responsable ré tonal du bureau Veritas, Bernard abezies, de nationalité française. Inculpés d'homicide involontaire ou de complicité, les intéressés avaient été écroués.

Mieux, des experts gabonais et britanniques ont rendu contre les quatre hommes des conclusions accablantes, lesquelles avaient été reprises par le juge pour les renvoyer devant les tribunaux. L'ordonnance mettait en exergue la vétusté de l'avion de Gabon Express, le manque d'entretien de l'appareil et l'absence de certaines pièces vitales. En fait, le magistrat accuse Gabon Express, tout comme son pilote, de savoir que son avion n'était as apte à voler.

De même, reproche à Veritas de n'avoir pas "correctement assumé ses obligations" de contrôle de l'avion, non sans condamner l'Aviation civile qui, selon lui, savait que Gabon Express ne s'était jamais conformée à la législation en vigueur.

PARODIE DE JUSTICE • Malgré sa grande documentation, ce scénario est largement rejeté par les mis en cause qui, faute de pouvoir s'en expliquer à la barre, se rejettent la responsabilité par avocats interposés. "Le pilote ne savait pas que l'avion avait des problèmes, sinon il n'aurait pas décollé Véritas n'était responsable que du contrôle documentaire de l'avion, pas de son contrôle physique", a toujours répliqué la partie défenderesse, selon des propos rapportés par l'Agence France-Presse.

Malgré leurs divergences, les avocats dénoncent l'iniquité de l'enquête qui, selon eux, aurait épargné I'Etat. A leur avis, celui-ci a été défaillant dans le contrôle de l'avion et dans l'organisation des secours.

S'agissant de cet aspect du problème, nombreux étaient d'ailleurs ceux qui avaient fustigé le comportement des autorités compétentes, lesquelles avaient manqué de diligence, de dextérité et de cohérence ans l'organisation des secours. Car, la plupart des victimes étaient mortes par asphyxie. "Si les secours avaient été organisés à temps, on aurait pu sauver de nombreuses vies humaines"; relève un parent de victime. Avant d'ajouter: "On a assisté impuissants à la mort des compatriotes. Les secours étaient arrivés en retard. C'était une honte pour notre pays. On n'avait pas pu sauver des personnes qui n'étaient pourtant pas loin du rivage".

Trois ans après le drame, les proches des victimes du crash de avion de Gabon Express ruminent encore leur colère et leur désappointement. Devant ce qu'ils considèrent comme une parodie de justice, nombreux sont d'ailleurs ceux qui préfèrent s'en remettre à Dieu.

Hier, certains n'ont pu vaincre leur stress pour aller recueillir sur le lieu du drame. Ceux-ci qui s'y sont rendus ont eu du mal à retenir leurs larmes. Pour tout dire, de douloureux souvenirs défilent encore dans leurs têtes. La seule chose qui puisse les consoler reste évidemment l'emprisonnement de tous les acteurs impliqués dans ce drame de l'inconscience.

Source : Journal L'Union Plus du 09 et 10/06/2007

 



   

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