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Le quotidien l'Union du 09 et 10Juin 2007

 

LEGISLATIVES PARTIELLES

L'incertitude plane sur les 20 sièges à pourvoir

Si pour les candidats en lice ce dimanche 10 juin 2007, se faire élire est le principal enjeu, l'issue de vote n'aura pas la même incidence pour chacune des formations politiques.

LES élections législatives partielles ont lieu demain dimanche 10 juin 2007 dans vingt (20) circonscriptions de sept provinces du pays où s'affrontent 94 candidats qui briguent les sièges vacants jusque-là à l'Assemblée nationale, après l'invalidation des résultats sur dix-neuf sièges et l'annulation du vote au siège de Lastourville (Mulundu) en décembre dernier.

Si dans la plupart de ces circonscriptions des duels au couteau sont attendus entre les candidats s'étant déjà affrontés, il y a six mois aujourd'hui, le fait que ceux préalablement désignes vainqueurs du premier round de décembre dernier, partent pour la plupart avec les faveurs des pronostics, n'occulte pas l'incertitude qui plane sur de nombreux sièges.

Effectivement, même si la campagne a été globalement terne, sans véritable débat, en dépit de la vive tension qui a régné pendant quelques jours dans certaines circonscriptions tel le Woleu-Ntem, où le président de la Commission départementale du Ntem, jean-juste Lemboumba, a trouvé la mort dans des conditions encore non élucidées, ou la Ngounié et la Nyanga, la bataille s'annonce rude.

C'est le cas, notamment au 1er siège du 1er arrondissement de Libreville que tient à conserver le sortant Christian Oddou Mba, du Rassemblement pour le Gabon, après l'invalidation des premiers résultats, lequel a pour principal challenger, Sène Inguèza, du Congrès pour la démocratie et la justice, qui n'en démord pas et n'est pas disposé à laisser passer l'occasion de faire son entrée dans les travées de l'hémicycle du palais Léon Mba. Au cinquième arrondissement, (1er siège), où l'annulation des résultats du bureau n?7 a remis en jeu le siège, il est question de savoir qui du candidat de l'Union du peuple gabonais (UPG) Claudio Ndembi Nzinga ou du Parti démocratique gabonais, Louis Daniel Akerey, siégera définitivement à la représentation nationale. Dans tous les cas, l'UPG qui fait une percée dans le coin est en pole position pour confirmer le vote de décembre dernier.

Après un round qui aura laissé des souvenirs douloureux aux protagonistes, l'affrontement dans la DouyaOnoye (Mouila-Ngounié) entre Charlotte Nkero Mougnoko et l'indépendant Michel Ndjondo arrivé en seconde position, risque une fois encore, d'être serré. Sur le terrain, la candidate pédégiste qui a drainé de nombreux soutiens locaux, est en passe de conserver ce siège, mais non sans grincements de dents, 'autant plus que nombreux sont ceux des fils de la contrée qui sont résolus à lui faire mordre la poussière.

ATTRACTION. C'est de la Ngounié, au 1er siège de la Boumi-Louétsi que nous vient l'attraction. Mbigou est, en effet, le théâtre du combat entre Landry Bongo Ondimba du Parti démocratique gabonais, député sortant battu en décembre par Daniel Kombé Lékambo, un nouveau venu qui s'est présenté sous la bannière de l'Union gabonaise pour la démocratie et le développement (UGDD), le parti de Zacharie Myboto, dont on annonce la présence ce week-end dans la localité en soutien à son candidat résolu à en découdre avec son adversaire qui a battu le rappel des pédégistes locaux.

Si à Mbigou, il est hasardeux, pour l'heure, de prédire la victoire de l'un ou de l'autre protagoniste de cet affrontement qui divise sérieusement la contrée, l'incertitude est grande également dans la Louetsi-Wano (Lébamba), épicentre d'une triangulaire électorale entre Hilaire Machima (PDG), Vincent Moulengui (Indépendant) et Benjamin Ngoubou ( PGCI), ayant respectivement recueilli avant l'invalidation du vote, 39,46%, 21,86% et 19,23%. Les chances des uns et des autres étant intactes même si des alliances peuvent intervenir au dernier moment. La situation est tout aussi indécise dans la Doutsila où s'affrontent Richard Moulomba (UPG) et Jonas Mabicka Ibitsi, du Rassemblement pour le Gabon (RNB), et à Mougoutsi, où Beni Ngoua Mbina du RPG et Constantin Mbadinga du PDG sont face à face. On peut affirmer, sans risque de se tromper que la même indécision règne dans le département de la Zadié, ( 2e siège), s'agissant du combat entre le candidat du Centre des libéraux réformateurs (CLR), Zéphirin Ndekabognedjé qui avait battu d'une courte tête le pédégiste Maxime Ngozo Issondou 30,16% contre 25,50%), avant que la Cour ne décide, à la suite de recours introduits, de les renvoyer devant les électeurs.

Il faut reconnaître qu'en dépit du soutien important que les hiérarques du parti au pouvoir ont apporté aux candidats du PDG, Faustin Likombaguiya (Lastoursville) et Laurent Boukomey (LoloBouenguidi -Koula-Moutou) qui affrontent respectivement, Laurent Pedro Bouény-Lam-bako de l'Adere (2e siège) et le jeune Gaston Midoungani du CLR (2e siège également), rien n'est encore joué. Même si le président du syndicat des petits métiers, qui avait arraché aux pédégistes le siège est plus que jamais au centre d'une cabale orchestrée sur sa personne dans la contrée, sous Ie mot d'ordre "tout sauf Mindoungani", il garde , malgré tout, beaucoup de chances de remporter la victoire.

Le 3e siège de la commune de Port-Gentil naguère occupé par le Parti gabonais du pro; grès. Est fortement convoite par l'Union du peuple gabonais qui a présenté Ruffin Mbongo Rafémo, avec l'ambition d'étendre son emprise sur la capitale pétrolière, où l'UPG compte déjà deux députés (2e et 4e). Mais cette circonscription peut revenir à l'indépendant, Jean-Gabriel Tchango qui, aux dernières nouvelles, aurait reçu le soutien des progressistes, après celui du PDG.

TENSION. A la différence des autres localités, la tension qui a singulièrement régné durant ces quinze jours de campagne dans les sièges à conquérir dans la province septentrionale du pays, a révélé l'animosité que se vouent les différentes parties en compétitions. Notamment, les pédégistes, principalement ceux qui soutiennent des candidats indépendants au mépris des dispositions statutaires et du mot d'ordre de la hiérarchie, contre leurs "camarades", tout comme les rpégistes et les ugédédistes s'exècrent mutuellement sur certains sièges. Une ambiance qui présage une rude confrontation pouvant être vécue jusqu'à la fermeture des bureaux de vote à 18 heures. Dans tous les cas, les chances des vainqueurs de ce que l'on peut qualifier de premier tour du scrutin des 17 et 25 décembre, si elles semblent intactes pour certains, ne sauraient être identiques sur l'ensemble des sièges.

Au-delà de cette configuration et de la déclinaison des chances des uns et des autres, l'issue du scrutin n'aura pas la même incidence pour la vingtaine de formations politiques. Pour le Parti démocratique gabonais, qui comte un peu plus de soixante dix députés, il s'agit de renforcer son potentiel parlementaire au sein de cette Chambre, en atteignant ou en dépassant la barre de quatre vingt élus, nécessaire pour obtenir une "majorité qualifiée". Pour le RPG qui, jusque-là occupait la deuxième position à égalité avec l'Union du peuple gabonais, (UPG) avec 8 élus, l'objectif est de confirmer le résultat acquis en décembre dernier, sinon, acquérir un siège supplémentaire, voire plus. Pour l'UGDD qui comptait quatre élus, avant l'invalidation du siège de Mbigou, l'enjeu du scrutin n'est guère différent. Par contre, Jour le Centre des libéraux réformateurs de Jean Boniface Asselé, ces partielles sont déterminantes pour son avenir. Les deux sièges acquis étant à pourvoir, c'est bien sa survie parlementaire qui est en jeu. La défaite des deux céléristes sonnera le glas de ce parti à l'Assemblée nationale où il campe depuis 1990.

Au niveau de l'organisation, le scrutin de dimanche devrait être un autre test pour la Cénap qui avait essuyé de vives critiques, en raison de manquements enregistrés dans l'organisation des opérations de votation qui s'étaient déroulées, dans l'ensemble, assez bien. Pour ce faire, René Aboghé Ella a pris des dispositions pour acheminer et convoyage du matériel électoral dans les 300 bureaux de vote ouverts dans les 20 circonscriptions électorales. Il ne devrait pas se poser de problèmes majeurs, Ies derniers réglages étant jusqu'à hier encore en train de se faire. La question préoccupante soulevée par les responsables de formations poli tiques et même les présidents des commissions locales liste tait, entre autres, sur la liste électorale. Tant de nombreux candidats et autres personnes avaient tenté, une fois encore, d'introduire de nouvelles inscriptions, au point que le ministre d'Etat André Mba Obame, a été obligé d'assurer, dernièrement, Ies leaders de l'opposition, de sa détermination et d'indiquer que toutes les dispositions ont été prises par l'Administration pour éviter de nouveaux cas de fraude et des manipulations du fichier électoral. Affirmant par ailleurs que le vote se déroulera avec les mêmes listes qu'en décembre dernier.

Source : Journal L'Union Plus du 09 et 10/06/2007

 



   

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